Alès, déni de démocratie – Le CRAC met en œuvre des moyens d’urgence légaux

Des milliers de personnes sont attendues ce weekend à Alès pour les trois manifestations anti-corrida organisées par le CRAC Europe avec le soutien de plus de 200 autres associations regroupées dans le collectif Non à la honte française.

Il ne s’agit pas d’une surprise. L’évènement est prévu depuis un an et a été annoncé officiellement il y a plusieurs mois. Après une courte période de scepticisme railleur, les rires narquois du maire se sont figés au fur et à mesure que les rapports de la DCRI (ex renseignements généraux) annonçaient qu’il y aurait 1000, puis 2000, puis 3000, puis 4000 manifestants et cela sans compter tous ceux qui habitent la région et se déplaceraient à Alès sans avoir à prendre les bus ou réserver d’hébergement sur place.

La prétendue contre-manifestation d’un groupuscule d’aficionados, qui annonce 800 personnes et qui est, au passage, illégale puisque non déposée en préfecture à ce jour, est largement dépassée si tant est qu’elle ne soit pas un simple leurre de plus de la part de ces menteurs compulsifs.

Rejet total des trois itinéraires proposés

La nervosité est montée et les réunions entre Jean-Pierre Garrigues, président du CRAC, et la préfecture sont devenues tendues. Les autorités n’ont accepté ni le point de départ, ni le parcours, ni le point d’arrivée d’aucun des trois itinéraires prévus par le CRAC. Hier, la mairie a franchi un cran de plus dans la crispation en annonçant dans un arrêté que toute manifestation serait interdite dans le secteur de la féria, incluant les arènes bien sûr mais aussi les abords du Gardon, la rivière qui traverse la ville.

Dans  un courrier adressé à Jean-Pierre Garrigues, le Préfet du Gard s’est fait menaçant. Il “met solennellement en garde les organisateurs des manifestations anti-corridas à Alès sur la nécessité absolue de respecter les règles édictées par le maire d’Alès pour préserver la sécurité des participants  et garantir le respect de l’ordre public. […] Un arrêté a été pris par la municipalité d’Alès interdisant tout attroupement et/ou manifestation dans un périmètre incluant les bodegas et les activités de la Féria. Les parcours que vous aviez envisagés passant tous à l’intérieur de ce périmètre interdit, il vous a été proposé trois itinéraires alternatifs.”

Monsieur le Préfet Bousiges a manifestement gardé un très mauvais souvenir du lynchage de Rodilhan. A l’époque, la Belgique avait adressée une plainte officielle à la France pour les sévices infligés à ses ressortissants matraqués dans l’arène sans que les forces de l’ordre ne bougent le petit doigt pour s’interposer. Monsieur Bousiges s’était alors vertement fait remonter les bretelles par Nicolas Sarkozy en personne. Pour Alès, il a entériné non pas un mais deux arrêtés municipaux : un pour la zone des bodegas, un pour la zone des arènes, y compris de l’autre côté du Gardon qui n’est pourtant pas un ruisseau qu’on peut traverser d’un bond (il y a 100 mètres d’une berge à l’autre). Est-ce que le Maire et le Préfet redoutent que nous alignions des snipers sur l’autre rive ? Que nous tirions des missiles depuis les hauteurs ?

Itinéraires alternatifs en zone urbaine déserte, une dangereuse provocation

Et ces « itinéraires alternatifs », quels sont-ils ? Des trajets à l’extérieur du centre se terminant loin, très loin des arènes. Il s’agit d’une dangereuse provocation. De toute évidence, les manifestants les plus déterminés risquent de devenir incontrôlables, surtout une fois que la manifestation de samedi après-midi se terminera avec un effet nul, puisqu’elle aura eu lieu dans des parties de la ville quasiment désertes. Certains vont venir de très loin, y compris de pays limitrophes à la France, et leur frustration sera d’autant plus grande.

Ce déni de démocratie est donc totalement irresponsable. En croyant protéger sa ville, le maire la met en danger grave et le préfet le couvre en dépit du bon sens. Car, rappelons-le si cela peut être utile, manifester est un droit dans notre pays et, concernant le cas spécifique des manifestations anticorrida, c’est le ministre de l’Intérieur Manuel Valls en personne, pourtant procorrida passionné, qui a affirmé publiquement que rien n’interdisait de tenir de telles actions aux abords directs d’arènes.

