Enfin un label "Nourri sans OGM"

1557117705.jpgUne étiquette avec la mention « Nourri sans OGM » a été adoptée vendredi par le Conseil national de la consommation à la suite d’une réunion au ministère des Finances avec des représentants de « Que choisir » et de l’industrie agroalimentaire. Cette mention concernera la viande et les produits laitiers. Jusqu’à maintenant, rien ne permettait de savoir si les animaux avaient été nourris avec des produits transgéniques.

Les OGM sont un sujet sensible en Europe. La Commission européenne n’a pas renoncé à imposer la culture du maïs génétiquement modifié de Monsanto, mais elle hésite à créer un nouveau psychodrame avec la France sur sa clause de sauvegarde avant les élections européennes. Le dossier est directement géré par le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso et il est source de tension avec Paris. La dernière tentative d’imposer la culture du MON810 s’est soldée par un désaveu total pour la Commission.

A une écrasante majorité de 22 contre 5, les Etats de l’UE ont refusé de forcer la Hongrie et l’Autriche à lever leur interdiction de cultiver le maïs génétiquement modifié américain.

Très bien, mais… « sans OGM », ça veut dire quoi ?

Il y a encore une précision – de taille – à apporter à ce nouvel étiquetage : qu’appelle-t-on « sans » OGM ? Pour le moment, la règlementation européenne va permettre d’apposer le label si le pourcentage d’OGM est inférieur à 0,9%, ce qui veut dire qu’il y aurait quand même des OGM dans la nourriture concernée. Le site i-dietetique.com donne des explications détaillées à ce sujet.

Si l’Europe a émis des règles pour l’étiquetage positif « avec OGM » lorsque le seuil de présence fortuite est supérieur à 0,9%, elle a délégué aux Etats Membres la possibilité de fixer des règles nationales pour le « sans OGM ». C’est ce qu’a fait la France dès 2004, par le biais d’une note de service de la DGCCRF, qui autorise cette allégation négative si l’on ne détecte pas d’OGM dans le produit. Ce seuil de détection est de l’ordre de 0,01 %.

Les entreprises agroalimentaires françaises ont donc aujourd’hui accès à trois niveaux d’étiquetage :

– le « sans OGM » en dessous de 0,01%,
– le « avec OGM » au dessus de 0,9%
– aucun étiquetage pour la filière dite conventionnelle entre ces deux seuils.

766087231.jpg
Depuis quelques mois, les associations de consommateurs demandent l’évolution de ces règles d’étiquetage, calquée sur la loi qui a été votée en Allemagne. Leur objectif ? L’étiquetage des produits animaux, du type « animal nourri sans OGM », ou encore « produit issu d’une filière sans OGM », lorsque le produit est issu d’un animal dont l’alimentation est conventionnelle (seuil inférieur à 0,9%) …

Si la France acceptait en l’état cette demande, nous aurions une discrimination entre la filière végétale dont le « sans OGM » devrait répondre au seuil de détection (0,01%) et la filière animale au seuil conventionnel (0,9%) alors qu’une même matière première peut être destinée aux deux filières ! Dans les produits composés à la fois de produits végétaux et animaux, nous pourrions voir dans la liste des ingrédients des allégations négatives qui ne voudraient donc pas dire la même chose.

Par ailleurs, dire au consommateur que le produit issu d’un animal dont l’alimentation est conventionnelle est issu d’une filière «sans OGM» est mensonger puisque « inférieur à 0,9% » n’est absolument pas synonyme de « non présence d’OGM ». Pour rappel, selon un sondage CSA/Greenpeace de février 2008, le « sans OGM » est véritablement du « sans OGM » et non pas du « conventionnel » pour 71% des personnes interrogées. Dans ce contexte, le « sans OGM » ne devrait pas être assimilé au seuil de 0,9%.

Sources : Europe 1, i-dietetique.com, Greenpeace et divers autres sites web
Sur le site de Greenpeace, la liste des produits avec et sans OGM
Illustrations : Greenpeace

10 Replies to “Enfin un label "Nourri sans OGM"”

  1. Kleman Post author

    j’suis bien d’accord avec toi, c’est encore un peu compliqué…
    Si je veux du bio 100% certain, je vais voir mon cousin 😉 (il produit des oeufs bio)

  2. anti Post author

    Tout serait tellement plus simple si on obligeait le contraire : étiqueter tous les produits avec OGM ! Il serait temps de ne plus inverser les rôles : les gentils, les bons doivent prouver leur bonne foi pendant que les méchants ont la voie libre…

    anti

  3. voiedoree Post author

    Selon mes sources les effets des OGM risquent comme l’amiante de se faire sentir à long terme (quand on les aura interdits)

  4. Anna Galore Post author

    Raison de plus pour les interdire au plus vite.

