Kogis, le message des derniers hommes.

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Photo Géo Magazine

On vous a souvent parlé du peuple Kogi sur ce blog. Kathy vient de me signaler une information de premier ordre, à savoir, la projection du documentaire (56′) de Eric Julien « Kogis, le message des derniers hommes » le 7 octobre prochain.

Dans le cadre de la manifestation « Alliances en Résonance » organisée conjointement par la Fondation Alliance Française à Paris et l’Alliance Française de Bogota, une soirée sera consacrée à la projection du film « Kogis, le message des derniers hommes « , suivie d’un débat en présence du réalisateur Eric Julien.


extrait du DVD « Kogis : le message des derniers hommes

 » Le message des derniers hommes »
Mercredi 7 octobre à 19h30
Auditorium de la Fondation de l’Alliance Française
101 bd Raspail
75006 PARIS
Tél : 01 53 63 48 27
métro : Saint-Placide ou Notre Dame des Champs

entrée libre

dvd-kogis-message.jpg Kogis : le message des derniers hommes

« En perdant notre territoire, nous perdons notre mémoire… »

Tel est le cri d’alarme des Indiens Kogis, les derniers représentants d’une société précolombienne qui souhaiteraient continuer de vivre en harmonie avec les autres, avec eux-mêmes, avec la nature.

Ce film n’est pas un film sur les Indiens Kogis de Colombie, leurs pensées, leur mode de vie, mais sur la relation frontière qui sépare deux mondes : celui d’une tradition millénaire basée sur une relation intime au vivant et celui de notre modernité toujours plus rapide, plus individualiste.

Un film où l’on découvre que dans la société kogi, la solidarité est une réalité vécue, partagée et dont la finalité est de maintenir l’équilibre. Equilibre de soi avec soi, soi avec les autres, soi avec le monde. Une société qui lutte pied à pied pour ne pas perdre leur mémoire
« car la mémoire » disent-ils « c’est comme les yeux qui ont été faits pour voir, si elle se perd tout devient obscur… »

Tourné à la demande des Kogis sur une période de plus de 15 mois, ce documentaire a pour objectif de porter leur parole et de montrer comment ils font face aux grands paradoxes de notre temps. Des images rares, tournées avec pudeur.

De la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie au musée du Louvre à Paris où trois d’entre eux découvrent un vestige précieux de leurs ancêtres, les Tayronas, ce documentaire nous invite à un itinéraire étonnant, où la tradition de cette communauté questionne notre modernité.

« Un documentaire engagé et beau tout simplement » Télérama
Grand Prix du public et Grand Prix du Jury – Festival Grandeur Nature, Val d’Isère, 2006 (Source Tchendukua

Pour plus de renseignements vous pouvez consulter le site de l’alliance française.

Le film en DVD.

Plus d’extraits sur le site de l’INREES.

Sur le même sujet, à voir aussi sur le blog :

Le Magazine Géo et les Kogis
Tisserand du Soleil
Tchendukua /// Le Peuple Kogis
La montagne ensommeillée, histoire d’une enfance andine, en Colombie, proche des Indiens Kogis, dont on peut lire un extrait ici.
Voyages d’Ici et d’Ailleurs, sur le blog de Adi qui soutient les indiens Kogis par diverses actions.
Le Grand Rassemblement

anti

20 Replies to “Kogis, le message des derniers hommes.”

  1. ramses

    Ce message devrait être diffusé au G20, histoire de les faire réfléchir à autre chose qu’aux bonus…

    Etonnant de constater que ce sont les personnes les moins « informées » par les media, qui ont la meilleure vision de l’avenir…

  2. Kathy Dauthuille

    Que ce cercle (dont une avons une photo prenante) grandisse chaque fois un peu plus.
    Que chacun se sente concerné par leurs paroles, leur sagesse, leur lucidité.
    Que la Mère-Terre reçoive de plus en plus de gestes d’amour et de respect.
    Que nos grands frères soient les bienvenus.

  3. anti

    Merci Kathy pour le lien 😉 Le cercle s’élargit de jour en jour.

