Mon Éternel Sentier

Il y a 16 ans, le 21 juillet 2010, Anna écrivait une note intitulée Merci Boucau.

Aujourd’hui, j’ai envie de la reprendre, avec ma voix.

C’était aujourd’hui, il y a tout juste dix-neuf ans. J’étais en chemin pour Boucau, dans les Pyrénées-Atlantiques, pour aller faire la fête avec plein d’amis d’un forum de littérature, chez une connaissance commune. Je m’étais invitée à l’arrache, n’en pouvant plus de Paris et des mecs. Tu avais appris ma venue juste avant de t’y rendre, alors que tu rentrais d’un déplacement à Berlin d’où tu m’avais envoyé la photo d’une plaque indiquant « Monbijouplatz » (photo imprimée à l’époque et toujours affichée dans notre chambre) alors que je te racontais mes déboires amoureux (les mecs, tous des cons !!!). Tu m’écrivais :

« Coucou ma douce,

Je suis désolé pour toi, même si pas surpris malheureusement. Je ne peux pas t’écrire facilement, je suis en congrès à Berlin pour la semaine et j’ai une liaison réseau de merde dans mon hôtel. Juste un mot pour te dire que je pense à toi très fort.

Affection, tendresse et tout. Tu es un bijou, tu le seras toujours.»

Mon train arrivait à l’aube à Biarritz et vous m’aviez fait toute une histoire pour que je descende à Bayonne, plus proche. Tu m’attendais sur le quai pour me faire la surprise. Je t’ai sauté dans les bras en te voyant, il faut dire que nous nous connaissions depuis plus d’un an et que nous étions déjà connectés depuis le Big Bang. Ensuite, alors que le jour n’était toujours pas levé, nous avons fait un crochet par la plage parce que je voulais absolument me baigner après ma nuit dans le train depuis Paris dans lequel il faisait une chaleur à crever et dans lequel j’avais sauté direct en sortant du boulot. Nous sommes donc allés à… Biarritz (toujours me faire confiance, mais ça, tu ne le savais pas encore :-))

J’ai d’abord trempé mes pieds, et trouvé l’eau irrésistible. J’ai retiré mes vêtements et j’ai plongé quasi nue dans les vagues, sous la pleine lune, c’était magique et tellement bon ! Quand je suis ressortie de l’eau, tu m’as proposé ta veste pour me couvrir. Quelle délicatesse…

En arrivant chez la personne qui nous accueillait, nous avons pris un café. Tout le monde dormait encore. Le ciel était couvert, il était tôt, le soleil commençait à peine à se lever. J’ai passé des heures à pourrir la gent masculine et tu m’as écoutée avec attention et désolation. Puis, j’ai eu envie de dormir un peu (tu m’étonnes, il était huit heures du mat, j’étais naze !) Tu m’as proposé ton lit pour que je puisse me reposer. Tu es monté me montrer où il se situait et… tu es reparti !!! Quel con !!! Alors, je t’ai demandé : Câlin ?  Tu as fait demi-tour et est venu me rejoindre. L’orage s’est déchaîné dans le ciel et nous avons fait corps avec l’Univers tout entier.

Quand je suis rentrée à Paris, directement au boulot avec ma valise, et je me souviens qu’un de mes collègues m’a dit en me voyant : « Toi, on n’a pas besoin de te demander si tu as passé un bon week’end, tu rayonnes ! »

Peu de temps après, j’ai « reçu » ce poème en pensant à toi, comme un instantané, alors que j’attendais le métro. J’ai vite attrapé un papier et un crayon tellement les mots coulaient, limpides, comme l’Amour auquel nous sommes connectés depuis tout ce temps :

Éternel Amoureux Errant
Je suis porteur d’Amour
De tant d’amour
Qu’il en devient fardeau.

Je suis las, je suis lourd, de trop d’amour.
Où es-tu ma Promise ?

Je suis la Terre. Je suis là. En moi ta semence devient parole d’espérance.
Écoute mon secret murmure, caresse des champs de blé, résonner aux quatre vents
Rien ne meurt, Tout est vivant…
Rien ne meurt, Tout est vivant…

Rien ne meurt… Tout demeure…

Où es-tu, toi, le foyer que j’ai toujours cherché ?

Je suis la Fleur. Je suis là. Je suis la Fleur qui donne le fruit, qui donne l’arbre, qui donne la fleur, qui donne le fruit… Je suis ton infini.
Je suis l’Eau. Je suis l’eau et son phare. Espace Infini. Creuset récepteur.
Dépose en ce lieu, dépose en ce lien, l’amour qui est le tien.
Il ne demande qu’à s’épandre.
L’Étendue que je t’offre est unique déclaration.
Je t’aime, je te reçois.
Ton Amour me féconde.
Ici l’Amour dépose, repose, explose.
Joie suprême.
L’Univers pleure des étoiles de bonheur.
Répand la lumière. Ce qui est épars se rassemble. Vois !

Tu es si belle…

Je suis Cybèle.
Je suis Matri Magnae.
Je suis toi. Nous ne formons qu’un.
Je suis ton opposé. Nous ne formons qu’un.
Je suis la Vie. Je suis l’Amour.

Tu es partout… Où te rejoindre ?

Je suis de tous les temps, de tous les espaces, de toutes les matières.
Je suis ton chemin.
Ton Éternel Sentier,
Celui que tu foules depuis toujours.
Celui qui t’émeut depuis toujours.
Empli de ta présence
Oupouaout à nos côtés.

Alex Bocat

Je t’aime.

Anti, toujours ravie de s’être incrustée dans ta Vie.

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