Friedensreich Hundertwasser

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La Waldspirale, Darmstadt, Allemagne

On reparlait du Magicien des Couleurs hier, voici encore une belle histoire de magie réelle et colorée.

La Waldspirale… Le toit est constitué d’un jardin de tilleuls et d’érables. Une aire de jeux et un fleuve artificiel font partie du jardin à l´intérieur de la forêt en spirale… Il faut dire que Friedensreich Hundertwasser est un des tous premiers écologistes.

180px-Hundertwasser_nz_1998_hg.jpgFriedrich Stowasser (1928-2000), mieux connu sous le nom de Friedensreich Hundertwasser, était un peintre et un architecte autrichien ou plutôt comme il l’a annoncé dans son manifeste qu’il a prononcé le 24 janvier 1990, un « médecin de l’architecture ».

Un drôle de nom ? Ah ? Vous trouvez ? En fait, il invente son nom d’artiste à partir de Frieden qui signifie « paix » et Reich « le royaume » ou bien reich « riche », Friedensreich se traduisant donc par le « Royaume de la paix » ou « riche en paix ». Sto étant le mot tchèque pour « cent » (hundert en allemand) et wasser se traduisant par « eau », Hundertwasser veut donc dire « cent eaux ». Dans le premier cas, la mise bout-à-bout des deux termes donne : « Le royaume de la paix (aux) cent eaux ». Hundertwasser aimait souvent à citer la traduction japonaise de son nom (hyaku-sui). (Source Wikipédia).

Ses réalisations architecturales à la fois organiques et fantaisistes ont pu être rapprochées de l’œuvre d’Antoni Gaudí. Et pourtant bien qu’ils avaient tous les deux une passion pour la nature et ses formes, Hundertwasser était beaucoup plus extrême dans ses conceptions de la vie et du bonheur en osmose avec la nature. Son message, il l’a surtout fait passer par des discours ou interventions naturistes. Ses manifestes portent des titres comme Ton droit à la fenêtre, Pour une société sans déchet, la folie du nettoyage, Le toilette-humus…

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La KunstHaus Wien

La KunstHaus Wien est une touche de couleur contrastant avec l’aspect stérile, terne et monotone de l’arrondissement. Les deux étages inférieurs abritent la collection permanente des tableaux de Hundertwasser.

A l’occasion de son inauguration, Hundertwasser écrivit :

« La KunstHaus Wien est un lieu où la beauté fait obstacle, la beauté dans sa fonction suprême, un lieu des irrégularités non maîtrisées, des sols ondulés, des arbres-locataires et des fenêtres dansantes.

C’est une maison dans laquelle on a bonne conscience vis-à-vis de la nature.

C’est une maison qui ne répond pas aux normes habituelles, une aventure des temps modernes, un voyage à travers l’architecture créative, une mélodie pour les yeux et les pieds. L’art doit retrouver un sens. Il doit créer des valeurs durables et encourager la beauté en harmonie avec la nature. L’art doit de nouveau impliquer la nature et ses lois, l’être humain et ses aspirations aux valeurs vraies et impérissables. Il doit de nouveau établir un lien entre la création de la nature et la créativité de l’homme. L’art doit s’adresser à tous et non pas être conçu seulement pour un petit cercle d’initiés. Avec la KunstHausWien, nous aspirons à remplir cette noble mission. » Hundertwasser, Avril 1991

La façade de la KunstHausWien : Le noir et blanc, échiquier irrégulier, signale la dissolution du système de quadrillage qui s’amorce.

Le sol ondulé : Le sol plan est une invention des architectes. Il convient aux machines, pas à l’homme.
Les hommes n’ont pas seulement des yeux pour voir ce qui est beau, des oreilles pour entendre ce qui est beau, un nez pour sentir ce qui est beau. L’homme a aussi une sensibilité tactile. Lorsque l’homme moderne est contraint de marcher sur des surfaces toutes droites, bétonnées, planes, conçues sans réflexion, tracées à la règle dans les bureaux des architectes, lorsqu’il est aliéné de son contact naturel et immémorial avec la terre, une part cruciale de son être s’atrophie et les conséquences sont catastrophiques pour son psychisme, son équilibre psychologique, son bien-être et sa santé. L’homme perd l’habitude de sentir, de ressentir son environnement et tombe psychiquement malade. Un sol vivant, irrégulier, signifie que l’homme a retrouvé la dignité que l’urbanisme niveleur lui avait retirée. Le sol inégal devient une symphonie, une mélodie pour les pieds. L’homme tout entier est dynamisé.
L’architecture doit élever l’homme et non pas l’abaisser. (Hundertwasser, Avril 1991)

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« Les uns prétendent que les maisons se composent de murs. Moi, je dis que les maisons se composent de fenêtres. »
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« Il faut rendre à la nature les territoires que l’homme a occupés illégalement. »
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Maquette où les toits des maisons sont recouverts de végétation.

Tout ce qui est à l’horizontal sous le ciel appartient à la nature.

Il est dit dans la Bible : « Remplissez la terre et dominez-la. » L’homme moderne a détourné cette pensée et assassiné la terre.

C’est à nous maintenant de nous soumettre à la nature, ce qui doit être compris à la fois de façon symbolique et pratique.