    Tu y vas Sapotille ? Ah ! Ah ! Ce sera éventuellement pour toi l’occasion de rencontrer Adi / LeRoy (lien vers son blog en bas de note). Elle y sera aussi 😉

    anti

  4. Kathy Dauthuille

    Et à l’occasion aussi Sapotille, tu rencontreras peut-être Robert-Regor Mougeot qui tient le blog : vivrevouivre.over-blog.com et qui fait partie de l’Association d’Eric Julien : Tchendukua !

  5. sapotille

    Je suis curieuse de faire leur connaissance!!!
    et…

    Je voudrais rencontrer le regard du Mamu que j’ai vu « en rêve » cette fois-ci, en « vrai ».

  6. sapotille

    A quoi bon vous faire une quatrième de couverture »? Un résumé » ? Il y a des livres, des CD et DVD etc..
    Je n’ai rien ici à vous vendre. J’ai juste promis de vous faire partager mon expérience de ce moment. çà ne sera donc pas « objectif » ben que je ne déformerai aucun FAIT. Le reste vous appartient..

    Une Soirée comme cela, çà se prépare.

    O Mitakuyé Oyasin!

    Avant-hier soir j’ai été voir la projection du film d’Éric Julien sur les Kogis.

    Le matin je m’étais réveillée en me disant « Que des foutaises, t’es inutile à ton niveau, tu fais que projeter ton ciné dans ta p’tite tête de malaaade etc. etc. je ne nie pas que ce soit un peu vrai, mais.. après un moment de calme, j’avais retrouvé un peu d’altitude. Ouf.

    Pourquoi ?

    PILE

    La Vie

    Parce que je vois vraiment pas ce que j’en ai à f. des kogis si je ne peux objectivement rien faire pour eux et je ne vois pas pourquoi au lieu de causer tout le temps je ne ferais pas mieux de travailler ici au 21° siècle dans mon now where… etc.. ne serait-ce que pour y survivre dignement Ah ! justement quelle dignité dans ce 21° siècle ? Le tien ou celui du « monde » Quelle dignité ? La tienne ou celle du monde ? Par quels liens tisser honorablement un lien entre toi et le monde ? Refondation ? Nous y sommes. Ouf enfin.

    Aller voir cette projection ? … Tu sais que tu peux très bien te faire tes films toute seule, halluciner des mamus à profusion après avoir lu ou vu de la docu, etc. et puis Paris c’est loin çà fatigue et çà coûte des sous. Reste tranquille…

    FACE :

    La Mort

    Je me calme… je « médite » histoire de savoir si cette vague de préventions tient le choc, ou si.. et pourquoi je vais peut-être voir cette projection :

    Je suis dans l’obscurité j’y suis bien. Très bien. çà duuuuuure… Aucune image, ni impression hormis celle d’une dilatation comme si chaque cellule s’étendait à l’infini. Longtemps. Puis, soudain, et j’en suis surprise, très surprise, des lumières colorées émanent de cette « noirceur ».

    J’en sors en pleine forme et pas du tout inquiète. Juste Très très étonnée.
    Et puis comme je commence à savoir que « çà « agit indépendamment de notre conscience objective, j’ai laissé filer…

    Je « replonge »:
    ..Et me retrouve allongée, corps « déserté » en lévitation portée par les chants d’enfants indiens (!) et après un moment de « travail » je me suis carrément retrouvée DANS une étoile. Aucune idée ni de ce que çà veut dire ni de ce que j’y ai vécu. je me suis dit ENSUITE que « çà voulait dire quelque chose »

    Et j’en fait quoi de tout çà hein?

    Je jette la pièce en l’air … Ni pile ni face..

    A part de me dire que mourir c’est une chose mais qu’il est plus urgent de vivre… et.. ok.

    Tu trouves comme çà que l’introspection et le travail psy à l’occidentale, avec un minimum de regard et de compassion sociologique fait un assez honorable compromis pour éviter d’avoir à bouger un peu ?

    Vaala, ton esprit est content ?

    Maintenant, écoute ton cœur.

    OK, J’Y VAIS !!!

    Je pars avec une grande demie heure de retard.. et arrive pile poil à l’heure. Il est vrai que c’était marqué « risque de vent violent » sur l’autoroute, çà a dû jouer… Bon signe.

