Alors, on ne va pas se mentir, c’est la merde. La grosse merde, très bien exprimée dans ce discours de la députée Anne Stambach-Terrenoir :
Ici, cela fait quasiment un mois que nous vivons sous plus de 35 degrés sous abri, avec des pointes régulières à plus de 40°. Les incendies font rage, la faune et la flore se meurent… Mais, mais, mais… chacun d’entre nous peut agir. Si, si. Solutions locales pour un désordre global, on n’oublie pas, même si cela date de 2010, les avancées ne se mesurent pas à l’échelle d’une vie humaine (ne jamais, JAMAIS, oublier cela – Merci Liliane).
Pas plus tard que le week-end dernier, avec Grazou, ce sont deux martinets qui ont été pris en charge avec notre concours, car nous sommes, SOMMES tous, maillons de cette Chaîne de Vie (et non pas Chienne de vie. La Vie est. POINT. À nous de nous fondre dedans).

Martin – Acte 1
Nous sortons du concert de Ludivico Einaudi. Nous allons boire un verre dans un café avec Ilona et des amis à elle. Là, yap – yap – yap, ma Grazou – Team courgette, m’alpague :
- Hum… Hum… Dis Anti, regarde, je crois que c’est pour nous…
De fait… Il est plus de minuit et deux adorables jeunes gens se promènent avec un carton percé de trous. Tu vois venir le truc à 10 km… Les p’tits chéris ont trouvé un martinet en errance non loin de chez eux, et l’ont ramassé. Maillon 1. On discute, et ils nous le confient. Maillon 2. Le lendemain, je trouve un premier contact pour le prendre en charge – Maillon 3 – , car, compte tenu de la situation actuelle, les centres de protections de la faune sauvage sont tous blindés et ferment leurs portes les uns après les autres… Avec ma Courgette préférée, nous partons à Uzès, à 30 km de Nîmes. Las… La dame est déjà blindée d’oiseaux en péril, nous rentrons avec Martin… On trouvera bien une solution, non de Diou d’bon Diou ! T-shirts, jardin, chats, zozio ! Pause. Réfléchir (avec la chaleur, les émotions, la fatigue, ce n’est pas si simple). La base – Maillon 4 – : Marie-Pierre, fondatrice de l’hôpital de la faune sauvage. Je sais qu’elle est blindée et qu’elle ne pourra pas recevoir Martin, mais elle aura peut-être, sûrement (je veux que les fées existent, j’y crois, j’y crois) une piste.
« Nourrir, nourrir, nourrir et recommencer les essais. »
Ben oui ma chérie, mais bon… c’est pas si simple. Les pigeons, les chouettes, les becs durs, je sais faire, mais les becs mous… les boules ! Bon…. Bon sang… 24 h de jeune, en période de stress, ce n’est pas grave, on verra demain. Agir en stress n’est pas sage.
Je ne vous cache pas, que là, je viens de perdre deux chats d’amour et un bébé pigeon (ah, oui, ça aussi faut que j’vous raconte, ou pas, trop triste), plus Anna pas là, plus le bordel du dégât des eaux, donc, je ne suis pas au top de ma forme. Ok ?!…
Le lendemain, fraîches comme rien du tout, on se refait les recommandations de Marie-Pierre, les recettes à pioupious, les vidéos et hop ! On part au supermarché chercher de la viande hachée. À force de confiance et de volonté, j’arrive tant bien que mal à donner à manger à Martin avec l’aide précieuse de Grazou, l’amie de la Vie. Mais force est de reconnaître que je galère sévère et que je manque d’énergie entre Anna, les chats et le nouveau dégât des eaux de la maison (sinon c’est pas drôle, oui je me répète, mais c’est lourd). Martin est vif (bonne chose), mais le maintenir sans lui écraser les côtes, sans lui abîmer les ailes et l’empêcher de respirer n’est pas une mince affaire. Tout est question d’équilibre… La merde ! ou la méditation +++

