Présence du chamanisme, nouveau courrier du 6 au 18 juillet 2012

lhommemedecinedessioux.jpgVoici un courrier pour prendre la mesure de l’énergie d’adaptation nécessaire à la fin de la période d’été dans laquelle nous entrons. Le « temps vautour », 24 juin-12 juillet, 4e période de l’été, s’achève peu à peu. Avec lui, on est confronté à l’excès de feu qui nous fait brûler nos vaisseaux, tel Cortès, le conquistador qui interdit ainsi toute retraite à ses soldats. On au contraire à retarder le moment de donner, d’offrir, de partager.

Nous allons entrer dans la saison lapin dans quelques jours. Un courrier vous sera adressé à ce sujet pendant que commencera la Quête de vision. Pour ceux qui ne peuvent la vivre, un très beau livre « Sagesse et pouvoir » de Fools Crow ou encore à son propos « L’homme médecine des sioux ».

Une réédition nécessaire de « Les cartes médecine » de J.Sams et D.Carson est disponible. Apprendre à se servir de ces cartes pour déchiffrer comment modifier sa vie est fort utile… On y trouve résumés nombre d’enseignements issus de diverses ethnies amérindiennes. Son utilisation que je pratique depuis de nombreuses années est riche d’enseignements.

La treizaine Vent 6 au 18 juillet 2012

Du 6 au 18 juillet 2012, c’est le Vent qui va nous aider à bien vivre la saison. Il terminera le 4e temps de l’été, à savoir le Vautour (24 juin au 11 juillet) et poursuivra son aide sur le 5e et dernier temps de l’été le Lapin (12 au 31 juillet).

Pour rappel la treizaine décrit comment les humains peuvent au mieux s’adapter à cette force qui est là, et qu’on le veuille ou non se trouve être celle des deux derniers temps de l’été. Sud, Sud,…, chaud, chaud…., excès, excès….

Dans le calendrier des saisons du Mexique ancien, le Vent est le dernier temps de l’hiver, il en est à la fois le sud et donc l’été. Il en représente son excès.

C’est dire que se présentant sur les temps Vautour et surtout Lapin (sud de l’été), c’est une treizaine qui va chambouler. Le Vent arrive sans crier gare, du fin fond des temps, inversant sa direction pour des causes inaccessibles aux humains, voire au gré de son humeur, s’il en a une…

Soyons vigilants, car il peut accélérer nos intentions, nos gestes, nos décisions, nous faisant perdre nos repères, nous faisant agir sans réflexion.

Il est comme un gouffre où l’on s’enfonce en tourbillonnant. Difficile de trouver un équilibre devant une telle force de déstabilisation. Face cachée de Quetzalcoatl, dieu des fondations et de la culture, le Vent demande une grande discipline et maîtrise de soi. Même s’il est incontrôlable et peut facilement faire repartir des feux qui couvent (attention nous sommes en été, saison du feu ), le Vent exhorte toujours à bouger et faire bouger. Au sein de lui-même se trouvent deux forces contradictoires, mais aussi complémentaires.

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Roussillon juillet 2010

Devant tout ce mouvement, il nous guide et nous incite à faire un avec la nature en épousant le moindre de ses mouvements. Il nous aide à tisser les mailles d’une toile d’araignée, dont les fils entrecroisés partent dans toutes les directions sans s’enchevêtrer. Chaque fil à un but bien déterminé et se prolonge jusqu’à l’aboutissement d’un projet. Il est bon pour nous de prendre du temps pour digérer cet enseignement, identifier les pratiques à effectuer, entrer dans un travail d’écoute…

Il sera difficile de ne pas se laisser entraîner dans le vacarme étourdissant du Vent, car il tourne sans cesse, emplissant les vides d’un tintamarre où l’on peut se sentir prisonnier. En se mettant dans son axe, en prenant un temps de méditation, on vit alors le moment présent sans chercher à savoir qui vient, d’où ça vient, ni ce qui vient, car le Vent n’a ni début ni fin, il passe.

Profitons alors de sa troublante magie pour saisir la brise de l’instant, capter ce qui caresse les feuilles, faire attention pour écouter le murmure qui transporte les paroles de guérison. C’est le vide, succédant au tintamarre… Il permet de capter ce qui nous entoure. C’est très fin, presque silencieux, ça demande beaucoup d’écoute, mais cela vaut la peine de s’y plonger.