    Je trouve une place JUSTE DEVANT l’alliance française, bon signe, et prends une des places, pas le choix y’en a plus d’autres, juste derrière un Indien et sa compagne, si, il y a une place à côté, mais çà impliquerait de leur écraser les pieds…(mauvais karma)…

    L’Indien câline sa compagne, joue avec son portable plus sophistiqué que le mien (parce que le high tech je l’ai donné à ma fille, hein, pas parce que je suis rétrograde..) ce qui me rassure : S’il a appris et utilise la technologie, je peux peut-être apprendre ce qu’il sait et un jour l’utiliser ? Et puis il a au moins le goût de l’amour, c’est donc un humain… je ne suis peut-être pas venue pour rien ?

    Éric Julien ouvre la séance par le survol d’une première page de journal révélant l’état schizo du monde.

    En haut :
    « 70% de la planète va souffrir de sécheresse dûe au réchauffement climatique »

    En bas :
    « Ce qui est bien avec la fonte de la calotte glacière c’est qu’elle va permettre d’accéder à d’importantes ressources énergétiques qu’elle rendra accessible. »

    Je crains le pire. ( me sentir inutiiiile et triste et terrorisée devant l’état pitoyable du monde…) La ventilation se met en route, çà cliquète de partout.. çà fait diversion…

    Il se met à pleuvoir, E. Julien le fait remarquer. Çà me détend un peu peut-être que les autres aussi ?

    Le film. En fait je ne sais où je l’ai déjà vu, ou si j’ai lu le livre qui s’y rapporte, mais je me souviens de quasi chaque parole. Ah oui, c’était un livre. Je me souviens. Au moins çà m’avait intéressée.
    J’arracherai volontiers les yeux de la conservatrice qui thésaurise le sacré, je me « retrouve » assez facilement les mains dans la terre, je suis désemparée devant la recherche éperdue d »hommes sages » qui seraient capables d’aider.. (!) et devant l’hommage d’amitié à Gentile C. que ce film constitue…

    Quand quelqu’un qu’il soit Kogis ou autre te dit : çà c’est essentiel pour moi, c’est ma vie, et je vais la perdre, il faut que je la retrouve, comment ne pas avoir un élan inconditionnel, un désir immense
    d’aider?

    Quand j’entends Mamu Miguel :

    « çà n’est pas un objet, c’est un esprit, et vous l’avez emprisonné »
    je comprend que mon cœur comprend très bien ce que ma « raison culturelle » est censée ne pas comprendre.
    Peut-être aussi en partie, parce que, en tant que personne, c’est une nécessité de libération qui ne nous est pas forcément étrangère…

    Quand j’entends que la sagesse vivante vient par l’expérience et pas l’accumulation,
    quand j’entends que c’est dans l’échange et la circulation que germe la vie, dans l’équilibre et le don…
    Quand j’entends NOUS les Kogis, parce que, la Terre, la connaissance, les idées et les dessins de vêtement et TOUT est collectif … je vois plus clairement.. J’oublie mes peines d’injustice et me dit « çà existe » alors…

    Quand j’entends que le plus grand travail est celui d’introspection (Ils restent 18 ans dans le noir.. à apprendre du dedans selon l’aphorisme bien connu « connais toi toi-même et tu connaîtra l’univers et les dieux » (cité par Eric Julien) et que ce que nous devriions apprendre est celà et.. s’arrêter pour penser, intérioriser,
    changer le regard..
    Quand j’entends -qu’au delà du rachat possible, tangible des terres, mais limité et hasardeux hélas comme toute action en prise directe avec une réalité dont d’autres détiennent les clés de pouvoir-
    Ce qui nous est demandé, c’est d’assumer NOTRE vie de » petit frère »…
    Mon cœur comprend que finalement oui, le travail sur soi est essentiel, MAIS que j’ai bien fait de venir pour partager cet état d’esprit dont je porte un germe …

    Un autre indien se lève, le plus âgé, (Ce ne sont pas des Kogis mais une autre ethnie véhiculant les mêmes valeurs et oeuvrant en synergie avec les Kogis)
    Au moment où il monte sur l’estrade, le tonnerre gronde longuement. çà me réjouit profondément. (Ceux qui connaissent le symbolisme du tonnerre comprendront ;-))!