Marie-Pierre m’a communiqué un contact de la dernière chance… Je tente. La dame est adorable et peut recevoir Martin. Quel soulagement !!! Elle n’est pas dispo l’après-midi, on lui apportera le soir.
Ensuite, nous allons rendre visite à Anna, puis nous rentrons. Avant de repartir, on s’octroie une petite pause et là, l’erreur… je surfe sur les réseaux… et bien sûr, la situation étant ce qu’elle est, je tombe sur une publication urgente concernant un bébé martinet… Que faire ? Oui ? Non ? Ben… en même temps, j’ai une soluce… Allez ! Go ! « Si vous me répondez dans les 15 minutes, je peux le prendre, après je pars confier Martin à une personne qui saura en prendre soin. » C’est ainsi que nous avons rencontré une charmante jeune fille devant la Poste avec une boîte, avec des trous… Maillon 5… Et que nous sommes reparties avec nos deux martinets vers le lieu de sauvetage… D. est adorable. Déjà, elle leur parlait… Love… Nous les lui avons confiés et sommes reparties soulagées…. Tu m’étonnes que la Team Courgette était HS…
N’empêche… ok c’est la merde. Ok, il y a de la souffrance… Mais… ok, on peut agir. Chacun à notre niveau et c’est déjà ENORME, ne l’oublions JAMAIS et ne FAIBLISSONS JAMAIS.
Et pour reprendre la citation de Hölderlin, citée par Aurélien Barrau dans sa magnifique intervention (à écouter si vous en avez la force, parce que le petit Aurélien a les mots, et c’est killer) :

Bon, on ne va pas se quitter comme ça. J’ai envie de terminer par ce morceau de Tryo, mille fois entendu certes, mais l’avez-vous seulement écouté une fois ? J’ai la chance d’avoir passé une belle soirée l’été dernier avec les d’jeuns qui la chantaient et sincèrement, dans leurs bouches, elle a pris tout son sens. Et Grazou était là (penser à vous présenter Grazou un de ces jours lol).
Je te dédicace ce poème
En espérant qu’au fond de tes yeux ternes
Tu puisses y voir un petit brin d’herbe
Il est grand temps de faire une pause
De troquer cette vie morose
Contre le parfum d’une roseC’est l’hymne de nos campagnes
De nos rivières, de nos montagnes
De la vie man, du monde animal
Crie-le bien fort, use tes cordes vocales!Pas de boulot, pas de diplômes…
Partout la même odeur de zone
Va vite faire quelque chose de tes mains
Ne te retourne pas ici tu n’as rien
Et sois le premier à chanter ce refrainC’est l’hymne de nos campagnes
De nos rivières, de nos montagnes
De la vie man, du monde animal
Crie-le bien fort, use tes cordes vocales !Assieds-toi près d’une rivière
Écoute le coulis de l’eau sur la terre
Dis-toi qu’au bout, hé ! il y a la mer
Et que ça, ça n’a rien d’éphémère
Tu comprendras alors que tu n’es rien
Comme celui avant toi, comme celui qui vient
Te servira à vivre jusqu’à demain matin !
C’est l’hymne de nos campagnes
De nos rivières, de nos montagnes
De la vie man, du monde animal
Crie-le bien fort, use tes cordes vocales !
Chanter cette chanson avec ses enfants… ça n’a pas de prix
Assieds-toi près d’un vieux chêne
Et compare le à la race humaine
L’oxygène et l’ombre qu’il t’amène
Mérite-t-il les coups de hache qui le saignent ?
Lève la tête, regarde ces feuilles
Tu verras peut-être un écureuil
Qui te regarde de tout son orgueil
De nos rivières, de nos montagnes
De la vie man, du monde animal
Crie-le bien fort, use tes cordes vocales ! Hey !
Crie-le bien fort, use tes cordes vocales.Peut-être que je parle pour ne rien dire
Que quand tu m’écoutes tu as envie de rire
Mais si le béton est ton avenir
Dis-toi que c’est la forêt qui fait que tu respires
J’aimerais pour tous les animaux
Que tu captes le message de mes mots
Car un lopin de terre, une tige de roseau
Servira à la croissance de tes marmots !
Servira à la croissance de tes marmots !
De nos rivières, de nos montagnes
De la vie man, du monde animal
Crie-le bien fort, use tes cordes vocales !C’est l’hymne de nos campagnes
De nos rivières, de nos montagnes
De la vie man, du monde animal
Crie-le bien fort, use tes cordes vocales !
Hey !
Très belle journée à toutes et à tous, car nous sommes le changement que nous voulons voir en ce monde.
Anti
