La publicité écolo-mensongère

593468513.jpgVous avez forcément remarqué que, depuis quelques mois, l’argument « vert » est de plus en plus employé par la pub, quel que soit le produit à promouvoir. Si cela dénote d’une réelle prise de conscience de l’importance croissante que nous attachons à consommer plus propre, il est encore un peu prématuré de s’en réjouir. Un grand nombre de ces pubs sont, en effet, de très exagérées à carrément mensongères.

Non, Saab ne fabrique pas des voitures « vertes » et Areva ne produit pas une énergie « propre » ! Une voiture qui pollue moins, c’est bien mais ça pollue quand même, la qualifier de « verte » est donc une contre-vérité. Les seules voitures vertes sont des voitures peintes en vert. Quant à l’énergie nucléaire, elle ne produit pas de gaz à effet de serre mais par contre elle génère des déchets radioactifs qui sont tellement « propres » qu’on doit les enfermer dans des containers scellés et gardés sous haute surveillance.

L’écologie lave plus vert

L’Observatoire Indépendant de la Publicité (OIP) a été créé en début d’année pour dénoncer ces abus, nommés « éco-blanchiment » (ou greenwashing chez les anglo-saxons). Il s’agit d’un site participatif, mêlant l’expertise des ONG à celle des citoyens. Il a reçu dès sa création 10 000 visiteurs le premier mois. Plus de 200 inscrits contribuent régulièrement à décortiquer les pubs « vertes » et à les noter. Le site de l’OIP donne d’ailleurs côte à côte la note de son panel d’experts et celle des internautes (souvent plus sévère).

Son premier coup d’éclat a été la dénonciation de la lessive soi-disant écologique de Le Chat, alors qu’elle est toxique pour l’environnement comme toutes les lessives.

Rue89 a publié ce weekend un best of des pubs les plus écolo-mensongères dénoncées par l’OIP. Je vais revenir ici sur l’une d’entre elle, celle pour le jambon Herta.

803951123.jpgHerta, une pub 100% à la noix qui nous prend pour des glands

Pour l’OIP, il faudrait remplacer la mention « 100% naturel » par « ce jambon n’est pas 100% artificiel ». Le problème est que l’affirmation « 100% naturel » est un argument non fondé et n’est garanti par aucun label officiel. Cette affirmation repose sur une autocertification de l’annonceur.

Et pour cause – « 100% naturel » qu’est-ce que cela veut dire? L’uranium, le plomb, le mercure sont des éléments 100% naturel, ça ne les empêche pas d’être hautement toxiques. Sur les emballages Herta, l’indication qui est faite par un astérisque à la suite du mot « Naturel » renvoie à une indication que les « ingrédients sont d’origine naturelle », ce qui n’apporte rien à la compréhension du caractère naturel du produit si ce n’est que les ingrédients ne sont pas des ingrédients de synthèse ou artificiels.

S’il était « 100% naturel », ce jambon serait fait à partir de porcs vivant en extérieur et mangeant des aliments sans engrais ni pesticides ni OGM, donc bio.

Contacté, Herta n’a pas pu garantir que l’alimentation de ses porcs était sans OGM, et dans les faits, il y a de grandes chances que ses porcs soient nourris au soja génétiquement modifié. L’analyse de la composition montre juste qu’il y a un peu moins d’ingrédients de synthèse (édulcorants, épaississants) que dans un autre jambon.

Quant à la mention « Herta s’engage », elle fait référence à une charte qualité de l’industriel, charte qui n’est d’ailleurs pas disponible pour le public. Des engagements comme ça, ils peuvent se les garder.

L’OIP lui a donné une note de 1,4/5 et les internautes de 0,7/5. L’analyse détaillée et argumentée dont sont tirés les éléments de cette note est disponible sur le site de l’OIP ici.

Ne nous laissons pas rouler dans la farine (pas bio)

Si je peux me permettre un avis personnel (un peu que je vais me le permettre), il faudrait que les fabricants arrêtent urgemment de nous prendre pour des cons. Ils n’ont rien à y gagner, tout à y perdre. D’abord parce qu’ils scient la branche sur laquelle ils sont assis comme nous (cette branche, c’est notre planète). Ensuite, parce qu’ils courent au mur d’un point de vue économique : ceux d’entre eux qui joueront vraiment le jeu de produire plus propre gagneront des parts de marché sur ceux qui persisteront à vouloir nous berner. Cet argument-là, au moins, ils devraient y être sensibles.

