Elisandre et l’Oeuvre au Noir

J’ai croisé la route d’Elisandre, animatrice du forum Hérésie lorsque je cherchais de la documentation sur la sorcellerie pour « Les trois perles de Domérat ». Sa connaissance parfaite du sujet m’avait permis de réunir bien des indications précieuses, tant sur les aspects historiques que sur d’autres plus ésotériques tels que les rituels proprement dits, à commencer par le plus central de tous, le sabbat.

Nous avons très vite sympathisé par mail, même si nous n’avons pas encore pu nous rencontrer en vrai (ce qui ne saurait tarder). C’est donc tout naturellement à elle que j’avais confié la préface du « Miroir noir ». Elisandre habite à Rennes-le-Château, lieu mythique entre tous, où je situe une partie de l’intrigue du « Septième livre ».

Passionnée de livres anciens et d’ésotérisme, elle a ouvert une première librairie, Mutus Liber, cédée récemment à des amis, puis une librairie en ligne nommée L’Oeuvre au Noir.

Personne ne pouvant en parler mieux qu’elle, je reproduis ici la page d’accueil de son site.

L’Oeuvre au Noir

Ma passion et mon métier sont analogues: les livres, l’exquise odeur du cuir et l’apaisante musique des pages qui défilent.

Tous sujets, de la littérature aux sciences, de l’histoire à l’ésotérisme, des religions à la philosophie, sont les racines de la connaissance et de l’évolution que j’espère vous aider à trouver à l’aide de mon travail et de mes recherches.

Le choix du nom que j’allais donner à la librairie était pour moi très important, je le voulais symbolique et représentatif du monde spirituel et matériel, ce fut donc… L’œuvre au noir : un état de mort symbolique.

L’oeuvre au noir ou la Nigredo est la noirceur de la terrible et torturante confrontation avec l’inconscient, la rencontre avec son ombre qui provoque un sentiment de confusion, un état de dépression et de désintégration du moi.

L’œuvre au noir s’illustre pour l’homme par un état de mort symbolique, assez semblable aux démembrements racontés dans les initiations chamaniques ou certains mythes comme celui d’Osiris. Cette crise (du grec crisis, choix) se traduit dans un premier temps par une perte de motivation, par une envie de rien. Le sujet éprouve le besoin de s’isoler, voire de se cloîtrer, dans la mesure ou le contact avec ses semblables ne fait qu’accentuer son état dépressif. Il est désorienté (perte de l’orient…), tous ses repères ont disparu.

C’est une étape de confusion, de dépression, de dissolution, de putréfaction psychique, où tout est remis en cause. Dans cette étape, la descente aux enfers se fait par gravité, comme une chute. Toute tentative pour empêcher cette chute est vaine et ne peut que retarder le moment du contact avec le fond et en aggraver les effets Il est donc nécessaire d’accompagner la chute plutôt que de vouloir l’empêcher ou la freiner. Lorsque le mécanisme de la chute est amorcé, il faut l’accepter et utiliser cette énergie cinétique pour se relever plus vite. Le lâcher-prise est la seule issue et dans le cas contraire, la chute se prolonge aussi longtemps que nécessaire.


H.P. Lovecraft

Toucher le fond signifie être en face de la partie de soi-même que l’on n’accepte généralement pas, mais à laquelle il est indispensable de se confronter pour se transmuter. La symbolique du labyrinthe, habité par le Minotaure, est l’illustration la plus claire de cette phase. Dans le cycle de la graine, l’œuvre au noir est associée à la constitution des racines. Les semailles très propices à l’automne correspondent donc à la mise en terre de l’âme, comme l’attestent les Mystères d’Eleusis.

En alchimie, la Nigredo ou Oeuvre au noir est aussi dite « niger nigrius nigro » : le noir plus noir que le noir, c’est l’une des trois phases principales dans le Mysterium Magnum, le Grand Art des Alchimistes, la réalisation de la Pierre Philosophale.

Je continuerai au fil du temps à partager avec vous les trésors que je découvrirai enfouis au fond de vieilles bibliothèques ou ceux perdus dans les greniers poussiéreux. Un mot, une ligne, une anecdote, une gravure, forment la base d’une passion qui ne fait que s’amplifier de jour en jour.

Elisandre

Le blog d’Elisandre: http://elisandre-librairie-oeuvre-au-noir.blogspot.com/
Le site de L’Oeuvre au Noir: http://www.oeuvre-au-noir.com/
Les photos sont extraites du site et du blog.

6 Replies to “Elisandre et l’Oeuvre au Noir”

  1. anti Post author

    Ses deux sites sont passionnants à découvrir. J’y passe pas mal de temps en ce moment.

    L’oeuvre au noir, c’est le titre du livre de Yourcenar que je rangeais avabt-hier. C’est toute la symboliqe du mythe de Hiram dont s’est inspirée Anna et que Gérard de Nerval a très bien raconté.

    Pour les amateurs, on le trouve ici :
    hautsgrades.over-blog.com/5-categorie-96695.html

    « Le cadavre ayant été reconnu, un des maîtres le prit par un doigt, et la peau lui resta à la main ; il en fut de même pour un second ; un troisième le saisit par le poignet de la manière dont les maîtres en usent envers le compagnon, et la peau se sépara encore ; sur quoi il s’écria : MAKBÉNACH, qui signifie : LA CHAIR QUITTE LES OS.  »

    Très intéressant à relier avec les notes et commentaires faits sur ce blog concernant les rites mortuaires de part le monde.

    http://www.annagaloreleblog.com/archive/2008/03/08/le-culte-des-ancetres-au-viet-nam.html

    anti, Mc B

  2. ELISANDRE Post author

    Bonjour Anna et tous les autres,
    Je n’ai pas de mots pour te dire à quel point cet article m’a émue.
    Merci Anna pour cette confiance et cette amitié qui nous unis depuis quelques années.
    Gros bisous
    Elisandre

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