Que cherchent donc les autorités ? Des scènes d’insurrection citoyennes ? Quand les élus, seuls responsables in fine de cette situation, entendront-ils les revendications légitimes de l’immense majorité des citoyens opposés à la barbarie des arènes ?

Le CRAC met en œuvre tous les moyens légaux d’urgence à sa disposition pour faire annuler ces arrêtés municipaux antidémocratiques. La bataille continue. Jusqu’au bout !

Monsieur le Préfet, vous en avez le pouvoir : autorisez les parcours demandés, c’est le gage le plus sûr d’un évènement qui se déroulera en toute sécurité et sans violence. Ce qui est, très exactement, votre mission.

EDIT 9 mai 2013 – la suite ici :

L’appel de Jean-Pierre Garrigues après la décision du Tribunal : Alès, on ne lâche rien !

22 Replies to “Alès, déni de démocratie – Le CRAC met en œuvre des moyens d’urgence légaux”

  1. Valentine

    Je suis sidérée à la lecture de cette note! Des droits d’expression bafoués, le symbole de la liberté piétiné! La peur des autorités ne présage rien de bon. J’espère de tout cœur que les manifestations resteront pacifiques. On marche sur la tête.

  2. anegas

    on est dans un pays démocrate le droit d’expression doit -être toléré n’en déplaisse à certain de plus c’est une manisfestation pacifique pour défendre la vie des animaux que la barbarie cesse. Comment peut-on interdire sous pretexte que cette barbarie génère de l’argent par le sang et la torture c’est une HONTE!!!!!!!!!!!!!Monsieur GARRIGUES A LE RESPECT DES ANIMAUX AVEC NOTRE SOUTIEN

  3. delaplanche

    Ce qui les arrangerait bien c’est que les manifestants anti corrida se sentant rejetés , deviennent incontrolables et se repandent dans la ville , ca leur donnerait une excellente raison pour oser beugler qu’ils ne sont qu’une bande de sauvages qui ne respectent pas la loi et que les gentils c’est de ce fait les afficionnados qui sont la pour s’amuser calmement en pratiquant leur  » art « 

  4. Mi

    Le moindre débordement risque d’être amplifié pour décrédibiliser la manifestation. Les autorités et le petit ministre de l’intérieur cherchent certainement à marginaliser les anti-corrida en salissant l’image de ce mouvement ! Attention donc !

  5. Alain Deprince

    Ce spectacle stupide et cruel de combat entre l’homme et l’animal, tous les organisateurs ainsi que ceux qui le cautionnent devront tôt ou tard l’abandonner et lâcher prise, car de plus en plus de gens DE BON SENS se rendent compte aujourd’hui de cette grave erreur de vouloir perpétuer les vieilles habitudes qui polluent et enveniment les rapports humains . Je ne suis pas étonné de ce qu’il se passe, au fond c’est le reflet d’une société qui en a ras le bol qu’on lui fasse avaler des couleuvres ; que ce soit ici ou là, tout s’impose à nous EN FORME DE CONFLIT, pour bâtir un autre monde, un monde où on ne peut pas rester devant l’avenir sans faire le premier pas, sans devenir véritablement vivant.

  6. anthracite41

    Cet article nous démontre au moins une chose : la peur a changé de camp et que cela prouve que nous sommes dans le bons sens et que tôt ou tard nous arriverons à abolir cette saloperie en France…..

  7. Anna Galore Post author

    Max Roustan, maire d’Alès, toujours aussi classe, vient de traiter publiquement Jean-Pierre Garrigues, président du CRAC, de « branleur » lors d’un discours repris par le Midi Libre.

    Ça sent la panique…

  8. jacqueline

    alors il ne fera rien pour nous ce maire s’il ose insulter en public, c’est qu’il ne craint rien. Un procès pour injure serait de mise peut-être .

  9. Social

    Soyez imaginatifs et prenez garde aux provocs mes Ami(e)s, servez vous des médias pour dénoncer cette censure.
    Bon courage
    Las

  10. L. Gérard Vallet

    Attention aux débordements! Les CRS seront sans doute là avec mission d’empêcher les manifestants d’approcher des arènes. Gardez votre sang froid et ne cédez pas aux éventuelles provocations. Utilisez au maximum les médias pour dénoncer l’attitude des autorités et rappeler que l’abolition de la corrida est le souhait d’une grande majorité de nos concitoyens!

