Searching for Sugar Man

Sugar Man : Affiche

Sixto Diaz Rodriguez est un auteur-compositeur de pop-folk américain qui a sorti deux albums dans les années 60-70. Malgré un talent indéniable, ses disques « Cold Fact » et « Coming fom reality » (en écoute sur Deezer ici) ne rencontreront pas le succès. Enfin… ça… c’est ce qu’il croit.  En effet, alors qu’il ignore tout de cela (la faute à qui ?) il un de ses titres « Silver Words », devient un succès en Jamïque en 1974. La même année, l’album Cold Fact connaît un succès inattendu dès sa sortie en Afrique du Sud…

Importé depuis les US par une personne inconnue, le disque est très rapidement piraté et diffusé à plusieurs milliers d’exemplaires sur K7 audio et vinyle, en Afrique du Sud mais aussi au  Botswana et en Rhodésie. Sans que Rodriguez ne l’apprenne, Cold Fact devient disque d’or en Afrique du Sud : il ne touche par conséquent aucun droits d’auteurs sur les ventes du disque. Les jeunes de la classe moyenne blanche, sous la présidence de Pieter Willem Botha, trouvent dans les paroles engagées voire provocatrices un écho à leur révolte4 ; l’album est rapidement censuré par le régime et les exemplaires en circulation confisqués.

Sixto Rodriguez (à droite) en concert àSan Francisco, le 29 septembre 2012.

Lorsque les exemplaires de l’édition Sussex sont épuisés, un label australien, Blue Goose Music, rachète les droits de ses deux albums et réalise unecompilation en 1973, At His Best (en). L’album comprend trois titres inédits: Can’t Get AwayStreet Boy, et I’ll Slip Away, un nouvel enregistrement de son premier single.

Les excellents chiffres de ventes du disque font de Rodriguez une célébrité en Australie et en Nouvelle-Zélande. Ayant connaissance de ce succès lointain, Rodriguez part alors en tournée en Australie en 1979, accompagné du Mark Gillespie Band. Deux concerts sont enregistrés et commercialisés – en Australie uniquement – dans un album live intitulé Alive ; le nom étant une allusion aux rumeurs laissant croire que Rodriguez était mort en raison de son absence durant huit années.

En 1981, avec Midnight Oil, il effectue une dernière tournée sur le continent australien. Il disparaît à nouveau à l’issue de ces deux tournées, et finit ses études en obtenant en 1981 sa licence de philosophie, vivant de petits boulots.

Engagé dans la vie de la cité, et soucieux d’améliorer les conditions de vie des habitants de la classe ouvrière, Rodriguez se présente à plusieurs reprises aux élections municipales à Détroit.

Toujours à l’insu de Rodriguez, l’album « At His Best » devient disque de platine dans les années 1980. À la même époque, plusieurs de ses chansons, dont notamment « The Anti-Establishment Blues », deviennent des hymnes pour l’opposition interne à l’apartheid : son œuvre influence de jeunes musiciens engagés. De même, le militant anti-Apartheid Steve Biko était alors connu pour être un inconditionnel de Rodriguez. En 1991, ses albums sont édités pour la première fois en CD, ce qui contribue à accroître encore sa notoriété. Toutefois, sa vie demeure toujours méconnue du public : la rumeur veut que l’artiste se soit immolé par le feu ou suicidé par balle sur scène, dans les années 1970.

Malgré l’immense succès qu’il rencontre en Afrique du Sud, au Botswana et au Zimbabwe, Rodriguez ne perçoit aucun bénéfice financier de la vente de ses disques, dans la mesure où il n’a même pas connaissance de sa célébrité. En 1996, sa fille aînée découvre un site Internet en son honneur réalisé par un disquaire du Cap, Stephen Segerman. Ce dernier invite les internautes à partager tout renseignement au sujet de ce mystérieux Rodriguez que l’on dit mort. Peu après, la fille de Rodriguez contacte Segerman et le met en communication avec son père. Apprenant sa notoriété, il effectue une tournée à guichets fermés de six dates en Afrique du Sud, devant plusieurs milliers de personnes. Un documentaire sur ce retour, intitulé « Dead Men Don’t Tour: Rodriguez in South Africa 1998″, a été diffusé en 2001 sur la télévision publique sud-africaine SABC. L’artiste donne ensuite des concerts en Suède, puis joue à nouveau en Afrique du Sud en 2001 et 2005. En avril 2007 et en 2010, Rodriguez fait son retour en Australie, au festival de la ville de Byron Bay, puis à Melbourne et Sydney. Le 9 mai 2013, l’Université de Wayne State à Détroit lui décerne un doctorat honorifique en lettres et sciences humaines.Les rééditions de Cold Fact en 2008 et de Coming from Reality l’année suivante le sortent de l’anonymat. En 2012, son parcours étonnant fait l’objet d’un documentaire passionnant et remarqué, « Searching for Sugar Man ». (Source Wikipédia)

Sugar Man (Searching for Sugar Man) a été réalisé par le suédois Malik Bendjelloul. Dans ce film, il évoque ce parcours hors du commun. Il a remporté le Prix du public international du Festival de Sundance 2012 ainsi que l’Oscar du meilleur film documentaire en 2013.

Synopsis et détails

En 1969 et en 1972, Sixto Rodriguez enregistre deux albums qui passent totalement inaperçus, renvoyant le sixième enfant d’une famille ouvrière de Detroit à l’anonymat. Mais en Australie et en Nouvelle-Zélande, certaines des chansons de Rodriguez font leur chemin. Nulle part elles ne vont aussi loin qu’en Afrique du Sud, où l’une d’entre elles devient même un hymne de combat contre l’Apartheid. Pendant ce temps, Rodriguez passe une licence de philosophie aux Etats-Unis et travaille sur des chantiers sans savoir qu’il est devenu une véritable légende en Afrique du Sud. Deux fans du Cap décident de partir à la recherche de «Sugar Man»…

Vraiment, ce film est une réussite, un véritable conte de Noël ! Sixto Rodriguez est non seulement talentueux, mais il est aussi touchant, intelligent, tendre… Un film à voir et même à revoir ! D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si ce film a été élu à la 1ère place du  Top 5 2012 des spectateurs sur le site Allociné.

Pour celles et ceux qui ont Canal + : rediffusion le 5 janvier à 22 h 50 et aussi sur Canal+ Cinéma (voir ici)

Sinon, à lire, cet article des Inrocks : Presque quarante ans après sa sortie, on découvre le premier album de l’Américain Rodriguez, prodigieux chaînon manquant entre Dylan et Love et tous les autres là.

Très belle journée à tous,

anti

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