Le magazine Géo et les Kogis

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Agréable (le mot est faible !) surprise en ouvrant le numéro de mai de Géo : Géo aide les kogis à sauver leur forêt !!!

Engagé depuis sa création pour la protection de l’environnement, le magazine GEO publie les résultats de son Bilan Carbone® et s’investit dans la lutte des Indiens Kogis de Colombie pour récupérer leurs terres et sauver leur forêt.

Le magazine GEO va soutenir l’action des Indiens Kogis. Ce peuple du nord de la Colombie tente aujourd’hui de récupérer ses terres ancestrales et de sauver sa forêt, grâce au soutien de l’ONG Tchendukua-Ici et Ailleurs.

environnement.jpg Qui sont les Kogis ?

Les Kogis sont les descendants des indiens Tayronas, une des plus brillantes civilisations du continent sud-américain. Du temps de leur splendeur, ce peuple du nord de la Colombie comptait près de 500 000 individus.

Mais la conquête espagnole au XVIe siècle a repoussé les Indiens dans la Sierra Nevada de Santa Marta, une montagne qui culmine à 5 775 m et plonge dans la mer des Caraïbes.

Les Kogis voient dans cet espace naturel le « cœur du monde », la Terre-Mère qui façonne leur culture, leurs croyances et leur code moral. C’est sur ces sommets qu’ils sont établis depuis quatre siècles. A l’écart du monde, à plus de 1200 km de Bogota, la capitale colombienne.

Un peuple menacé

Pour les Kogis, qui considèrent la nature comme « un corps vivant », l’écologie est une philosophie ancestrale. Ces indiens ont donc souffert de la destruction progressive de leur habitat depuis une quarantaine d’années.

Dans les années 1970, l’apparition du narcotrafic a entraîné le déboisement des contreforts de la sierra. La forêt a été rasée, laissant place à d’immenses champs de marijuana, puis de coca dans les années 1990. En un peu moins de 40 ans, ce sont plus de 75% des arbres de la région qui ont ainsi été détruits.

L’habitat des indiens Kogis a également été malmené par le développement du tourisme dans la cité de Santa Marta et la culture intensive de la banane puis de l’huile de palme, qui ont contribué à épuiser les sols et les réserves d’eau de la sierra.

2005244443.jpg Un homme au service des Kogis

Jeune coopérant, Eric Julien part en Colombie en 1985 à la demande du gouvernement français. Mais une excursion dans la Sierra Nevada de Santa Marta tourne mal. Victime d’un œdème pulmonaire, il est recueilli et soigné par les Kogis, qui lui sauvent la vie.

Dix ans plus tard, il fonde l’ONG Tchendukua-Ici et Ailleurs pour aider les Kogis à « retrouver les terres de leurs ancêtres ». Grâce au soutien de 5000 donateurs, il rachète 1500 hectares de terre, sur lesquels vivent aujourd’hui 30 familles Kogis.

En 2008, deux nouveaux terrains ont été acquis et offerts aux indiens. Arbres fruitiers tropicaux et palmiers repoussent désormais sur des terres longtemps désertes et qui attirent de nouveau la faune.

L’ONG lutte aujourd’hui pour mener à bien la reforestation de ces terres ancestrales, et les transformer en réserves indiennes au statut inaliénable. Une mission que GEO a choisi de soutenir, en partenariat avec l’association GoodPlanet, présidée par Yann Arthus-Bertrand.

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Eric Julien, 49 ans, fondateur et président de l’association Tchendukua – Ici et ailleurs, raconte son combat pour défendre la communauté des Indiens Kogis en Colombie.

Comment s’est passée votre première rencontre avec les Indiens Kogis ?

C’était il y a 24 ans. J’essayais d’atteindre les sommets enneigés de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie, lorsque j’ai été atteint d’un œdème pulmonaire. Je n’ai dû mon salut qu’à leur présence dans ces montagnes. Leur présence et leurs soins. Ils m’ont recueilli et ils m’ont sauvé la vie.

Les Indiens Kogis m’ont parlé de leurs montagnes, de la guérilla qui pillait leurs réserves alimentaires, des milices paramilitaires et des incursions de l’armée, de la déforestation furieuse, qui a entraîné la destruction de plus de 75 % de la forêt en moins de 40 ans. Ils m’ont raconté les pilleurs de tombes, les narcotrafiquants, les produits défoliants régulièrement dispersés sur leurs terres. Leurs difficultés à vivre sur des espaces de plus en plus réduits, acculés sous les sommets enneigés, là où la survie devient difficile. Je leur ai alors promis de les aider à retrouver leurs terres.

