Henri Amel

voilier-sailing-yacht-de-croisiere-type-ketch-77894.jpg
Amel 54

« …La coque de mon bateau frappe les lames et glisse le long de leur pentes. Mon mât et mes voiles vont contre le vent, le prenant ainsi à revers. Mais sans acrimonie ; d’accord avec les battements de mon cœur. Si je me mets à écouter les deux en même temps, ils me diront les mêmes choses. Le temps ne fait pas de bruit. Nul fracas au milieu de l’Atlantique.
Rien que l’éternité, le rythme cardiaque, la ballade de la mer.

Dans ce silence, je sens la vie, et j’aime ce silence. Il ne me fait pas peur.
Il est aussi intense que la vie elle-même, aussi intense que la mort, et il me fait penser à cette mort avec affection et tendresse.

Le silence se confond avec le temps. Et le temps, le silence, la vie, la mort sont les vérités qui m’entourent.

Depuis des semaines et des semaines je n’ai rien entendu. Seulement les battements de mon cœur si je mets le doigt sur mon pouls ;
ou si je dresse l’oreille et prête attention, mon bateau fendant la mer et remontant l’Atlantique.

Pendant des semaines et des semaines je n’ai rien entendu, sauf deux oiseaux stridulants, un troupeau de Cachalots causant entre eux, et un cargo qui laissait échapper le bruit sourd de ses machines.

J’aime ce silence si prolongé. Ces quelques sons espacés par des semaines lui donnent une nouvelle valeur. Si tout à coup, en ce moment, je me trouvais transporté dans une ville, je deviendrais fou rien qu’à cause du bruit, des machines trépidantes, du hallali des autos, des mille voix et « DÉFENSES DE », des cris et des courses et des insultes et des jacassements dénués de sens … « 

Julio Villar Gurruchaga (naviguant sur un Amel)

unmilliondtoilearthaudmer0.jpg

Extraits tirés du très beau livre de Julio Villar Gurruchaga : Un million d’étoiles, les Cahiers d’un Navigateur Solitaire aux Éditions Arthaud, 1974, pages 232 et 233.

voilier.jpg
Photo Anna

Dans les commentaires sur la note de Anna intitulée Entre ciel et mer du 6 juillet dernier, je mentionnais le récit que nous avait conté notre capitaine d’un jour sur les bateaux Amel.

En voici un peu plus sur cet homme remarquable, aux bateaux tout aussi exceptionnels, qui, à 70 ans, a donné son chantier à ses employés et leur a commandé le bâteau de ses rêves. Pour le remercier, ils lui ont fait un chef d’œuvre : Heimana (Un Mango très spécial).

Notre capitaine m’a fait parvenir ce pdf que je reproduis ici en entier, ça vaut la lecture entière !

gviewo.png
gview2.png
gview3y.png
gview5z.png
gview6v.png
gview7.png
gview8.png

A lire aussi :

un article des Echos de 1996, Amel, la coopérative qui ne veut pas dire son nom.

Une icône du nautisme n’est plus

Visiter un Mango 53′ en photos.

A voir ailleurs sur le blog :

vieilhommemer-haut612.jpg
Le vieil homme et la mer, le chef d’œuvre d’animation de Alexandre Petrov d’après Hemingway.

anti

4 Replies to “Henri Amel”

  1. Anna Galore

    Notre capitaine nous a raconté l’histoire d’Amel avec beaucoup de talent, alors que nous mouillions à quelques encablures d’un vrai Amel portant pavillon suisse.

  2. ramses

    Quel magnifique bateau ! Equipé pour faire le tour du Monde, dans les meilleures conditions de confort et de sécurité. Le prix ? On n’en parle pas, mais ça doit être assez conséquent ?

  3. moreau

    dans les années 70 j’avais un bateau,un « folie douce »et mes lectures de navigation.Je suis tombée un jour sur « un million d’étoiles » de Julio,j’en ai fait mon livre de chevet!!!Sa sensibilité,sa poésie,son romantisme,ces images qu’ils nous transmet,ses joies, ses tristesses,son desespoir quelquefois, et surtout sa liberté m’ont enthousiasmée.J’avais un bateau de 10mètres mais je n’ai fait que suivre les cotes de Brest à Mundaka,c’était cependant magique et son livre est le reflet de tout ce que j’ai pu vivre et ressentir à bord,mais lui l’exprime,et me renvoie à mes souvenirs.bravo Julio,je t’admire.

  4. jean girard

    Bonjour,

    J’ai toujours rêvé de possédé un Amel,je n’ai jamais réussi,je n’avais pas le budget alors je me suis rabattu sur une autre marque en désespoir de cause,j’ai fait 3 essais à la Rochelle,mais je jamais pu concrétiser,et au mouillage ou dans les marinas je regardais avec envie la silhouette caractéristique de mon rêve!!!Je n’ai plus de bateau mais je rêve maintenant devant l’inaccessible 54!!!!!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.