Roger et moi

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Eh non ! Perdu ! Je ne vais pas vous parler du documentaire de Michael Moore.

Pour fêter la nouvelle production de l’Opéra Bastille « Le Roi Roger » de Szymanowski, j’ai envie de vous parler de Roger. Et ouais !

Roger Késako ?

Voyez-vous, c’est curieux tout de même, j’ai vécu une grande partie de ma vie sans en connaître, comme on dit vulgairement, la queue d’un et v’là t’y pas qu’en quelques années ils sont arrivés à 4 dans ma vie ! Rien que ça !

D’abord, Roger s’est occupé de moi au niveau physique :

En effet, il y a quelques années de cela, j’ai rencontré un homme. Un homme qui m’a accueillie le sourire flottant sur ses lèvres, sourire qui se reflètait dans son regard, regard qui affichait une sérénité certaine, sérénité qui s’entendait dans sa voix douce et chaleureuse.

Cet homme est un homme à femmes sans aucun doute. On sent qu’il les aime, les connait, les comprend. Sa seule présence est rassurante. Je ressentais auprès de lui cette sensation de confiance que je ne connais qu’avec deux autres personnes : le père Jean, un vieux moine qui repose en paix aujourd’hui et la Anna, la seule et unique.

J’étais dans le cabinet du Dr Eisenberg. Roger Eisenberg. endocrinologue que vous avez peut être déjà vu dans une ou deux émissions de Jean-Luc Delarue sur les hormones ou ailleurs car il est très médiatique le bougre ! D’ailleurs, c’est comme ça que je l’ai rencontré. Quand je l’ai vu à cette émission, je me suis dit « si un jour j’ai besoin d’un endocrino, c’est lui que je veux ». Et ce fut chose faite. Ca l’a fait beaucoup rire quand il m’a demandé « pourquoi moi ? »

Son dernier livre Les jules et les julies raconte une histoire; une histoire de riens qui font toute la différence, une histoire à plusieurs personnages, une histoire de femmes, et d’hommes aussi bien que plus rares, qui souffrent. Dans cette histoire, tout se finit bien car ils rencontrent un médecin qui va les écouter, les rassurer et seulement après, les soigner ou palier à leurs déficiences.

Il est passionnant quand il se met à raconter les incidences des dysfonctionnements hormonaux sur les troubles de l’humeur et du comportement. Faut dire que Roger, il cause beaucoup ! Il m’éclate ! Et il ne fait pas que causer, il écrit aussi. Il est l’auteur de : Le sexe faible et le sexe fragile, Les Jules et les Julie, Poisson gourmand, poisson minceur: La pêche et la ligne et Maigrissons ensemble.

Ensuite, Roger s’est occupé du plan émotionnel. Ca a été fulgurant. En un instant, tout a été transfiguré. Tout. Puis, j’ai bu les eaux du Léthé afin de pouvoir revenir à la vie. J’ai oublié, rangé dans un coin de ma mémoire, englouti plutôt, l’aperçu de l’Amour, du seul et unique, véritable Amour. Il faut bien continuer. Mais l’Entrelacs était là. Lien entre tous les liens, carrefour de nos destins, point ultime.

Nous avions retrouvé l’Unité perdue.

L’Amour, beau et fragile se dévoile. Il a refait surface sous les traits d’une amitié profonde et légère à la fois, tissée de magnificiente Lumière avant d’exploser littéralement en mille et un rayons. Plus de limite. Joie suprême, point d’ancrage solide et inébranlable dans l’espace infini de la vie. Je suis depuis toujours son Anima rivée, fidèle entre les fidèles, de toute éthernité. Essence si Elle, Tellement, tant. Nous baignions alors dans le murmure de l’Amour au travers des lignes de Hildegarde de Bingen :

La Mort n’a pas de prise sur moi, mais je lui fais sa part,
et c’est pourquoi la Sagesse m’enveloppe de ses ailes.
Je suis l’Essence vivante et ardente de la Substance Divine
qui se déploie dans la splendeur des champs.
Je brille sur les Eaux, je resplendis dans le Soleil, la Lune et les Etoiles.
À moi la Force mystérieuse du Vent invisible.
Je nourris le Souffle des vivants.
Je respire dans la verdure et dans les fleurs,
et quand les Eaux coulent comme des êtres vivants, je suis là.
J’ai fondé les colonnes qui soutiennent toute la Terre.
Je suis la Force cachée dans les Vents,
c’est en moi qu’ils prennent leur Source
et comme un homme se meut tant qu’il respire,
de même le Feu ne s’alimente que de mon Souffle.
Ils n’existent tous que par ma Présence qui leur donne Vie.
Je suis la Sagesse.
C’est de moi qu’est venue, dans l’Ouragan,
la Parole de Tonnerre qui a créé tous les êtres.
J’imprègne tous les êtres pour les préserver de la Mort.
Je suis la Vie. »

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La Vie. Je venais de la voir, non, mieux, je venais de l’Être. Vivante. Lumineuse. Belle et arrogante. Son rayon infini venait de me traverser. Venant de nulle part, allant vers nulle part, lien de lumière intense renversant tout sur son passage, tsunâmie sans âge, coeurs enflammés et corps cambrés par la puissance de le fleur en pleine éclosion.

Instant de grâce. Larmes d’une émotion sans nom.

