Commémoration

Il y a exactement cinq ans aujourd’hui, le 7 janvier 2015, vers 11 h 30, deux crétins meurtriers ont surgi dans les locaux de Charlie Hebdo. Tout le monde s’en souvient.

Je viens de terminer la lecture du livre « Le lambeau » de Philippe Lançon. Bouleversant, fascinant, profond, riche, extraordinaire de détails sur les moments qui ont entouré le massacre et des mois d’hôpital qui ont suivi dans le but de lui reconstituer une partie de sa mâchoire pulvérisée, au prix d’innombrables opérations et d’interminables souffrances. Il y a tant à en dire… Je vais me contenter ce matin de l’essentiel : ce livre, il faut le lire absolument, pour ce qu’il décrit autant que pour la façon dont il le fait.

Le livre m’a été offert par Luce, l’une des rares survivantes, qui se trouve être une de nos amies. Dès ma lecture achevée hier, je l’ai appelée pour lui en parler longuement et aussi, bien sûr, du drame en tant que tel. Nous avions réussi à la joindre par téléphone en ce 7 janvier 2015 vers 13 h. Elle nous avait raconté en larmes ce qu’elle venait de vivre et le miracle qui l’avait sauvée, je vous en avais parlé le lendemain, citant en exergue une sourate que les lâches criminels devaient probablement ignorer : « Tu as tué un être innocent qui n’avait jamais tué personne, tu as commis une chose affreuse » (Coran, sourate 18, verset 74) et rappelant cet extrait d’une chronique de Charb: « quel dieu pourrait être si faible qu’il aurait besoin de se faire aider par des hommes pour prendre sa défense et quel croyant pourrait être si prétentieux pour croire qu’il va sauver à lui seul l’honneur de son dieu« Nous avions retrouvé Luce quatre jours plus tard à Paris, le matin précédant l’immense manifestation qui avait envahi les rues de la capitale en mémoire aux victimes.

Hier, elle m’a recommandé de lire aussi le livre écrit par Riss, publié en octobre dernier, « Une minute quarante-neuf secondes« . Il revient sur l’épouvantable tragédie d’une façon, m’a-t-elle dit, totalement différente. Il me tarde de le découvrir.

Aujourd’hui, nous pensons à elle, aux autres survivants et aux familles endeuillées à jamais.

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