Corrida : Hollande dans les traces de Sarkozy

Je vous disais hier ma colère sur la duplicité au sommet de l’État concernant la QPC visant à faire interdire la corrida (Corrida : enfumage à la tête de l’État). Le CRAC et DDA ont mis en ligne sur le même sujet une déclaration plus détaillée que je reproduis ci-dessous dans son intégralité.

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Le changement, c’est pour quand ?

Le candidat Hollande semblait sensible au sort des animaux dans la corrida…

Interpellé à de nombreuses reprises lors de la campagne électorale de l’élection présidentielle, François Hollande avait reconnu par courrier dès le 22 septembre 2011 l’aspect cruel de la corrida espagnole, préconisant de la remplacer par un « spectacle plus familial » : la corrida portugaise ! Cela en méconnaissance totale du sujet, car la corrida portugaise est pire encore : ce ne sont plus des banderilles qu’on plante dans le dos de l’animal, mais des harpons, encore plus longs ! Mais cela semblait témoigner d’un intérêt de F. Hollande pour cette question qui intéresse tant de nos concitoyens.

… mais le président Hollande se préoccupe de défendre la corrida

Reçus rue de Solferino en mars et avril 2012, des responsables des associations CRAC Europe et Droits des Animaux constateront pourtant que le candidat Hollande ne veut manifestement pas prendre parti sur ce sujet brûlant. Pire, une fois aux responsabilités, le gouvernement ne s’en tiendra pas à une attitude de neutralité.

Dans un premier temps, les services juridiques du Premier ministre attaquent notre QPC, question prioritaire de constitutionnalité, les 13 et 30 juillet 2012. Le CRAC Europe réagit par quatre courriers à l’Élysée et au domicile du président, dans lesquels l’association demande à notre présidence « normale » de bien vouloir faire preuve de neutralité.

En guise de réponse, le gouvernement dépêche, le 21 septembre, jour de l’examen de la QPC, un jeune énarque, Xavier Pottier, chargé de mission au secrétariat général du gouvernement pour le Premier ministre, pour contrer une nouvelle fois la demande d’annulation de l’alinéa 7 de l’article 521-1 du Code pénal. Le sénateur PS Roland Povinelli a courageusement dénoncé cette « rupture de l’égalité ».

Double langage

Est-il plus « normal » que, le jour même de l’examen de notre QPC par les neuf Sages du Conseil, le ministre de l’Intérieur s’exprime en direct sur l’antenne d’une grande chaîne d’information nationale pour affirmer son « amour » de la torture tauromachique et son désir de défendre cette pratique d’un autre âge, alors que dans le même temps le CRAC Europe reçoit un courrier du président Hollande affirmant sa nécessaire neutralité et donc celle de son gouvernement ?

Hollande digne successeur de Sarkozy

Force est de constater que le gouvernement Hollande-Ayrault ne fait que poursuivre la politique procorrida du gouvernement Sarkozy-Fillon. Et encore, M. Sarkozy avait au moins demandé à ses ministres aficionados d’éviter aussi bien toute apologie de la corrida que de se montrer aux arènes tant qu’ils étaient en poste.

Pourquoi, dans ce gouvernement socialiste, les seuls ministres à s’exprimer sont-ils les amateurs de « sévices graves et d’actes de cruauté », à savoir M. Valls le 11 septembre ou Mme Carlotti au mois d’août ?

Nous aimerions entendre les ministres qui, lorsqu’ils étaient députés ou responsables de parti politique, avaient signé la pétition ou le manifeste du CRAC Europe pour l’abolition de la corrida en France. Mesdames Duflot, Filippetti, Lebranchu et Taubira, qu’attendez-vous pour réagir ?

Jean-Pierre Garrigues, vice-président du CRAC Europe
Tél. 06 75 90 11 93

David Chauvet, vice-président de DDA
Tél. 06 21 66 29 24

One Reply to “Corrida : Hollande dans les traces de Sarkozy”

  1. sylvana Post author

    Pourquoi les anti-corrida du gouvernement ne se manifestent-ils pas ? Monsieur Valls lors de son intervention sur la deux au 13h 15, a évoqué Michel Rocard comme son Maître, celui qui l’a mis sur la voie, sauf que Michel Rocard est anti-corrida. J’ai beaucoup de mal à imaginer que d’anciens politiques tels Mme Simone Veil, Michel Rocard, Monsieur Badinter (et sa femme, Elisabeth) toutes ses personnalités qui ont participé à un moment de leur vie au destin de notre pays, tous anti-corrida, n’interviennent pas, n’influencent pas d’une manière ou d’une autre !

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