Sambre

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La Sambre est une rivière sur deux territoires (Belgique et France). Sambre est un astéroïde. Sambre est une météorite dans le monde de la bande dessinée signée Yslaire.

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Résumé :
Nous sommes en 1848, à la veille de la révolution. Hugo Sambre, le patriarche de la famille, s’est suicidé en laissant inachevé un manuscrit retraçant la vie de sa famille, La guerre des yeux. On y apprend comment depuis des générations s’opposent la tribu des yeux ardents à celles des yeux sombres. Lors des obsèques de son père, Bernard Sambre rencontre Julie, une jeune braconnière aux yeux rouges. Le coup foudre réveille la malédiction qui pèse sur la famille. La mère de Bernard est assassinée par Sarah, sa propre fille qui n’hésite pas à accuser Julie… « Malheur à celui qui aimera créature aux yeux rouges, car celui-là pleurera, sa vie durant, des larmes de sang… »

Bloody So en parlait hier sur la note consacrée à Silence comme l’une des BD qui l’a le plus marquée.

Sambre, c’est un véritable drame historique, créé par Yslaire et Balac, dont le premier tome sort en 1986 aux éditions Glénat.

« Je veux une histoire d’amour. C’est mon obsession, une histoire d’amour qui finit mal…
J’ai envie de plonger dans une tragédie qui serait placée dans un cadre historique pour me ramener à cette littérature du XIXe qu’enfant, j’avais découvert dans la bibliothèque de mon père… Mais du Bossu ou des Trois mousquetaires, je n’ai retenu que l’histoire d’amour. La séquence finale de Robin des Bois, celle du bain de sang de Marianne, je l’ai relue dix fois et j’ai pleuré à chaque fois. Les livres m’ont fait beaucoup plus pleurer que les films ou les pièces de théâtre. Je voulais faire une bande dessinée qui provoque le même effet. »

– Yslaire, extrait de La Légende des Sambre, entretiens avec Jean-Luc Cambier et Éric Verhoest, éditions Glénat.

9782723440417-L.jpgSambre est une série à part dans l’univers de la bande dessinée.

Le premier album a immédiatement franchi la barre des 100.000 exemplaires, raflé nombre de prix et suscité les louanges des professionnels.

Le second album, publié 4 ans plus tard, confirma le succès initial. Pour la première fois depuis les Blake et Mortimer de Jacobs, une série voit son succès croître sans devoir passer par le biais d’une parution régulière. Telle est la marque Sambre qui s’inscrit, album après album, comme une série d’exception.

Personne ne s’étonnera plus qu’un volume de Sambre réclame un temps certain de maturation et de travail. Sans celui-ci, chaque planche perdrait de sa saveur graphique et de son étoffe psychologique. Alors qu’est attendu un cinquième tome, La Légende des Sambre explore, au prix de nombreuses révélations, les secrets de fabrication de chaque album.

Yslaire a extrait de ses archives de fascinants documents (crayonnés, recherches de personnages, photos de repérage…). Tout au long d’entretiens passionnants, Yslaire est poussé dans ses derniers retranchements, jusqu’à ces zones où se mêlent intimement le créateur et sa création.

Dans un style journalistique vivant (exit l’exégèse pontifiante), sont abordés de multiples sujets : le romantisme, la révolution en parallèle aux sentiments des personnages, la logique des titres, le long cheminement vers le dessin définitif, la collaboration avec Balac, le rôle croissant de Julie, les couleurs exceptionnelles de la série…

Ces thèmes sont abordés comme autant d’articles indépendants, afin de permettre une lecture « au choix ». Textes et images se renforcent pour permettre au lecteur d’en savoir (presque) autant sur Sambre que Yslaire (Source Glénat).

fil_66.JPGLa série « Sambre » est composée actuellement de 5 tomes édités et 7 autres de prévus (cf Wikipédia) : Plus ne m’est rien, avec Balac (scénario), 1986, réédité en 2003 ; Je sais que tu viendras, avec Balac (participation au scénario), 1990, réédité en 2003 ; Révolution, révolution…, 1993, réédité en 2003 sous le titre Liberté, liberté… ; Faut-il que nous mourions ensemble ?, 1996, réédité en 2003 ; Maudit soit le fruit de ses entrailles, 2003.

