Cycles obstacle-solution

Nous discutions hier avec Anghbor, qui me recommandait un thriller post-apocalyptique qu’il avait adoré, de la règle de base de toute histoire qui veut captiver ses lecteurs : celle de l’enchaînement de plus en plus soutenu de cycles obstacle-solution.

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J’en avais parlé il y a quelques années dans une interview que j’avais donnée au site Imagineria. Je reproduis le passage concerné :

Il s’agit de « la base même de toute dramaturgie, comme l’explique très bien Yves Lavandier dans son livre du même nom : l’accumulation d’obstacles au fil des pages, de plus en plus infranchissables. A mes personnages – et donc à moi – de trouver comment vaincre ces obstacles sans recourir à quoi que ce soit de tout bonnement incroyable, genre un miracle ou le doigt de Dieu ou le grand méchant qui meurt subitement d’une crise cardiaque […] Donc, chacun de mes chapitres se termine par un cliffhanger, c’est à dire une montée du suspense. Il s’agit en général d’un nouveau danger qui pèse sur les protagonistes sympa ou d’une nouvelle horreur commise par les protagonistes pas sympa. »

Dans la vraie vie, chacun de nous est le protagoniste principal et sympa de sa vie et connait en permanence de tels cycles obstacle-solution venus de protagonistes ou évènements pas sympa (demandez à Anti ce qu’elle pense des administrations et de leurs formalités sans fin pour obtenir trois fois rien). Et nous sommes, bien sûr, tous témoins des cycles que traversent les gens que nous connaissons.

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Ces cycles ont des durées différentes et s’entremêlent, ce qui peut conduire parfois à un sentiment d’abattement quand il y a accumulation, même d’évènements mineurs. Mais la plupart du temps, ils sont relativement autonomes et n’interfèrent pas entre eux. Les plus banals sont de dormir pour se reposer ou de manger pour ne plus avoir faim, mais pour certains être humains, même ceux-là peuvent représenter des obstacles majeurs.

Hier, à l’intérieur du grand cycle portant sur la survie ou pas de ma boîte, j’ai appris par téléphone un premier obstacle qui semblait compromettre sérieusement la suite de l’histoire. J’ai appelé une autre personne qui a dédramatisé cet obstacle, se faisant fort de le régler rapidement. Notre discussion a résulté dans une solution – probablement temporaire – et un regain d’énergie pour poursuivre la route. En attendant les prochains obstacles et, espérons-le, leur solution.

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Ma triple fracture de la hanche est un exemple de plus. L’obstacle (un arbre plus dur que mon os) a été surmonté par une première solution (l’ostéopathe) sur la base d’un diagnostic erroné (la radio ne montrait aucune fracture). Mon médecin m’ayant fait faire un scanner, un second obstacle plus important est apparu (ma triple fracture) avec pour solution de ne rien faire du tout pendant un mois (facile mais frustrant).

Un mini-cycle de plus s’est superposé quand j’ai attrapé avant-hier le rhume d’Enzo, ce qui m’a mis la goutte au nez et la gorge en feu. Rien de grave, la solution évidente étant de rester bien au chaud et justement, c’est déjà ce que je dois faire à cause de ma hanche – oui, il peut y avoir une seule et même solution à plusieurs problèmes, n’est-ce pas merveilleux ?

Et puis, il y a ce cycle dont nous voulons tant croire qu’il arrive enfin à sa fin, celui qui aura pour solution l’abolition de la corrida. Espérons que cela sera le cas dès vendredi. Sinon, il faudra dépasser ce nouvel obstacle, quel que soit sa hauteur, jusqu’à parvenir à sa solution.

Toutes ces péripéties, souvent futiles quand elles sont mises en perspectives, s’inscrivent à l’intérieur du grand cycle que constitue notre vie de la naissance à la mort, lui-même inscrit dans l’encore plus grand cycle de la présence de l’humanité sur Terre, microscopique instant du cycle de l’Univers.

Très belle journée à vous

2 Replies to “Cycles obstacle-solution”

  1. valentine Post author

    Eh oui! Tu as toujours les bonnes paroles Anna, je t’adoooooore 🙂

    Je décerne la médaille d’or à tous ceux qui franchissent courageusement cette grande course d’obstacle qu’est la vie! Et puis, au final, quêst-ce qu’on s’emmerderait si la vie était un long fleuve tranquille, pas vrai?

    Haut les coeurs et tiens bon la rampe gugusse 😉

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