JO Pékin, l’envers du décor

Le mari d’Adele fait partie des journalistes qui couvrent les JO de Pékin. Il nous fait profiter par son intermédiaire de son regard décalé et drôle sur les JO vus depuis les coulisses.

Mon Marichéri – je ne vous l’avais pas dit – est journaliste, et il part demain pour Pékin pour une durée d’un mois. Malgré ces restrictions et toutes les censures qu’il a déjà rencontrées (il bosse à la télé), il reste optimiste et adopte l’attitude « on verra bien ».
Une fois qu’il sera là-bas, je pourrai vous dire ce qu’il en est vraiment sur place. Une chose est sûre, nous sommes tous les deux consternés par le climat de ces JO.

Ecrit par : Adele Riner | 31 juillet 2008

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Eh bien voilà qui est parfait ! Des infos en direct live de premier choix, intéressant.

Pour ce qui est de la consternation, je te crois sur parole.

anti

Ecrit par : anti | 31 juillet 2008

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Oui, consternation est le mot. Ce sera génial que tu nous racontes son témoignage.

Ecrit par : Anna | 31 juillet 2008

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Promis, je vous tiens au courant.

Ecrit par : Adele Riner | 31 juillet 2008

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Chose promise, chose due. Marichéri m’a envoyé son premier mail, intitulé « salade pékinoise ». Vu les précautions linguistiques, la censure doit être sévère, et moi je suis morte de rire. Je vous le livre sans décodage et en intégrale, comprenne qui pourra !

« ca y est, j’ai accès à Internet !!! sans doute que les bourres locaux voudront entraver queque chose à cque jécris mais jleur souhaite des migraines, voire un nervoussebreakdonne !!! donc stp rappelle toi audiard et san antonio pourqu’on puisse tchatcher comme si on était seulabre… donc aujourd’hui, premier vrai contact avec les hôtes de ces lieux: sitapatonbadge t mort. sitatonbadgemaisdesmedocs t mort aussi. sitatonbadgemaispademedoc t con, tuvapasser la journee aux chiottes !!! c fou mais c vrai qu’il yena qui se shootent à l’upsa ou au coupe-chiasse : fo juste pas abuser.
les JO c le respect avant tout, on participe et on ferme son clapet. heureusement qu’on est des pros, des scribouillards d’élite, des journaleux qui tirent au sublime avec une vraie envie d’aller au fond de la mine : bref, pas de points d’honneur en perspective, la zonzon locale, c plus chaud que le four a pain de moussais au siècle dernier.
je développerai mais j’attends de voir comment ça va vraiment se passer. en attendant, je voudrais bien vous écrire des alexandrins, pour vous dire que « le ciel est aussi bleu que le fond de mon coeur » surtout quand on fait péter les nuages à la sauce iodée (c très courant dans le coin), mais qu’il y manque des petits cumulus avec de jolies têtes blondes et des yeux bleus, dans lesquelles j’aime passer mes doigts en y faisant quelques anglaises. »

A plus tard pour les news !
AdeLulu la Nantaise

Ecrit par : Adele Riner | 03 août 2008

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« sitapatonbadge t mort. sitatonbadgemaisdesmedocs t mort aussi. sitatonbadgemaispademedoc t con, tuvapasser la journee aux chiottes !!! c fou mais c vrai qu’il yena qui se shootent à l’upsa ou au coupe-chiasse »

Mdrrrrrr les premiers contacts…

Les JO dans les mots d’Audiard : humm géniale façon de contourner la censure, la force de l’imagination contre la bêtise 🙂

Merci Adele.

Ecrit par : Miss You | 04 août 2008

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Génial ! C’est super que tu nous fasses profiter de ça, Adele.

Vivement la suite 🙂

MERCI

Ecrit par : Anna | 04 août 2008

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« cque jécris mais jleur souhaite des migraines, voire un nervoussebreakdonne !!! »

Moi qui suis une inconditionnelle des Tontons je suis pliée sur mon clavier !!! Trop fort !!! L’est bien ton marichéri !!!