En parallèle, une deuxième série sur la même famille, La Guerre des Sambre, a débuté en 2007 aux éditions Futuropolis/Glénat.
Sont parus : Le mariage d’Hugo (2007), La passion selon Iris (2008), La Lune qui regarde, à paraître en novembre 2009.

C’est Nico qui m’a fait découvrir cette série de BD complètement hallucinante à mes yeux. J’ai dévoré les 5 tomes.

Je sais que tu viendras… (1990)

Suite aux désaccords avec Balac, après 12 pages du second tome, Yslaire reprend seul l’écriture de la saga. La séquence de Julie arrivant à Paris ouvre la possibilité de resituer le drame dans le contexte social et politique de la Révolution de 1848. C’est l’occasion d’approfondir l’aspect historique de la BD, volontairement mis un peu en retrait dans le premier épisode. Chacun des personnages, de Guizot à Valdieu, se définit désormais aussi selon son origine sociale. Mais le tournant est d’envergure : Il y aura plus de 200 pages de dialogues écrits, de versions remaniées pour aboutir aux 45 pages définitives. L’album, trop attendu peut-être, mettra plus de quatre ans à se concrétiser, mais confirmera le succès de la série.

Résumé :
Avant de partir, Julie a laissé un message à Bernard Sambre : Je sais que tu viendras. Bernard décide de monter à Paris pour régler les problèmes d’héritage et, il l’espère, retrouver Julie. De son côté, celle-ci retrouve le Vicaire, qu’elle pense être son père. Leur rencontre se termine en pugilat, et Julie trouve refuge chez un peintre, Valdieu, qui possède un atelier dans l’hôtel particulier de Hugo Sambre. Bientôt, Julie et Bernard vont vivre dans le même lieu, sans le savoir ni se croiser. Lors d’une soirée chez Olympe de Castelbalac, Bernard est pris à partie par Valdieu, avant de finir la nuit sous les draps de son hôtesse.

fil_67.JPG Liberté, liberté… (1993)

Révolution, révolution… est son premier titre. L’album se veut le point d’orgue, la conclusion de l’intrigue engagée dans l’épisode précédent. En cours de réalisation, vers la page 32, Yslaire, ou plutôt Julie, bouscule l’ordre préétabli et réécrit la fin de l’histoire. Il sera réédité sous le titre Liberté, Liberté… dix ans plus tard. Julie apparaît comme l’héroïne principale d’une série qui ne porte pas son nom.

Résumé :
Février 1848. Paris s’éveille sous les bruissements de la révolution. « …Nous sommes cent, dans une heure nous serons mille ! La poire est blette ! Viennent de nouvelles saisons !! ». Egon Valdieu veut faire de Julie sa muse, comme Delacroix vingt ans auparavant avec Olympe de Castelbalac. Julie, enceinte de Bernard, a du mal à lui résister. Bernard retrouve Julie. Affrontant Valdieu, les deux amoureux l’abandonnent entre la vie et la mort. Guizot, son cousin, voit ici une raison supplémentaire pour envoyer Julie au bagne.

fil_367.JPG Faut-il que nous mourions ensemble ? (1996)

Il y aura trois versions finales du scénario. La plus courte faisait mourir Julie et rendait Bernard cynique, comme si Stendhal s’était mué en Flaubert. Elle fut rapidement écartée. La plus longue, 80 pages, plongeait les personnages dans les catacombes de Paris.

En cours de réalisation, par respect des délais de publication, Yslaire contracte la dernière scène entre Julie et Bernard et les immobilise Place de la Bastille. L’album paraît en 1995 avec 72 pages. Il sera réédité une première fois pour les 30 ans de Glénat, avec 8 pages supplémentaires, dont la fin modifiée et rallongée.

