Une seule race, la race humaine

C’est un simple amendement, parmi des tas d’autres, dans le cadre du projet de loi sur l’audiovisuel. Il a été déposé par le député Frédéric Lefebvre, par ailleurs porte-parole de l’UMP.

Le texte intégral peut être lu ici, sur le site de l’Assemblée nationale. En voici un extrait:

«France Télévisions, pour assurer une pleine égalité dans l’accès à ses effectifs des hommes et des femmes subissant des désavantages liés à leur race ou à leur origine ethnique et une plus juste représentation de la diversité des programmes, met en place une action positive.»

Leur race ???

Il y aurait donc plusieurs races d’humains ? Les biologistes, généticiens et anthropologues ont répondu NON très clairement à cette question depuis longtemps.

Répétons donc quelques évidences qui ne le sont pas pour tout le monde.

Il n’y a chez les humains qu’une seule race, la race humaine.

La couleur de la peau ne définit pas plus une race que la religion, les opinions politiques ou le pays d’origine.

« Au début des recherches en génétique, les scientifiques, qui avaient en tête des classifications raciales héritées du siècle dernier, pensaient qu’ils allaient retrouver des gènes des Jaunes, des Noirs, des Blancs… Eh bien, pas du tout, on ne les a pas trouvés. Dans tous les systèmes génétiques humains connus, les répertoires de gènes sont les mêmes. » (André Langaney, généticien, 1992)

Les seules personnes à parler de différentes races d’hommes sont les racistes. Leur idéologie haineuse, obscurantiste et criminelle n’a aucun autre fondement que leurs préjugés et leur rejet de tout ce qui n’est pas eux.

Il est gravissime qu’un député supposé être démocrate l’ignore, qu’il s’agisse d’un acte intentionnel ou de la manifestation d’une insondable stupidité.

10 Replies to “Une seule race, la race humaine”

  1. anti Post author

    « Les seules personnes à parler de différentes races d’hommes sont les racistes. Leur idéologie haineuse, obscurantiste et criminelle n’a aucun autre fondement que leurs préjugés et leur rejet de tout ce qui n’est pas eux. »

    Et ils ont le vent en poupe :

    claude-ribbe.com/dotclear/index.php?2008/11/17/96-le-mediateur-du-journal-le-monde-avoue-croire-aux-races-humaines

    Le médiateur du journal « Le Monde » avoue croire aux races humaines !

    Par Claude Ribbe, lundi 17 novembre 2008 à 18:22 :: General :: #96 :: rss

    Pour un scoop, c’est un scoop et franchement, j’en reste ébahi. Je n’invente rien. Voici le texte du mail que Véronique Maurus, médiateur du journal Le Monde, auteur de l’article Appeler un noir un noir (Le Monde du 16 novembre 2008) m’adresse ce jour en réponse à mon billet : Appeler un raciste un raciste (16 novembre 2008).

    « Le Monde n’a pas, je pense, m’écrit Véronique Maurus le 17 novembre 2008, toutes les arrières pensées que vous lui prêtez. Sur la majuscule du mot un « Noir », il se contente d’appliquer la règle typographique en usage pour tous les mots désignant une race, une ethnie ou un habitant (d’un pays, d’une région, et.). On écrit un Noir, un Blanc, un Français, et c… C’est seulement la règle typographique et il n’y a là aucun sens caché. »

