Les petites douleurs

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En ce moment, Anna écrit son neuvième livre. Dans ce nouveau roman, sans rien dévoiler, je peux dire que, entre autre, la question du sexe y tient une certaine place. Du coup, j’ai repensé à ce livre de Valérie Levy « Les petites douleurs » paru au Cherche Midi en 2006.

Une femme « s’illusionne en passant d’un désir à l’autre », comme il est écrit dans « Le Dialogue des courtisanes ». Une brèche est ouverte. Le cœur « se brise ou se bronze ». En précipitant ses aventures sexuelles, décrites avec une précision rare, cette femme veut en découdre avec son corps, son passé, sa judaïté. Elle veut l’amour, elle a peur de l’amour.

Découvert lors du salon du premier roman qui se tenait à Draveil les 18 et 19 novembre 2006, Les petites douleurs a été mon coup de cœur du moment. C’était amusant. En fait, je connais Valérie. Comme moi à l’époque, elle est de Malakoff (pour changer), nos filles étaient copines et prenaient des cours de guitare ensemble. Quand je suis venue à son stand, elle était ennuyée elle qui priait « pour ne rencontrer personne qu’elle connaisse ! ». Pourquoi ? A cause du sujet de son livre qui en a choqué plus d’un.

Valérie Lévy, est une femme d’environ la quarantaine qui évolue dans le milieu artistique parisien. Elle fréquente du beau monde, et elle le fréquente de près, de très près. Dans ce petit roman ou grande nouvelle de 120 pages, l’héroïne dépucelée à 20 ans, use et abuse du sexe pour pallier à ses angoisses.

Les petites douleurs en trois mots : jouissance, égoïsme, culpabilité. En un mot : puissance voire sur-puissance. Sur-puissance de l’angoisse d’être femme, mère, juive, solitaire qui se vautre dans la multitude des amants, dans un étourdissement des sens infini. Puissance de l’écriture impudique et mélodieuse à la fois.

Extrait :

« Le lendemain, dans la chambre de P. , nous sommes tous les trois nus. Je suce P. pendant que E. me prend. Je n’aime pas la queue de P ., elle est trop grosse. P. n’est pas à l’aise, il préfère prendre des photos. Je préfère ; P. mitraille. E. me fait l’amour. Je regarde les photos après. Je m’impressionne. Je ne me reconnais pas. »

Vous avez lu ? Eh bien, cet extrait, ne reflète pas le livre. Ce serait comme un mauvais Polaroïd. En fait de douleurs, il y a les failles de nous tous. Les souvenirs d’enfances, les blessures narcissiques, le mal être dans son corps et l’angoisse de la mort si souvent liée au sexe. Eros et Thanatos. Le couple infernal.

157473911.jpg Un peu plus sur l’auteur (au premier plan).

Corinne Honikman et Valérie Lévy. Productrices.

Après son diplôme de Sciences-Po en 1986 , Valérie Lévy a travaillé en agence de publicité avant d’être l’administratrice de Pierre Santini, puis de Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff pendant 10 ans.

En 2003, Corinne Honikman et Valérie Lévy décident de travailler ensemble, puis créent en 2004 en association avec François Morel, la société Les Productions de l’Explorateur. Depuis 3 ans, deux spectacles ont vu le jour : Collection Particulière et Bien des Choses, ainsi que le CD et le DVD de Collection Particulière (Polydor). Elles ont préparé la production des Diablogues de Dubillard pour l’automne 2007 au Théâtre du Rond-Point avec Jacques Gamblin et François Morel.

Parallèlement, elles ont défendu trois beaux projets dans le Festival Off d’Avignon : Squash avec Benjamin Boyer et Robert Plagnol dans une mise en scène de Patrice Kerbrat, La Divine Miss V. avec Claire Nadeau dans une mise en scène de Jean-Paul Muel et L’Autobus dans une mise en scène de Laurence Renn.

Les petites douleurs ont fait l’objet d’une lecture par Wally Bajeux et Marc Duret à Avignon en 2006.

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3 Replies to “Les petites douleurs”

  1. ramses

    Je suis toujours un peu étonné que l’on puisse étaler au grand jour ses secrets intimes… Pas choqué, étonné que l’on transforme le lecteur en voyeur (je pense à « La vie sexuelle de Catherine M. » ou encore aux romans de Christine Angot). Une sorte de psychothérapie ? Je note que ce sont souvent des femmes qui se livrent ainsi. Elles sont d’ailleurs plus expertes dans la rédaction de textes érotiques que les hommes (je pense à Régine Deforges et Françoise Rey). Par contre, leurs lecteurs sont des hommes, en grande majorité…

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