Produits alimentaires, les grandes surfaces se gavent

En vingt ans, sur les produits alimentaires de base, les producteurs ont baissé leur prix de 24% alors que les prix de ces mêmes produits en grande surface ont augmenté de 25%.

enseignes.jpgC’est ce que révèle une nouvelle étude d’UFC-Que Choisir. Du 26 septembre au 10 octobre, des dizaines d’enquêteurs bénévoles ont visité des hypermarchés de diverses régions de France. Les enseignes incluent Leclerc, Auchan, Carrefour, Super U, Casino et Cora.

« La grande distribution pratique des marges injustifiées ! »

Les enquêteurs se sont concentrés sur trois produits alimentaires peu transformés : la brique de lait de 1 litre (demi-écrémé de marque Candia et distributeurs), la barquette de deux côtes de porc, et celle de deux escalopes de poulet.

aliments ouest france.jpgL’association de consommateurs a ensuite déterminé une marge moyenne entre le prix agricole de la matière première et le prix pratiqué en magasin.

Bilan des courses, le différentiel moyen est de 50 centimes pour le lait Candia, de 39 centimes pour le lait distributeurs, de 5,49 euros sur l’échine de porc, et de 9,47 euros sur le poulet.

Michel Devernoy, président de l’antenne brestoise, accuse : « Les industriels et les distributeurs n’ont pas répercuté la baisse des prix agricoles sur les étiquettes. » Pire : le prix payé par le consommateur continue d’augmenter alors qu’il aurait dû baisser.

« Industriels et distributeurs profitent des variations des prix agricoles, plus particulièrement des baisses, pour accroître leurs marges ».

Que dénonce l’association ?

Marges « injustifiées et inexpliquées ». Pratiques de prix « inadmissibles » alors que le « pouvoir d’achat des Français est en berne », et quel’alimentaire représente « pas moins de 15,5% du budget des consommateurs ». Que Choisir dénonce « l’opacité de la construction des prix alimentaires ». Elle appelle les distributeurs à « faire la lumière ».

courses ouest france.jpg« Nous ne contestons le principe des marges, ce que nous voulons savoir c’est comment elles sont calculées », explique Jean-Bernard Rinaldi, le responsable de l’enquête.

L’UFC a donc envoyé un courrier à toutes les enseignes, leur demandant d’expliquer le mécanisme de formation de prix. Et en dehors de quelques lettres types vagues, « pétries de bons sentiments », aucune n’a répondu précisément.

L’association va écrire aux parlementaires, en réclamant des mesures de contrôle des marges. Pour « mettre fin à ces abus », elle souhaite un mécanisme de coefficient multiplicateur, déjà applicable pour les fruits et légumes. Il ne concernerait que les produits alimentaires, bruts ou peu transformés: viandes de boeuf, de volaille, de porc, lait, etc.

« Ce coefficient serait mis en place de façon exceptionnelle, lors de crises. Et sa durée maximum – de trois mois -, définie par la loi. » Il résulterait « de la négociation entre les consommateurs, professions agricoles, représentants de la chaîne de distribution et, le cas échéant, transformateurs ».

Sources : France Télévision, Ouest-France, Anti Grandes Surfaces
Illustrations : Ouest France

4 Replies to “Produits alimentaires, les grandes surfaces se gavent”

  1. lomener Post author

    Moins il y aura de surfaces de vente (en terme de nombre), plus elles seront puissantes et feront ce qu’elles veulent, en matière de prix comme du reste.

  2. Anna Galore Post author

    Oui, c’est vrai. Je repensais, en préparant cette note, à l’époque où les grandes surfaces sont apparues en France. Tout le monde disait alors qu’elles allaient permettre aux consommateurs d’acheter moins cher – et, de fait, elles vendaient des tas de produits à des prix beaucoup plus bas que ceux des petits commerçants, qui du coup ont coulé par centaines. Jusqu’au jour où les gros distributeurs se sont retrouvés en position dominante. A partir de là, puisqu’ils avaient le contrôle, ils s’en sont servis de façon impitoyable : achat en gros à des prix de plus en plus bas, revente à des prix de plus en plus haut.

    J’en veux, en particulier, à Edouard Leclerc qui a, depuis ses débuts, un discours ultra rodé de protecteur des bas prix pour le plus grand bien des consommateurs, alors qu’il n’est en rien différent des autres gros distributeurs, ainsi que le souligne l’enquête de Que Choisir : comme les autres, il pressure à morts les petits producteurs et il roule dans la farine les clients de son enseigne qui croient en sa propagande et en sa soi-disant différence (auto-proclamée).

    Nous avons d’ailleurs fait la remarque à plusieurs reprises, dans d’autres notes de ce blog où nous parlons d’alimentation, que cela favorise paradoxalement les produits bio (achetés chez des distributeurs spécialisés, pas en grande surface) : ils sont, en effet, chers mais pas plus, voire moins, désormais, que l’alimentation industrielle devenue hors de prix.

  3. Colors Post author

    Ils ont éliminés les petits et moyens commerces, les stations services, les boutiques de proximité . Une stratégie mis en place depuis longtemps. Et curieusement toutes les enseignes pratiquent un racket fort au même moment. Aucune concurrence. Une entente orchestrée? pensez -vous !

  4. anti Post author

    « L’association va écrire aux parlementaires, en réclamant des mesures de contrôle des marges. Pour « mettre fin à ces abus », elle souhaite un mécanisme de coefficient multiplicateur, déjà applicable pour les fruits et légumes. Il ne concernerait que les produits alimentaires, bruts ou peu transformés: viandes de boeuf, de volaille, de porc, lait, etc. »

    Ça commençait plutôt bien, mais la suite :

    « Ce coefficient serait mis en place de façon exceptionnelle, lors de crises. Et sa durée maximum – de trois mois -, définie par la loi. » Il résulterait « de la négociation entre les consommateurs, professions agricoles, représentants de la chaîne de distribution et, le cas échéant, transformateurs ».

    Dommage ! Ça devrait être en permanence ! Quand je lis ça, j’suis colère ! Quand je pense aux efforts que font les agriculteurs et que pendant ce temps, les autres gros cons s’en foutent plein les pognes… Grrr…

    Ah ! Et au passage, mon admiration tout de même à cette association de consommateur qui a été à l’origine de bien des régulations depuis des dizaines d’années…

    anti

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