Nous venions de naître, à la fois parents et descendance. C’était rien. C’était tout. Un point. Juste un point de passage, checkpoint Charlie, vers un autre monde, un meilleur à-venir.

Après ça, il fallait que Roger canalise le niveau mental.

Tunisien, la cinquantaine, des yeux… Un coup de foudre sur la même Nature, celle-là même qui l’avait sauvé du pire racontait-il quand il parlait. J’en état là aussi. Il ne fallit pas oublier. Il parle peu le Roger Beudet, « fermier » des serpents et grenouilles.

Un article de Pascal SIMON datant de 2004 le décrit bien :

Depuis cinq ans, il s’occupe de la Maison du naturaliste, à Langon. Installé en bord de Vilaine, Roger Beudet entretient un vivarium et une collection de serpents, grenouilles ou bien encore de tritons. Pas d’exotisme, ni de spectaculaire : il ne s’intéresse qu’à la faune locale et du grand ouest en général. Une démarche pédagogique pour mieux connaître une faune ignorée.

Comme le garde-barrière devant sa voie de chemin de fer, Roger Beudet veille sur la Vilaine qui coule aux pieds de Langon. Sa maison, juste à l’entrée du pont de Beslé, est à la frontière avec la Loire-Atlantique. Naturaliste, il y a installé depuis cinq ans son vivarium et sa collection de serpents, reptiles et batraciens.

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« Observez la nature sous vos pieds »

« J’étais un enfant curieux de tout, je ramassais tout. Un jour, j’ai vu un serpent. Je l’ai pris, je me suis fait mordre. De retour chez moi, j’ai ouvert un livre et j’ai découvert que c’était une couleuvre », explique tout simplement Roger Beudet. Chez lui, on lui avait appris à ne pas avoir peur sans connaître. Dès cette époque, le virus l’a piqué : il a commencé sa collection d’animaux. « J’ai débuté avec des mouches. Évidemment, on bifurque un jour vers autre chose. »

Cette autre chose, il ne va pas la trouver bien loin. En se promenant dans la campagne, il va s’adonner à la recherche des serpents, grenouilles et autres tritons qui peuplent nos campagnes. « Je ne fais pas dans l’exotisme, ni dans le spectaculaire. Uniquement la faune indigène du grand Ouest. Très souvent, les gens ne connaissent pas les animaux qui vivent près d’eux, constate Roger Beudet. Tout le monde connaît la vipère aspic. Mais la vipère péliade, quant à elle, n’évoque pas grand-chose. Pourtant, c’est typiquement le serpent venimeux du pays de Redon. Mon projet s’inscrit dans une démarche pédagogique. Je vante ce que nous avons sous les pieds ! »

Et ce qui n’était au départ qu’une passion est devenu sa profession. « Même si je n’en vis pas encore. » Pour avoir le droit de disposer d’une telle collection privée, Roger Beudet est titulaire d’un certificat de capacité. « J’ai l’autorisation d’accueillir toutes les espèces de l’Europe occidentale. »

Vulgariser la connaissance.

Avant son installation à Langon, il vivait à Nantes. Son vivarium était ouvert au public. « Je suis autodidacte, je n’ai pas fait d’études. Mais j’ai eu la chance de rencontrer l’universitaire André Lecquet. Ma démarche l’a intéressé. Son appui et celui de Mlle Fadat, inspecteur vétérinaire en Loire-Atlantique, ont été déterminants à l’époque. »

Roger Beudet ne se présente pas comme un spécialiste. Son leitmotiv est celui de l’information et de la vulgarisation. Alors pour apprendre, après avoir soigné tout son petit monde reptilien, il arpente les chemins, observe les mares, cartographie, recense les populations et recherche des larves et des insectes pour ses pensionnaires. « Il faut rester humble. On a beau apprendre la nature, on ne saura jamais tout. Mais on peut naître avec des prédispositions, avoir la fibre pour ça. Je ne suis rien d’autre qu’un fermier de la faune sauvage. »

Je garde des souvenirs merveilleux de balades dans les bois à la tombé de la nuit en quête de crapauds, engoulevents, renards… et de chasse à la sauterelle ÉNORME ! Beurk ! pour nourrir les autres animaux.

Enfin, Roger a atteint le plan spirituel. Dès que j’ai senti le frémissement de sa présence, j’en ai informée Anna. Il fallait voir, sentir, humer les fragrances au cœur de l’être subtil qui venait de se manifester.

On s’est rencontré comme il dit, « d’une impasse à une autre… »

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« Quand on met bout à bout deux impasses dans le sens contraire… une voie surgit… dorée de préférence… Vive l’Amour »

Et que vive l’Amour ! Oh que oui ! Les choses complexes sont bien souvent d’une simplicité déconcertantes. Et inversement 😉

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A découvrir aussi, un autre Roger : Roger Godel, de l’humanisme à l’humain

Pour l’anecdote, je me suis mariée un 30 décembre, jour de la Saint Roger, si c’est pas du lien ça !

anti, rhoooo ! G.

7 Replies to “Roger et moi”

  1. Anna Galore

    Je connaissais les grandes lignes de cette très belle conjonction de Roger (surtout un épisode qui m’est particulièrement proche) mais j’en ai découvert ici bien des détails magnifiques et touchants.

    Comme on dit en aéronautique (normal, je plane): roger !

    La photo du petit Roger est vraiment chou.

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