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Vienne, novembre 2009

Nous devons à nouveau construire des maisons où la nature est au-dessus de nous. C’est notre devoir de ramener sur notre toit la nature que nous détruisons en bâtissant des maisons. Il faut redonner à la nature les territoires que nous lui avons usurpés. La nature que nous mettons sur le toit est le morceau de terre que nous avons tué en y plaçant une maison. (Hundertwasser, Avril 1991).

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Ville de Bärnbach

« Les arts devraient être positifs, libres, romantiques, beaux, comme un joyau, quelque chose dont on ne peut se passer. »

PB020007 (2).JPGPB020010.JPGPhotos Vienne novembre 2009

La HundertwasserHaus

A la demande de la municipalité, Hundertwasser créa en 1985 cet HLM où balcons plantés d’arbres, décor multicolore et sols et plafonds en décalage visent à permettre à la créativité de chaque individu de s’épanouir dans le respect de son environnement.

Les arbres-locataires sont les ambassadeurs des forêts libres dans la ville

« L’arbre locataire symbolise un tournant qui accorde de nouveau une place importante à l’arbre comme partenaire de l’homme. La relation entre l’homme et la végétation doit prendre des dimensions religieuses. C’est seulement en aimant l’arbre autant que toi-même que tu pourras survivre.

Dans nos villes, la pollution de l’air et le manque d’oxygène nous asphyxient ; la végétation qui nous fait vivre et respirer est systématiquement détruite. Nous marchons le long de façades grises et stériles. C’est ton devoir d’aider par tous les moyens la végétation à retrouver ses droits. »(Hundertwasser, Avril 1991).

PB020014.JPGHundertwasserHaus, détail, Vienne novembre 2009

La troisième peau

L’homme est enveloppé de trois couches : sa peau, puis ses vêtements et enfin les murs de sa maison. Ces derniers temps, les murs se sont développés d’une façon qui ne correspond plus aux besoins naturels de l’individu. Les fenêtres constituent le pont entre l’intérieur et l’extérieur. La troisième peau est trouée de fenêtres comme la première peau est trouée de pores. La fenêtre est l’équivalent de l’œil. (Hundertwasser, Avril 1991).

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« Notre vrai analphabétisme est notre incapacité à créer. »

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Usine d’incinération Vienne (plus de photos géniales ici)
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Fontaine HundertwasserHaus, Vienne, novembre 2009
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Les toilettes, Vienne, novembre 2009
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Les toilettes, Vienne, novembre 2009
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Photo

« La colonne est un élément essentiel de l’architecture occidentale. Auprès d’une colonne on se sent aussi bien qu’auprès d’un arbre. Une colonne doit être belle et briller d’elle-même sous la pluie et au clair de lune. »

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Spécial Béatrice : Hundertwasser à Plochingen
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Entrée du Village Hundertwasser, Vienne novembre 2009
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Affiche à l’entrée du Village Hundertwasser, Vienne novembre 2009

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« Le monde est ainsi fait : celui qui se met une couronne sur la tête devient roi.

Pourquoi les gens ne se posent-ils pas une couronne sur la tête ?

Parce qu’ils sont trop peureux pour être rois. »

Source texte et une partie des photos : Sevfred.

Les autres photos, sauf mentions contraires, proviennent de Wikipédia et Sviesta Ciba. Les deux dernières ont été prises hier à l’intérieur du village (novembre 2009).

anti

4 Replies to “Friedensreich Hundertwasser”

  1. valentine

    Mucha, Hundertwasser, je suis très fan et je me régale. Merci Anti…J’adorerais vivre dans l’univers architecturale de ce magnifique artiste qu’est Hundertwasser. Je connaissais ses peintures très colorées qui plaisent tant à ceux qui ont gardé une âme d’enfant…

  2. anti

    Je suis très étonnée à chaque fois ce que ces personnes sont avant gardistes pour leur époque. Mucha, comme Hundertwasser s’inspirent du symbolisme et de la réalité de la nature elle-même. Ils sont aussi impressionnants de diversité et dans leurs créations et dans les cordes qu’ils ont à leur arc !

    Contente si tu te régales à lire ces notes autant que moi à les préparer Valentine 😉

    anti

  3. ramses

    Beaucoup de plaisir aussi à lire cette note et admirer les nombreuses photos !

    Il est sûrement plus agréable de vivre dans la HundertwasserHaus que dans les barres du 93 ! Une réserve cependant sur la « Maquette où les toits des maisons sont recouverts de végétation ». A moins de réaliser un drainage coûteux et aléatoire des eaux pluviales, les infiltrations me semblent inévitables… Sans parler du poids, qui nécessiterait des fondations sur-dimentionnées.

  4. anti

    Les maisons organiques sont pourtant vieilles comme mes robes (sic) Ramses. Je l’ai vu très souvent en Scandinavie comme excellent moyen d’isoler une maison du froid :

    http://image-photos.linternaute.com/image_photo/550/toitures-autres-habitats-autres-maisons-gudvangen-norvege-9351617694-929036.jpg

    plus d’exemples de constructions ici : http://www.6climats6habitats.com/suede.htm

    Et plus moderne ici :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Earth_house.jpg

    Contrairement aux maisons d’habitation traditionnelles, qui sont situées sur la terre, le concept des maisons organiques poursuit un autre objectif : non pas une vie sous ou dans la terre, mais avec la terre.

    anti

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