Merci pour les infos en direct live en plus ! qui fasse gaffe à pas s’retrouver aux quatre coins de Pékin éparpillé par petits bouts, façon puzzle.

anti, Moi, quand on m’en fait trop, j’correctione plus, j’dynamite…

Ecrit par : anti | 04 août 2008

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J’aurai peut-être des nouvelles ce soir…
Et même s’ils ont la puissance de feu d’un croiseur et des flingues de concours, je ne suis pas trop inquiète pour lui, Y savent pas qui c’est Raoul !!
Lui c’qui le sauve c’est comme pour le mexician : la psychologie… Et l’homme de la pampa, parfois rude reste toujours courtois ! MDR…….

Ecrit par : Adele Riner | 04 août 2008

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Bah si y connaissent pas Raoul ces mecs, y pourraient avoir un réveil pénible. Mdrrrrr

Ecrit par : Miss You | 04 août 2008

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Y faudrait tout de même mieux être du côté du Fernand pour le coup 😉

anti, folle fanny.

Ecrit par : anti | 04 août 2008

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Et là, je suis hilare en imaginant nos cherzamis Chinois qui surveillent ce blog en raison de ses annonces séditieuses multirécidivistes et qui sont en train de chercher fièvreusement parmi les milliers de journalistes arrivés à Pékin lequel peut bien s’appeler Raoul et venir de la pampa mdrrrr

Anna, élémentaire ma chère Adele

Ecrit par : Anna | 04 août 2008

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Et en plus il ne s’appelle pas non plus Fernand^^ ils sont pas quitte de chercher 🙂

« anti, folle fanny » Trop fort !!

Ecrit par : Miss You | 04 août 2008

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« lequel peut bien s’appeler Raoul et venir de la pampa ».

C’est son oncle pardi !

Mdrrrrr !!! mais l’oncle à qui ?

anti, 6 noise.

Ecrit par : anti | 04 août 2008

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Quelques nouvelles ce soir, pas de critiques donc pas de codage, dommage… Mais je vous livre quand même un extrait de sa prose :
« De mon côté, je sillonne les allées du parc olympique en taillant à coup de serpes dans un brouillard étrange, plus épais que du glutamate vaporisé, et aussi chaud qu’un potage capital. Ton mari, dans sa grande sagesse proverbiale, met toute son énergie à transformer le plomb en or, ce qui, sans pierre philosophale, lui coûte plusieurs litres de sueurs à l’heure, et à rendre service à ses petits camarades dont certains auraient – je pense – dû redoubler leur petite maternelle. Et étonnament, dans des couloirs plus longs que l’accélérateur à particules du CERN et dans des salles de travail plus grandes que la mosquée qui contient l’église qui contient les petits os d’une sainte dont j’ai oublié le nom (sainte Clothilde ???), je reste zen, en attendant l’orage agoraphobique qui devrait péter sur nos têtes le 8 août, date de la cérémonie d’ouverture des JO.
Les 35 heures – que je n’ai jamais connues – tiennent en une seule journée, les voies sont dégagées par des pandores rutilants plus hiératiques que le viaduc de Millau, les italiens posent des lapins, les japonais prennent le thé et promettent des rendez-vous après les jeux, les anglais se planquent, les russes font des concours de grossièreté, les allemands et les américains ont déjà envie de rentrer à la maison et les français sont bien gentils, même s’ils devraient rentrer avec autant de médailles que Siddharta quand il atteignit le nirvana. »

Bonne nuit à tous, et juste pour le plaisir :
« Alors, y dort le gros con ? Ben y dormira encore mieux quand il aura pris ça dans la gueule ! Il entendra chanter les anges, le gugusse de Montauban ! Je vais le renvoyer tout droit à la maison mère, au Terminus des prétentieux… »

Ecrit par : Adele Riner | 05 août 2008

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Whaou Adele, merci de partager avec nous ce regard riche et drôle que Marichéri pose sur ces jeux, c’est un régal de le lire.

Ecrit par : Miss You | 05 août 2008

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Il écrit et raconte vraiment très bien, ton tendre époux. J’aime beaucoup son style, son humour et son regard.

Encore !

(et merci)

Ecrit par : Anna | 05 août 2008

15 Replies to “JO Pékin, l’envers du décor”

  1. anti Post author

    « Bonne nuit à tous, et juste pour le plaisir  »

    Génial ! Excellent cet Audiard et excellent ce Marichéri ! Merci m’dame Adele de nous offrir une part de sa prose comme çà !

    anti, happy birthday to you…

  2. Adele Riner Post author

    Pas de long mail ce soir, Marichéri était trop fatigué. Mais il me promet pour demain la suite des pérégrinations d’un savoyard en Chine. Il me signale juste : »Vive le McDo qui baigne dans une graisse réparatrice le duvet irrité de mon estomac en déroute ! »…
    Merci à vous pour vos commentaires dont j’ai transmis quelques extraits au principal intéressé. Il sera sans doute flatté de vos appréciations, lui qui me confiait encore dernièrement qu’à force de fréquenter des journalistes sportifs, il avait peur de perdre tout son vocabulaire !!!