Son pouvoir de transformation et de créativité nous entraîne dans des apprentissages et à la rencontre de nouveautés. Les murmures alors s’intensifient, deviennent plus présents et plus reconnaissables. Attention à ne pas se laisser envoûter par tout ce qu’il transporte, et à ne pas se tromper en voyant les apparences que prennent les choses ou les événements. Il permet des guérisons (il est apparenté au souffle des dieux), mais il peut aussi empirer des désordres.

À nous de faire preuve d’une grande discipline pour garder nos bases solides, les fils qu’il nous tend doivent être entrecroisés avec précaution, régularité et solidité. Il est alors celui qui nettoie, lève les stagnations, chamboule ce qui doit l’être, refaçonne ce qui ne correspond plus à rien. Nous n’agissons pas seuls, nous sommes deux.

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Roussillon juillet 2010

Lorsque la chaleur devient intenable (c’est le sud de l’hiver et il est là en saison sud de l’été !!!), que le Vent devient très chaud, que les particules volent dans l’univers, alors quelque chose trouble la vision du réel. Toutes ces particules en suspension cachent l’horizon (souvent le Vent est représenté sous les traits d’un Singe qui s’applique à nous montrer l’envers de la réalité). En mettant de la lumière, chaque particule nous dévoile une image de « l’autre côté ». À nous de tout remettre à l’endroit… en restant sur nos gardes quant à l’effet « mirage ».

Hé oui, la treizaine Vent ne sera pas de tout repos, surtout pour ceux qui la prendront à l’envers ! Servons-nous de sa magie pour ne pas tomber dans la dispersion et agrandir les failles. Discipline, toujours discipline, pour rassembler, arriver à ce que le bruit deviennent un son régulier et agréable, à faire en sorte que tout le superflu disparaisse comme par enchantement. Il est notre guide et pénètre l’impénétrable, c’est sans résistance que l’on peut arriver à construire.

Il fait bouger autour de nous et en nous. Il va et vient et nous oblige à le suivre pour découvrir ce qu’il met au jour. Grâce à lui un bout de voile se lève, car il est au-dessus de tout et connaît tout. Lui seul est sans limites pour se déplacer. Au pire, pour lui, il doit contourner.

Faisons attention à ne pas sombrer dans la folie, car il peut tourmenter les êtres et la nature, alimentant ou faisant monter un feu déjà bien présent en cette saison. Lié au Foie, il amène colère, migraines, déstabilise l’esprit qui soudain n’a plus de « logis » et alors la folie s’installe. Veillant à cela et ne s’opposant pas à son mouvement, il nous enseigne le détachement et la remise en cause de nos croyances.

Avec stabilité et discipline, nous pouvons enfin trouver ce que le Vent nous montre dans l’invisible, et rendre limpide ce que nous pensions le plus caché en nous. Tout à coup les énergies se reforment, reprennent place, on construit ses repères, ses protections.

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Roussillon juillet 2010

Sa magie est bien là, prenant la forme d’une véritable boule d’énergie, il nous aide pour un saut dans l’inconnu,(évidemment, on évite toute plainte ou tout ressassement, car alors le Vent rapporte ce qui devait être éliminé comme ces feuilles mortes qui s’entassent parfois devant la porte… difficile alors de se débarrasser de ce qui encombre).

Treizaine mouvementée, pleine de créativité et de fécondité potentielle, et qui, bien vécue, aidera au nettoyage avant le premier temps de l’automne (1er août -18 août), temps où l’on engrange pour l’hiver (pas question d’y mettre les déchets et le superflu).

Francine Rousseau et Jean Gabriel Foucaud.

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2 Replies to “Présence du chamanisme, nouveau courrier du 6 au 18 juillet 2012”

  1. Anna Galore

    « Le Vent arrive sans crier gare »

    « Il fait bouger autour de nous et en nous. Il va et vient et nous oblige à le suivre pour découvrir ce qu’il met au jour. Grâce à lui un bout de voile se lève, car il est au-dessus de tout et connaît tout. Lui seul est sans limites pour se déplacer. Au pire, pour lui, il doit contourner.  »

    En effet… Voilà qui est parfaitement dit et qui, comme à chaque fois depuis que ces chroniques passionnantes sont en ligne ici, colle avec mon quotidien et l’éclaire. Le calendrier des saisons du Mexique ancien pourrait permettre d’écrire un très beau livre de management (entre autres applications).

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