La deuxième réédition modifie la couverture, la chromie, mais pas le contenu. Rien n’interdit de penser qu’une dernière version reprenant la partie des catacombes ne verra jamais le jour.

Résumé :
Février 1848. Sur les barricades, Julie devient le symbole de la liberté en marche, telle que Valdieu l’avait imaginée. Elle n’en est pas moins manipulée par Rodolphe, le chef révolutionnaire, qui abuse d’elle. Bernard doit affronter la vérité. Le vicaire lui révèle la vérité sur les origines de la malédiction des yeux, et la naissance de Julie. Julie est la fille de Hugo Sambre et Iris, une jeune actrice. L’horreur atteindra son comble quand Bernard découvrira la tête d’Iris embaumée derrière un tableau. Retrouvant Julie sur les barricades révolutionnaires, Bernard tombe sous les balles de l’armée.

« Dans la vie, la question n’est pas de savoir ce qui va se passer. On sait tous ce qui nous attend au bout du chemin, mais il y a une différence entre le prédire et le vivre. Raconter une histoire, c’est pareil. On a une certaine idée de ce qui va arriver, mais tout se passe dans la manière dont on le goûte, dont on le ressent, dont on le montre. Ce sont des sensations qui font la différence entre toutes les histoires. La vie, ce n’est que cela ».

(extrait de La légende des Sambre, entretiens avec Jean-Luc Cambier et Eric Verhoest, éditions Glénat)

fil_68.JPG Maudit soit le fruit de ses entrailles… (2003)

Résumé :
Septembre 1856. Condamnée aux travaux forcés à perpétuité, après avoir été déportée en Algérie, Julie vit au bagne de Brest depuis trois ans. Devenue le matricule 3492, elle n’a pas connu les enfants qu’elle a mis au monde huit ans plus tôt. Deux faux jumeaux. Une fille morte en couches, et un garçon, Bernard-Marie, qui lui a été volé. Pour l’éloigner définitivement de ce dernier, Guizot arrive à convaincre Julie d’aller à Cayenne contre une remise de peine. Mai 1857, la Bastide. Bernard-Marie est élevé par sa tante Sarah, la sœur de Bernard Sambre. N’hésitant pas à réécrire l’histoire, elle entretient auprès de lui le culte de son père, au détriment de sa mère Julie, décrite comme une femme de mauvaise vie. Bernard-Marie comprend qu’elle ment et Sarah l’enferme dans le caveau des Sambre. Attaqué par un rat, le dernier des Sambre a désormais un œil rouge…

Et pour finir, un spécial bonus de Nico qui vient de me signaler cettetrès belle fresque murale à Angoulême :

Enjoy !

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7 Replies to “Sambre”

  1. Bloodiris !

    Tudieu ! Cet effet que ça me fait à chaque fois…
    Quand je pense qu’une certaine personne mal intentionnée m’a gaulé mes albums lors d’une séparation houleuse… J’suis dèg’ de chez deg’… Surtout que j’avais la première édition du numéro 1 :(((
    Rhaaaa ya des fâcheux quand même !
    Quand je serais grande et riche, je me referais la totale !

    Bloo, red is in the eyes

  2. Anna Galore

    Ca, c’est vraiment dégueux, en effet ! Honte à lui !

    Bon, j’ai justement toutes ces merveilles à portée de main. Je vais m’y plonger fissa. Les dessins sont renversants !!!

  3. ramses

    Très belles histoires et superbe fresque en « trompe l’oeil » à Angoulème.

    Mais je préfère les histoires d’amour qui finissent bien… C’est vrai que c’est rare !

  4. marlene

    j’ai jamais lu une BD aussi…comment dire…émouvante? passionante?
    bon bref…elle ne m’a pas laissé indifférente!
    mais j’ai un doute qui persiste : et rodolphe? est-ce aussi mauvais? il disparait dès le 5º volume?? (et ouais…pas encore lu celui-là….XD)

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