  3. boudufle Post author

    « ya les vents contraires, la dégoulinante infernale, le pot-au-noir, la scoumoune, mais y a ceux qui s’éffondrent et ceux qui réagissent.
    Et ce n’est pas une question de chou, mais c’est une affaire de tour de main.
    Et le Jo ( oups!!!), il l’a gardée sa paluche miracle, sa pogne en zéphir… »

    Merci Adèle de nous faire ce beau cadeau , et encore des écrits de Marichéri.

  4. anti Post author

    « Il me signale juste : »Vive le McDo »

    Tu m’étonnes ! Je compatis. On a beau dire, Mc Dom’a sauvée aussi lors de pérégrinations en Ukraine ! La clim, des aliments pas forcément géniaux mais identifiables et identifiés, des W.C et de quoi se laver les mains et un endroit où manger en moins de 3 heures !

    Bien le bonjour à Marichéri !

    anti

  5. Adele Riner Post author

    Toujours pas de nouvelles de marichéri, y doit être sur les rotules avec des journées de 14 heures, à moins qu’il n’ait succombé à la turista…

  6. Anna Post author

    C’est vrai qu’il doit être très très pris maintenant que ça a commencé. Envoie-lui tout notre soutien et nos pensées.

    Anna, compréhensive.

  7. Slayeras Post author

    mdr, je me réveille, je lis les chroniques de Marichéri… bah, c’est génial ! Il manque pas d’humour et c’est très fin… Oui oui m’dame censure, tu comprendras pas c’est trop fin pour toi.

    Courage en tout cas !

  8. Adele Riner Post author

    Toujours pas de mail de marichéri mais un bref coup de fil ce matin. Il finit ses journée entre une et trois heures du matin, trop crevé pour écrire une ligne. Il a assisté à l’inauguration des jeux dans le « nid » : une chaleur étouffante, un brouillard moite et jaunâtre, six heures debout, mais bon, oui, le spectacle était quand même beau… pas de commentaires sur les piètres performances françaises…
    Bizatous

  9. anti Post author

    Eh bé ! Sacrées journées ! 6 heures debout ? Ca me rappelle la visite de l’expo photo de Arles justement 😉

    Merci pour les infos du jour.

    Bizavous.

  10. Adele Riner Post author

    Marichéri se manifeste :

    « Lettre d’un poilu:

    Ainsi je reprends mes chroniques pékinoises que le trop plein de travail et de fatigue m’ont obligé à abandonner quelques jours. Puisque j’ai une femme aimante et un public enthousiaste, pas question de vous décevoir en vous privant d’une bonne pâtée de riz très gluant…
    Alors je vais essayer de te raconter Pékin, ses nuits tièdes et moites, ses immeubles gigantesques qui rivalisent d’audace architecturale, ses autoroutes tentaculaires qui t’enserrent dans un dédale incompréhensible (il y a six périphériques !), ses jours brumeux où le soleil perce derrière les nuages comme une lune orangée. Cela n’a rien à voir avec l’idée que l’on se fait habituellement d’une ville. C’est futuriste, démesuré, sauvage, une jungle moderne, dure et brûlante, bruyante et puante, où les hommes semblent perdus comme des animalcules dans une préparation de laborantin.

    Seul le centre est à peu près accueillant, avec quelques vieux quartiers qui longent la Cité interdite, des immeubles à taille humaine, un foisonnement réjouissant de couleur et d’activité. Car Pékin n’appartient plus vraiment à ses habitants, ce sont eux qui appartiennent à Pékin. Comme ces cyclistes qui s’aventurent sur les rocades autoroutières à la vitesse d’un hérisson et qui semblent promis au même destin. Comme ces ouvriers qui dorment à même le sol, avec un échaffaudage en guise de toit, et qui doivent rêver au million de briques qu’il leur a fallu assembler et au milliard d’autres qui les attendent encore. Comme ces adolescents que l’on habille d’un costume très martial, plantés aux coins des rues et qui ont le regard plus doux qu’une vache limousine.

