Hammarby Sjöstad

Dans le TGV magazine du mois d’octobre 2009, je viens de lire un excellent article sur la Suède intitulé « Suède, l’énergétique à la limite du prophétique ». Malheureusement, on ne le trouve pas sur le net.

Vraiment, j’aime la politique de ce pays ! Après « Architecture et écologie : le modèle suédois« , voici un article sur l’un des quartier de Stockolm, le Hammarby Sjöstad qui se veut être un modèle au niveau environnemental.

Connaissez-vous Hammarby Sjöstad ?

Le quartier de Bedzed dans le sud de Londres ou encore les expériences mises en place dans la ville de Fribourg en Allemagne sont assez connus maintenant et c’est une bonne base pour tous les projets futurs d’urbanisme. Mais connaissez vous le projet de Hammarby Sjöstad, à Stockholm ?

Hammarby Sjöstad raconté par ses habitants (vidéo réalisée par Benoît Derrier) : (A VOIR ABSOLUMENT !)

Au milieu des années 90, la ville de Stockholm a souhaité que le quartier d’Hammarby soit un modèle au niveau environnemental et a, par conséquent, imposé des normes très strictes dans ce domaine. L’objectif global était de construire un éco-quartier dont l’impact sur l’environnement serait de 50% inférieur à celui des aires d’habitation construites au début des années 90.

Six objectifs environnementaux ont été « imposés » pour la construction (ou plus exactement réhabilitation de cette ancienne zone portuaire et industrielle) :

1. Décontamination des sols et réhabilitation des terrains en secteurs résidentiels attractifs avec parcs et espaces verts.
2. Utilisation des sols déjà construits.
3. Matériaux de construction sains.
4. Transports en commun : un service de bus, bateau-bus et trains permettant aux habitants d’atteindre le centre de Stockholm.
5. Plafonnement du bruit à 45 dB.
6. Optimisation des services d’energie, d’eau et des déchets

L’énergie consommée par les habitants provient essentiellement de sources renouvelables : soleil, eau et vent.

Les bâtiments ont été conçus dans un souci d’efficacité énergétique et nombreux sont ceux disposant de panneaux solaires sur le toit. Le réseau urbain de chaleur et de froid est alimenté par une centrale thermique utilisant du biofuel et l’eau purifiée issue de la station de traitement des eaux usées d’Henriksdal.

Les déchets sont triés par les habitants, lesquels les déposent dans différents conteneurs intégrés dans le paysage. Ils sont ensuite aspirés au point de dépôt par un système pneumatique d’évacuation souterraine (technologie suédoise ENVAC) et acheminés selon leur nature vers le point de traitement adapté.

Les eaux usées sont traitées dans une station de traitement située à proximité : le traitement produit du biogaz qui sert actuellement à alimenter les gazinières domestiques mais qui devrait à l’avenir uniquement servir à alimenter les bus de la ville de Stockholm. Les eaux usées font l’objet d’une séparation : en effet, les eaux des rues sont chargées en particules nocives provenant des véhicules, lesquelles anéantissent le potentiel de recyclage des boues en épandage agricole.

Ce système de gestion de l’énergie, des déchets et de l’eau s’appelle le modèle Hammarby.

La ville de Stockholm cherche à impliquer au maximum les habitants de ce quartier, avec un centre d’Information sur l’Environnement, construit lui aussi sur un modèle HQE, et qui expose en plein coeur du quartier, les technologies environnementales appliquées dans le quartier ainsi que les produits à éviter ou au contraire, à privilégier, suivant leur impact sur l’environnement.

Les objectifs fixés initialement sont presque tous atteints, avec une consommation énergétique de 60KWh/m²/an (pour information, l’Ademe , l’Agence de l’environnement et de maîtrise de l’énergie, chiffre le niveau actuel en France entre 160 et 300 KWh/m²/an) , un niveau sonore très faible en ville et dans les habitations et un éco-cycle qui fonctionne correctement. Par contre, pour ce qui est de la diversité des catégories, ce n’est pas très réussi car on se retrouve plutôt avec des personnes aisées qui ont investi dans le quartier pour bénéficier de ce cadre idyllique…

Il n’empêche, voilà un exemple particulièrement positif car en incitant les architectes, urbanistes, ingénieurs, paysagistes et entreprises à travailler ensemble, la ville de Stockholm a permis également de mettre en place des synergies particulièrement intéressantes, aussi bien pour les habitants de ce quartier que pour les entreprises qui ont pu développer de nouvelles techniques, lesquelles leur permettent de gagner des parts de marché dans d’autres pays.

Par Grégoire JACOB ⋅ 25 janvier 2009 ⋅

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anti

3 Replies to “Hammarby Sjöstad”

  1. ramses

    Très belle vidéo pour un projet vraiment réussi. Je retiens l’aspiration souterraine des ordures, qui évitent les camions-poubelles dans les rues, le traitement particulier des eaux de ruissellement des rues, les incitations concrètes à pratiquer le tri sélectif (tant d’arbres sauvés, tant de vélos fabriqués à partir des déchets métalliques, etc…) La seule réserve que je formulerais est que cette vision idyllique est une « vitrine » pour gens aisés, qui n’est pas réplicable pour toutes les couches de la population, même en Suède, compte tenu des coûts induits. Si l’on se place dans le contexte des pays pauvres, le contraste est encore plus flagrant. L’écologie reste une préoccupation de « riches », les « pauvres » ont d’autres priorités, ne serait-ce que de se nourrir au jour le jour…

  2. anti

    Merci à vous de votre passage. Votre blog collectif est vraiment très sympa et merci pour l’indication sur la photo, c’est corrigé 😉

    anti

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