    A propos de l’amiante, le procès contre les dirigeants d’Eternit vient de s’ouvrir en Italie. Ils risquent de 15 à 25 ans de prison. Des anciens salariés d’Eternit France vont assister au procès afin de pouvoir mieux se défendre côté français aussi. Le nombre total de victimes qui mourront à cause de l’amiante va atteindre autour de 500 000 personnes en Europe (dont 100 000 en France) entre 1995 et 2025.

  5. ramses Post author

    Il faut quand même souligner qu’à ce jour, la nocivité des produits « avec OGM » n’est pas démontrée. C’est comme tout le reste, des antennes relais aux paradis fiscaux, en passant par les lignes à haute tension, on en parle beaucoup, mais on agit peu… Et bien malin celui qui parvient à se faire une idée objective des risques encourus… Par ailleurs, les scénarios type « amiante » ou « sang contaminé » ne sont pas forcément reproductibles… Et entre 0,9% et 0,01%, la marge est considérable… Bref, brouillard complet !

  6. ramses Post author

    Anti,

    J’ai suivi le lien, lu l’article et le rapport qui remonte à 2 ans en arrière… Les vidéos sont supprimées… Difficile de se faire une opinion. C’est comme les cigarettes, il est indiqué « Fumer tue » sur les paquets, mais elles sont toujours en vente libre… De deux choses l’une : ou bien la nocivité est prouvée et il est effectivement criminel de continuer à produire du MON810, ou elle n’est pas démontrée et je ne vois pas à quel titre on l’interdirait. D’autant plus qu’on élimine les pesticides dans la foulée, qui ont causé des désastres écologiques parfaitement réels.

  7. Anna Galore Post author

    Ton raisonnement serait parfaitement juste si d’énormes enjeux financiers ne venaient pas tout fausser.

    Prenons l’exemple du tabac. On est absolument certain de sa nocivité et les cigarettes restent en vente libre parce que ça rapporte des fortunes colossales non seulement aux industriels du tabac mais aussi aux pays qui autorisent la vente de cigarettes en prenant au passage des taxes tout aussi considérables. N’oublions pas que le principal dealer, chez nous par exemple, c’est l’Etat ! C’est immoral, criminel et scandaleux.

    Pour Monsanto, c’est pire : le risque n’est pas avéré mais sa probabilité est élevée. Va-t-on exposer la population mondiale pendant les 20 ou 30 ans qui seront nécessaires à ce que les effets nocifs apparaissent ou n’est-il pas plus sage de l’interdire tout de suite ? On ne joue pas avec la vie des gens quand on est un état responsable. On ne ramène pas la question à un débat pour plateaux télé. Il y a risque ? L’interdiction s’impose, point final. Tout le reste n’est que dialectique. C’est le principe de précaution et c’est la seule façon saine de traiter ces questions. L’intérêt de Monsanto ne doit (ne devrait) passer qu’ensuite, pas en premier.

  8. ramses Post author

    Anna,

    Je te suis parfaitement dans ton raisonnement, mais je n’ai pas suffisamment d’expertise sur le sujet pour me faire une opinion précise. Je constate seulement que les experts sont partagés, comme sur les antennes relais, les lignes à haute tension, les téléphones mobiles, les écrans d’ordinateur, etc… Le « modernisme » a engendré un déséquilibre de la planète et nous paierons un jour ou l’autre tous ces développements et ces excès, en particulier les rejets de CO2 dans l’atmosphère. A priori, tout ce qui n’est pas naturel comporte un risque pour la santé. Je ne pense pas non plus que seul l’intérêt de Monsanto soit en jeu, car ils sont également l’un des plus gros fournisseurs au monde de pesticides, dont la production cesserait, si les cultures OGM se généralisaient. Comme le dit Voiedoree, il faudra attendre qu’il y ait éventuellement des victimes pour qu’on les interdise réellement.

  9. Kleman Post author

    pour revenir exclusivement à l’agriculture, les OGM présentent non seulement un risque pour la santé (encore défini comme potentiel certes) mais aussi pour la nature en général. Ces plantes transformées pour résister vont entrainer le développement de parasites plus fort encore car eux aussi s’adaptent, et c’est tout l’écosystème qui va s’en trouver bouleversé. Et Monsanto, par son quasi monopole entraine également la disparition à terme des espèces de plantes, céréales locales, originelles. Oui on se pose la question en Europe, on interdit par précaution… Mais aux Amériques, notamment du Sud, les dégâts sont déjà en route, par les OGM et tout ce qui résulte de la volonté d’hyperproductivité et de la mono culture…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.