    Car tout n’est qu’apparence ici. Les passages piétons que nous empruntons à l’IBC sont balayés quotidiennent par une armée de petites mains. Les pissottières rutilantes : elles n’ont qu’une seule tare, leur marque, « American Standard » ! que des sparadraps recouvrent pudiquement, pour faire oublier que les autochtones ne savaient pas ce que c’était avant d’en acheter. Le même sourire poli nous accompagne partout et les mêmes phrases sont débitées mécaniquement à chaque fois que l’on se soumet à un contrôle : « Thanks for your cooperation » « It’s my pleasure » et j’en passe.

    Tout ça pour faire oublier la chappe de plomb qui pèse sur le moindre pékin. Dès que l’on sort de la ville et que l’on s’aventure dans la campagne, on découvre un autre monde. Des carrières gigantesques où l’on taille la roche au burin, des chemins incertains qui mènent à d’étranges villages, où les minarets ont remplacé les pagodes et à l’entrée desquels veille un vieux coco qui nous interdit le passage. Sans compter toutes ces voies sans issue, qu’un barrage policier nous empêche d’emprunter.

    Mais revenons à Pékin et son fog holmésien. Le parc olympique est comme un concentré des bouffées délirantes qui embrument l’esprit des grands timmoniers au sortir d’un repas trop arrosé. Le nid d’oiseau – le stade olympique – est une structure démentielle destinée à cuire à petit feu les spectateurs qui osent s’y aventurer. La cérémonie d’ouverture – six heures de torture raffinée ! – m’a littéralement liquéfié et seuls un ou deux neurones ont survécu à la chaleur démentielle qui régnait dans ce four. Le spectacle lui-même était un mélange subtil de tradition « sinique » (5000 ans d’histoire, moins le vingtième siècle sans doute trop controversé, passés en revue) et de mauvais goût absolu, avec ces robes de soie aux couleurs criardes, des décors dignes d’Aladin au pays du soleil caché (c’est fou mais on ne le voit quasiment jamais), et des exercices de coordination physique stupéfiants, comme ces 2008 tambours battant la mesure d’un monde qui s’efface peu à peu…

    Car aujourd’hui, les chinois branchés roulent en Mini Cooper décapotable ou en coupé Mercedès à 400 000 dollars. On voit même des Ferrari emprunter les routes de la capitale, pourtant plus dangereuses qu’un passage de bison dans les prairies de l’Ouest sauvage. Et si l’on croise encore des étudiantes en uniforme qui rient sous cape chaque fois qu’elles croisent un occidental, nul doute que tout ceci ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir. »

  11. Anna Galore Post author

    Je profite de ce nouvel épisode (captivant, superbement écrit) pour te demander, Adele, de transmettre à nouveau à ton mari tous mes remerciements les plus sincères pour le témoignage exceptionnel qu’il nous offre ici.

  12. anti Post author

    « les routes de la capitale, pourtant plus dangereuses qu’un passage de bison dans les prairies de l’Ouest sauvage. »

    J’adore sa manière de décrire la vie à MariChéri !!!

    Chouette ! Chouette ! Chouette !

    anti

  13. boudufle Post author

    c’est comme shanghaî…les échaffaudages de bambou , les ouvriers qui portent des charges comme des ânes battés, des vélos qui sont à ne plus pouvoir avancer mais qui y vont quand même, hors centre ville, les ruelles avec des odeurs fétides, cette moiteur chaude qui colle à la peau, et les hôtels de luxe qui pour les étrangers sont à la fois boite de nuit, et luxe criard, les enseignes qui plus pétantes te font croire à un las végas de pacotille…et le vieux chinois dans une échope de deux mètres carrés qui va te réparer une semelle de botte avec une chambre à air de camion, en deux trois mouvements, et qui dort juste au dessus de cette cage, un duplex de fortune dans une ruelle de misère…c’est la chine.

    Super de lire la vision de marichéri, rien ne bouge, mais tout pour le faire croire..le mauvais goût absolu est encore et restera de mise..mdr !!

    Le pauvre, je suis de tout coeur avec lui , la chine pas que du bonheur !! et bien vu le  » american standard »…c’est démentiel !!!

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