Il me semblait normal, évident même, qu’ils puissent reprendre possession de leur territoire, dont ils avaient été, méthodiquement et sans interruption, dépouillés depuis l’arrivée des conquistadors. J’ai donc fondé, en 1997, l’association Tchendukua – Ici et ailleurs. Avec, comme objectif, de rassembler des fonds pour racheter les terres des Kogis.

Quels ont été les résultats de votre action ?

Dès 1998, nous avons pu racheter une première parcelle de 70 ha. Nous avons alors connu des moments de grâce : Miguel, le chaman, m’a ouvert son territoire. Une petite fille de 8 ans est même repartie dans la vallée, à plusieurs heures de marche, pour me rapporter quelques mangues… simplement parce que je lui avais dit que j’aimais ce fruit !

J’éprouvais une immense joie à chaque fois que je parcourais ces terres arrachées à la furie des hommes : j’y croisais des enfants, des visages connus. Les villages et les maisons prouvaient que l’utopie devenait réalité.

Et puis il y a eu la disparition, la mort. Une famille Kogi qui disparait, puis un voisin, un ami proche que l’on ne voit plus… Et puis Gentil Cruz, compagnon de la première heure, mon « frère », enlevé, assassiné. Plusieurs fois séquestré par la guérilla ou les paramilitaires, il avait toujours réussi à leur échapper. Jusqu’au jour où… En novembre 2004, il est une nouvelle fois enlevé par les milices paramilitaires qui sévissent aujourd’hui encore sur la côte caraïbe. Ce n’est que deux ans plus tard que l’on a appris qu’il avait été torturé et assassiné. Les motifs restent obscurs et son corps n’a jamais été retrouvé.

Quelle est la situation des Kogis aujourd’hui ?

Malgré la conquête espagnole, l’esclavage, la torture, la déforestation, le pillage de leurs tombes, la guérilla et les paramilitaires, les Kogis (estimés à 12 000 personnes) sont toujours là. Près de 1500 ha de terres ont été rachetés et restitués, 50 familles se sont réinstallées, soit près de 300 personnes et des centaines d’hectares de forêt ont pu être préservés ou reconstitués.

Si chaque lecteur, chaque internaute se mobilisait pour acheter un carré vert (environ 600 m2 de terre), nous pourrions récupérer une vallée entière. Au-delà de l’appui apporté à la communauté Kogis, ce serait un formidable message adressé à la Colombie et au monde : ensemble, nous pouvons changer les choses.

Sur le même sujet, à voir aussi sur le blog :

Le Magazine Géo a 30 ans

Tisserand du Soleil

Tchendukua /// Le Peuple Kogis

La montagne ensommeillée, histoire d’une enfance andine, en Colombie, proche des Indiens Kogis.

Voyages d’Ici et d’Ailleurs, sur le blog de Adi qui soutient les indiens Kogis par diverses actions.

Enfin, pour en savoir plus sur les Kogis : Infos Kogis et achetez le dernier numéro de Géo et surtout, participez à l’action d’aide pour les Kogis si vous le souhaitez et le pouvez 😉

anti

19 Replies to “Le magazine Géo et les Kogis”

  1. Anna Galore

    Nous sommes plusieurs ici à être sensibles à la cause des Kogis, dont nous avons découvert le combat au travers de livres et de blogs. L’action d’Eric Julien est admirable. A nous tous de la relayer et d’aider ce peuple spolié de ses terres et de ses droits les plus élémentaires.

  2. ramses

    Très belle action d’Eric Julien, chapeau !

    Je viens de faire un don en ligne, c’est très simple et sécurisé. En plus, c’est déductible des impôts à hauteur de 66% du montant du don, dans la limite de 20% du revenu imposable. Une bonne action qui ne coûte pas cher…

  3. anti

    Génial ! Merci pour eux ramses ! MMMMMMMMMMiou (bruit d’un gros bisou qui pète !).

    anti, contente ! contente ! contente !

  4. ramses

    Anti, merci pour le bisou ! Ca ne m’arrive pas tous les jours !