  11. lulubozo

    Je suis écoeuré par le comportement et les propos de notre maire Max Roustan pour ne pas le nommer. Pourtant c’est un bon maire, je suis obligé de le reconnaitre, qui fait beaucoup pour notre ville mais alors là affreux!!!!!Il ne se rend même pas compte qu’il est manipulé par une minorité, bien tranquille à l’abri et qui le laisse seul monter en première ligne pour une cause perdu d’avance.
    Je n’avais jamais vu à ce jour quelqu’un traiter son adversaire de  » branleur  » et de donner son adresse en espérant peut-être secrêtement une intervention des pour sur son domicile .
    Cela s’appelle une invitation à la haine. S’il y a des débordements, il sera seul responsable.
    Je suis Cévenol autant que lui pour ne pas dire plus et je suis contre la corrida comme la majorité des Alésiens.
    Mais pourquoi ne fait-il pas un sondage auprés de sa population sur les corridas avec mise à mort et tout rentrera dans l’ordre.
    Maxou il est encore temps de te ressaisir et de continuer ton action pour notre belle ville qui a bien besoin d’homme comme toi..

  12. Anna Galore Post author

    « Je n’avais jamais vu à ce jour quelqu’un traiter son adversaire de » branleur » »

    Pour avoir assisté à plusieurs conseils municipaux à Alès, je peux vous dire que c’est loin d’être une exception chez lui !

    « Mais pourquoi ne fait-il pas un sondage auprés de sa population sur les corridas avec mise à mort et tout rentrera dans l’ordre. »

    Le sondage a été fait l’an dernier. Résultat : 55% des Alésiens sont pour la suppression des corridas (et 40% pour le maintien). Mais ce n’est sans doute pas ce que M. Roustan avait envie de savoir.

  13. poupette

    Ce n’est le premier déni de démocratie que nous devons affronter! l’Insciption de la corrida en est l’exemple le pls criant :déni de démocratie doublé d’un conflit d’intérêt puisque chacun sait que philippeBellaval était à la fois président de la commission chargée de l’inscription et co-présidentfondateur de l’observatoire des cultures taurines…..;On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même , n’est-ce pas???
    Autre sujet de révolte: les pressions imposés au conseil constitutionnel par le Premir ministre et le ministre de l’Intérieur, qui sortant de son devoir de réserve( ou d’impartialité?)affirmait nous avons le pouvoir de les faire plier….
    Je pense que sur ce sujet, comme sur beaucoup d’autres, nos dirigeants oublient trop souvent qu’en France c’est Le Peuple qui devrait avoir le pouvoir….
    A force de provocations sur ces sujets de société,ce peuple finira bien par se mettre vraiment en colère!!!!!

  14. Alystelle

    On n’est pas sortis de l’auberge !!!!!
    Quand au comportement de Roustan, il n’est qu’habituel en effet !
    nb : mdr les arrêtés non signés ;-)))))))))))
    Bise, @ samedi 😉

  15. Mario BACM

    Je ne vois que du bon dans toutes ces gesticulations tardives. Il fut un temps où nous étions méprisés, raillés et ignorés. Ce temps est maintenant révolu, les responsables du camp de la torture prennent des décisions improvisées dans la panique, preuve qu’ils nous craignent. Malgré les essais pour plomber nos 3 manifs (inutile de rappeler les coups bas venant d’AAC, alliance anti-corrida en clair), nous serons nombreux à Alès et ils le savent aussi bien que nous. Leur tentative de nous marginaliser en nous interdisant les 3 itinéraires proposés, montre bien leur affolement.
    Attendons sereinement la décision du juge des référés qui, si elle nous est favorable, sera un grand coup de bambou derrière la tête de la mafia alésienne et du préfet Bousiges. Dernier mot, ce préfet ferait bien de se faire oublier avant la tenue du procès de Rodilhan, il se pourrait qu’il soit mis en cause pour incompétence de gestion..

  16. Anna Galore Post author

    Comme vous le savez probablement si vous suivez ça sur internet, la juge a rejeté notre demande. Les circuits autorisés sont donc ceux imposés par la mairie.

    Gare aux intox qui circulent déjà ! TOUT EST MAINTENU, ON NE LÂCHE RIEN ! Le point de départ des manifs reste celui annoncé : le parc du Bosquet, près de la mairie.

    Plus d’infos dès que possible…

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