Tambour battant

Hier, nous avons déjeuné avec Léo. Nous étions six – Emmanuelle, Ghislaine, Jean-Gabriel, Anti, lui et moi. Kathy nous a rejoints sur la place aux Herbes, au restau où nous nous étions attablés. Mais avant d’y aller, nous avons retrouvé Léo chez lui.

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Sa vie en quelques mots : fils de paysans canadiens, longtemps illettré, il est devenu moine, ce qui lui a permis de s’éduquer avant de quitter les ordres et, défroqué, de se marier ; arrivé en France, il a créé les premiers cours de yoga qu’il y ait jamais eu à Nîmes ; il a pas mal bourlingué, a découvert avec fascination les runes nordiques et la peinture.

Il habite depuis quelques temps en plein centre de Nîmes, seul dans un appartement minuscule dont il a fait disparaître les murs à l’infini grâce à ses tableaux magnifiques représentant des mandalas ou des runes. Il a environ 80 ans mais toujours un corps de jeune homme.

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Accroché à un meuble bas, se trouvait un grand tambour amérindien. C’est Léo qui en a décoré les deux peaux. Sous notre amicale pression, il a accepté d’en jouer pour nous. Il utilisait une mailloche dont les deux extrémités étaient rembourrées d’une façon différente, ce qui lui permettait d’obtenir des sons aussi variés et rapprochés que s’il en avait eu une dans chaque main.

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Les vibrations ont empli la pièce, nous emmenant dans un ailleurs immatériel. D’une voix grave, il a chanté une mélopée dans une langue inconnue et envoûtante, venue du fond des âges.  Le son onirique s’envolait autour des spirales sur les peaux tendues et sur les murs, voyageant entre les runes et les perspectives tournoyantes aux couleurs vives qui nous surplombaient.

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Combien de temps cela a-t-il duré ? Personne parmi nous n’aurait su le dire. Quand le silence est retombé, c’était comme être tiré d’un rêve pour revenir à la réalité.

Pendant le repas, nous avons parlé de Kogis, de Sapotille qui a tissé des liens entre nous directement ou indirectement et de plein d’autres choses aussi. En nous séparant ensuite, nous ne pensions qu’au tambour.

Très belle journée à vous

6 Replies to “Tambour battant”

  1. Terrevive

    Le monde, les mondes de Leo avec ses tournoiements de couleurs et de sons………….

    C’est un immense plaisir de parler avec lui ; il a toujours quelque chose à transmettre, une parole sage à nous faire méditer.

  2. anti

    Léo est un être… fabuleux ! Il me fait penser à un lutin ! Et quel artiste en plus de tout !

    Le déjeuner en compagnie de nos amis, avec l’agréable surprise de revoir Guislaine, a été un moment rare de bien-être, comme on les aime !

  3. sapotille

    Moi aussi j’ai pensé à vous, sans doute l’effet du tambour 🙂
    Et cette note donne vraiment envie de l’entendre à nouveau!

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