    Il dose en bon homme de communication la vigilance sur le contenu et la joyeuse apparence, l’humour, genre : on dit que les Kogis parlent des heures pour répondre à une simple question mais ici ce sont les questions qui prennent des heures…

    Au milieu des questions des « spectateurs » dont la réponse est dans le film ou dans le livre, ou si convenues que..bon… des paroles dissociées de leur intention ?

    … siège l’émotion subtile, palpable et totalement différente suivant qu’Il évoque
    la Terre.
    Le coeur.
    Aluna.
    Lien si pur et si précieux entre son et sens..
    Nous t’honorons.
    Lui émetteur, Nous récepteurs.
    Partage. Respect. Transmission.

    Comprendre et honorer ces liens, c’est là le sens de ma venue.. j’espère vous avoir fait partager un peu de mon émerveillement ?

    « On ne naît pas indien on le devient.. »
    Ajoutera en conclusion Eric Julien, citant JM Le Clézio.

    O Mitakuyé Oyasin!

  7. Kathy Dauthuille

    Eh bien sapotille ; que de choses !
    Je vois que tu es passée par des phases complexes, casi initiatiques !
    Les civilisations sont sur les plateaux de balance de la planète et c’est vrai que l’on peut se sentir dérouté.

    Ton émotion passe, vraie, avec tout ce que cela comporte au niveau de la perception : (symboles, détails, phrases, comportements…). Et à te lire, on se trouve avec toi.

    Merci pour ce compte-rendu fourni et surtout authentique, comme on aime les lire !

    PS : que veut dire « O Mitakuyé Oyasin! »

  8. ramses

    Merci, Sapotille, de ce partage.

    J’ai beaucoup aimé cette phase de préparation et d’indécision, que tu décris si bien.

    Toutes nos actions devraient être précédées de cette réflexion.

  9. Le Roy

    Merci , Sapotille !

    Et dire que je devais être sur Paris jusqu’au 8 octobre ! Au lieu de ça j’ai écopé de 20 jours d’hôpital ! Bon, j’espère me reconnecter avec vos univers , vous les voyageurs qui traversez ce blog.
    Ah, les Kogis ! Des êtres merveilleux, profondément spirituels et si attachés à la Mère-Terre ! Oui, merci à toi Sapotille, de nous partager ce petit extrait de grande sagesse.

  10. sapotille

    Merci pour vos mots chaleureux..
    Ram’ « Toutes nos actions devraient être précédées de cette réflexion. »
    ptêt pas toutes toutes quand même … 😉
    Le Roy êtes vous rétabli(e)?
    J’ai fait un tour sur votre blog..Suis adepte de votre Tendresse de l’arbre.
    Je connais bien la Bretagne et vous m’intriguez…
    Anna et Anti O Mitakuye Oyasin ! sous votre aile 😉

  11. ramses

    Sapotille,

    « Toutes nos actions devraient être précédées de cette réflexion. »

    Seules celles impliquant des choix, bien entendu !

    La spontanéité est bien sûre essentielle, sinon nous serions tous des computers à sang froid !

    Plus généralement, c’est toute situation inédite qui demande réflexion (quand elle nous en laisse le temps…). Dans l’urgence, on essaie de bien faire en se fiant à son expérience.

  12. anti

    Un extraits du livre de Éric Julien, « Kogis, le message des derniers hommes ».

    « L’eau filmée d’une rivière peut-elle rafraîchir la main du spectateur ? La douleur enregistrée des Kogis qui sentent la terre se déchirer peut-elle atteindre notre esprit, notres conscience ? Alors que dire des films, des photographies ? Ne deviennent-ils pas des icônes, admiréees et admirables, mais vides de leur sens et de leur force ? Peuvent-ils susciter dans le regard et le coeur du spectateur l’accès aux émotions qui ont permis leur réalisation ? »

    tiré du blog de FrozenQueen qui a relayé un des articles du blog consacrés aux kogis.

    http://frozenqueeen.skyrock.com/

    anti

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