    Tu sais, je fais régulièrement des dons à diverses Associations, que je pense être dignes de confiance. Malheureusement, il y a eu quelques brebis galeuses (je pense à l’ARC, à laquelle j’ai apporté ma contribution pendant des années) qui ont un peu refroidi les donateurs. Et les temps sont durs pour chacun, mais je pense que c’est justement dans ces périodes que ceux qui le peuvent doivent redoubler de générosité, même pour des montants modestes.

  5. anti

    Idem. L’important est de faire ce qu’on peut comme on peut.

    J’ai entendu une émission très intéressante il y a quelques temps à la radio sur le livre « La générosité des français ».

    Le baromètre annuel sur la générosité des Français [ 25/11/08 – 06H00 – actualisé à 18:58:00 ]

    Si le montant des dons aux associations dépend forcément des revenus, ce ne sont pas les mieux lotis qui sont les plus généreux. Au contraire. Selon les chiffres du 13e baromètre annuel sur la générosité des Français publié par le groupe de travail Recherches & Solidarités (1), la proportion du nombre de foyers déclarant un don augmente, certes, avec les revenus. Mais le don moyen faiblit en proportion du revenu moyen, dès lors que ce dernier augmente.

    A consulter ce pdf très riches d’informations :

    http://www.lesechos.fr/medias/2008/1125//300311592.pdf

    anti

  6. ramses

    Merci, Anti, du lien vers cette étude très intéressante sur les dons aux Associations, que j’ai lue avec grand intérêt et qui m’a éclairé sur les comportements des donateurs (un absent de poids dans la liste finale des Associations : Les Restaus du coeur…)

    J’ai personnellement été très déçu du manque d’informations sur l’utilisation des dons destinés aux victimes du tsunami… Comme le souligne l’étude, la générosité s’est exprimée plus largement que d’habitude, mais on n’a jamais su précisément où était passé l’argent… Des reportages TV ont même démontré que les plus démunis n’ont pas été aidés…

  7. anti

    Oui, j’ignore pourquoi ils n’ont pas participé à cette étude. En revanche, tous leurs chiffres figurent sur leur site : http://www.restosducoeur.org/chiffres.php

    « mais on n’a jamais su précisément où était passé l’argent… Des reportages TV ont même démontré que les plus démunis n’ont pas été aidés… »

    C’est un risque à courir. Heureusement, cela n’empêche pas les personnes de donner. Tant mieux ! Nous sommes tous des êtres merveilleux comme dirait Olivier Goujon 😉

    anti

  8. kathy dauthuille

    Quelle magnifique photo en haut de page ! C’est émouvant.
    C’est très bien que Géo participe aussi à l’achat de terres ; plus on est, mieux c’est ; je vais me procurer le numéro.

  9. anti

    « plus on est, mieux c’est ; je vais me procurer le numéro. »

    C’est clair, plus on est, mieux c’est 😉 Pour le numéro, je pense qu’il est encore facilement trouvable en kiosque. Dans le cas contraire, je te ferai une copie des articles si tu le souhaites.

    anti

  10. Le Roy

    C’est vrai, la photo des Kogis en arc de cercle est d’une grande beauté…pour ne pas dire d’une grande force.Kathy, merci pour ces commentaires sur mon blog et celui d’anti et Anna ; c’est très gentil.
    A bientôt sur ce blog, depuis Elche ou Santa Pola en Espagne.Kenavo !

  11. Le Roy

    Merci, Anti ! Me voilà à Elche où le temps est gris. C’est plutôt rare par ici. Les palmiers, quant à eux, sont au rendez-vous. Avant de partir, j’ai consulté le site de Kathy sur lequel nous pouvons lire un chant initiatique Kogi vraiment magnifique. Bravo et merci, Kathy ! A bientôt sur le blog ! Adi

  12. anti

    Coucou Adi ! En parlant de Kathy, as-tu trouvé son livre ? Si tu ne l’as pas, tu peux le lui commander directement via son mail perso 😉

    A plus tard et bonne vacances (re) !

    anti

  13. Le Roy

    Je chargerai mes bagages retour de ce livre que j’ai hâte de parcourir. J’imagine déjà le voyage dans ces altitudes spirituelles ; un éveil , le front levé au soleil. Les vacances commencent très bien. Merci beaucoup à vous deux. Adi

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