    On a bien compris que, dans l’esprit de Véronique Maurus (que je me remercie de me rappeler les règles de ma langue) un «noir» est quelqu’un qui appartient à la «race» noire, un « blanc », quelqu’un qui appartient à la « race » blanche, d’où cette fameuse majuscule, qui, en l’espèce, ne peut s’expliquer ni par le «pays», ni par «l’ethnie» (une autre manière soit dit en passant de désigner la «race»). Ainsi y aurait-il donc pour le médiateur des « races » humaines ! Oui, comme au bon temps de Jules Ferry. Il n’est plus question de traquer des «arrière-pensées» puisque l’aveu est là, indiscutable. On peut supposer qu’on n’embauche pas les gens au Monde sans s’assurer qu’ils ont une certaine éducation. Véronique Maurus est certainement une personne éduquée. Elle a été désignée pour répondre aux lecteurs et elle m’avoue naïvement, à moi, qu’elle croit aux races humaines ! De deux choses l’une : ou bien elle ne reflète pas la ligne éditoriale du journal et c’est au directeur de la publication d’en tirer les conséquences, ou bien la notion de «race humaine» est communément admise par les journalistes du Monde en 2008, ce qui pourrait expliquer certains articles et certaines prises de position, comme ceux, par exemple de Laetita Van Eeckout, de Jérôme Gautheret ou de Pierre-Yves Catinchi. Qu’ont-ils en commun ? Ils mettent la majuscule au mot « noir » et, a priori, vraiment, ils ne m’aiment pas du tout alors qu’ils n’ont rien à me reprocher. En ce qui concerne l’explication donnée par Véronique Maurus, la « règle d’usage», dans le cas d’espèce, n’est pas typographique, mais grammaticale. L’ouvrage de référence, connu de tous les correcteurs, de tous les journalistes et de tous les auteurs, est Le Bon Usage de Maurice Grévisse (14e édition, 2007, éditions De Boeck-Duculot). Que nous dit-il à ce sujet (p 94) ? « On met souvent une majuscule à des noms qui désignent des groupes humains, par ex. d’après la couleur de leur peau ». Grévisse donne plusieurs exemples littéraires où le mot « noir » prend la majuscule. Ainsi Malraux et Beauvoir mettaient-ils parfois la majuscule à « noir ». Mais c’était il y a cinquante ans et tout le monde pensait alors que la notion de « race» avait une valeur scientifique. Grévisse indique clairement que si on met « souvent » la majuscule, on ne la met ni «toujours» ni «forcément». La «règle d’usage» invoquée par Véronique Maurus est donc une pure invention idéologique qui reflète le fond de sa pensée. Grévisse prend bien soin de donner des exemples où « noir » prend la minuscule, par exemple en citant l’excellent André Pieyre de Mandiargues, qui tenait, comme moi, à la minuscule. Grévisse précise que « l’usage est partagé pour le nom juif ». On remarquera que dans Le Monde, le mot « juif » prend toujours la minuscule. Beauvoir, elle, mettait une majuscule… Bien évidemment, Maurice Grévisse se garde bien d’utiliser le mot de «race» ni même celui d «ethnie» (inventé par le théoricien raciste Vacher de Lapouge). Il est clair qu’on ne peut mettre une majuscule au substantif « noir » ou au substantif « blanc » que si justement on valide la notion de race humaine. En ce qui me concerne, j’ai toujours prescrit à mes correcteurs « distraits » de ne pas le faire (comme on pourra vérifier en lisant mes livres) et ils l’ont toujours admis sans aucun problème et sans discussion. Deux questions :

    1. Comment appelle-t-on ceux qui déclarent croire aux races humaines en 2008 ?

    2. Quelqu’un qui déclare par écrit croire aux races humaines a-t-il sa place dans un journal comme Le Monde, surtout comme médiateur ?

    Pour joindre Véronique Maurus :

    mediateur@lemonde.fr

    anti

  2. Ness Post author

    Oui, impressionnant ce que le monde a peu évolué. Toujours les mêmes idéologies raciales stupides.

    A part ça, big love to André Langaney, mon prof de bio du comportement ! (un mec génial, drôle, charmant, passionnant, et un prof motivé comme il y en a peu)

  3. Ness Post author

    A part ça, un article très bien conçu sur wikipédia explique les notions de race, d’espèce, de type… Pour moi, dire la « race humaine », c’est quelque chose de profondément stupide (désolée). Il s’agit de l’espèce humaine, ou du genre humain, mais en tout cas pas de la race humaine.
    On n’est pas en train de parler d’une race de chiens (doberman plutôt que caniche), comme si l’homme était une race appartenant à quelque chose d’autre… Remarquez, pourquoi pas ? On aurait la race humaine, la race chimpanzés, la race bonobos…
    Mais je comprends bien l’idée derrière tout cela, derrière ce terme « race humaine », même si au point de vue biologique, c’est inadapté (désolée, la biologiste généticienne qui est en moi se réveille de temps à autre).
    Ici, l’article de wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Race_humaine

  4. sapotille Post author

    C’est EXACTEMENT ce que je pense, Ness! il y a LE VIVANT et ensuite tout le reste est littérature. C’est à dire que çà dépend ce qu’on sait lire, ce qu’on veut lire et même la manière dont on tient Le Livre.

  5. Anna Galore Post author

    Ness, tu as tout à fait raison.

    Comme tu l’as compris, j’ai utlisé cette expression de façon délibérée pour bien souligner qu’il n’y a pas DES races d’humains, de même qu’on utilise (cette fois à bon escient) dans la législation française l’expression « incitation à la haine raciale » pour dire qu’il n’y a justement pas de race.

    La citation d’André Langaney vient d’ailleurs de l’article de Wiki dont tu donnes le lien.

  6. Anna Galore Post author

    Sapotille, tu as aussi raison d’un point de vue philosophique sur l’unité du vivant… mais en ce qui concerne le projet de loi sur l’audiovisuel, je crois qu’on peut raisonnablement se limiter aux seuls humains.

    🙂

  7. voiedoree Post author

    Les races humanoides ont existé, environ une douzaine étaient présentes sur la terre, on en retrouve encore des traces Elles se sont progressivement éteintes et il n’en reste qu’une aujourd’hui, contrairement aux autres « espèces » vivantes…..

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