Il n’y a rien d’exagéré à exiger des produits plus respectueux de notre environnement et de la nourriture plus saine. Une fois encore, Internet doit jouer son rôle de caisse de résonance. Les tricheurs ont la pub pour nous leurrer, nous avons le réseau mondial pour les dénoncer.

Très belle journée à tous

Les principaux éléments de cette note proviennent du site de l’OIP et de Le best of des pubs les plus écolo-mensongères sur Rue89.
Illustration : voiture « verte » trouvée sur divers sites web, pas de nom d’auteur indiqué

10 Replies to “La publicité écolo-mensongère”

  1. anti Post author

    Trop bien cette note ! C’est un bon début. Les publicitaires finiront peut-être par cesser de nous prendre pour des cornichons !

    Le bio, c’est bien, c’est même très bien, cela étant, il faut rester aussi vigilant sur la provenance de ce bio. Le bio bon marché provient souvent des pays de l’est alors bon, méfiance si on vous propose des champignons bio de Biélorussie…
    N’oublions pas que certains industriels et autres cupides sont prêts à tout pour se faire le maximum de blé au détriment de la santé publique.

    anti

  2. Chwip Post author

    Miss You : Le problème des labels, c’est qu’un produit peut être bio et venir du bout du monde. Voila l’impact carbone !
    Pour le greenwashing : oui, ils nous prennent pour des imbéciles et ça va leur retomber dessus. Ce jour-là, je me ferai un plaisir de danser la gigue sur leur tombe. Ces industriels ne nous manqueront pas.

  3. Netsah (Anna's son) Post author

    Rappel – Définition marketing d’un produit Bio :

    C’est un produit issu de l’agriculture biologique, autrement dit qui revendique la non-utilisation totale de produits chimiques. En France, il doit contenir au moins 95 % d’ingrédients issus d’un mode de production biologique « mettant en oeuvre des pratiques agronomiques et d’élevage respectueuses des équilibres naturels de l’environnement et du bien-être animal ». Il ne peut contenir aucun organisme génétiquement modifié (O.G.M.). L’appellation est contrôlée par des organismes indépendants dont la caution peut se traduire par la mention du logo AB sur le packaging des produits (respect du règlement CEE n° 2092/91 du 24 juin 1991 modifié et de la norme NF EN 45011). À ne pas confondre avec les produits issus de l’agriculture raisonnée. Cette dernière revendique le respect d’un cahier des charges décrivant les conditions maximum d’utilisation d’engrais et de pesticides, pour le respect des sols et des produits. La consommation de produits bio est en croissance constante dans les pays développés, et notamment en France, non plus pour des raisons simplement idéologiques ou politiques, comme dans les années 1960, mais parce qu’ils sont devenus le symbole de naturel et de santé. Qualités exacerbées et recherchées depuis les différentes crises alimentaires (Encéphalopathie spongiforme bovine, pollution, contaminations pesticides, OGM…). « Perte de confiance dans l’alimentation dite industrielle, scandales nutritionnels aidant (de la dioxine au maïs transgénique, en passant par la vache folle), l’agriculture biologique devient le symbole d’une consommation plus authentique et traditionnelle. Cet appétit des Français pour le naturel va s’appuyer notamment sur la critique d’une alimentation industrielle qui ne procure plus de goût et/ou de plaisir. Consommer bio, c’est alors lutter contre les méfaits de l’industrialisation de l’agriculture, c’est revenir au terroir, aux produits naturels » explique Éric Remy.

    Rappel – premier loi du marketing :

    Ne jamais mentir au client.

    ____________________

    Sinon personnellement je pense qu’on ne devrait pas parler de produit Bio mais de produit n’ayant pas entrainé ou ne pouvant entrainer une quelconque pollution. Parce que tout est bio à la base, même le plastique est composés de plancton mort il y a des millions d’années, on ne peut pas créer d’élément qui n’existe pas. Les produits de synthèse ne sont pas fait à partir de rien. Le mélange, même de la main de l’homme reste naturel puisqu’à priori on fait parti de la nature… Parcontre certains produits polluent ou ont un pouvoir polluant sanitaire pour notre espèce, ou d’autres espèces d’êtres vivants.
    En ce qui concerne l’effet de serre, pour le faire diminuer la première chose à faire serait d’arrêter la production massive de plus en plus importante de bovins, porcins et ovins, première source de gaz à effet de serre avec leur émanations naturelles, et qui ne sert même pas à nourrir les gens qui ont vraiment faim au final..

    Netsah, Bio-log

  4. Netsah (Anna's son) Post author

    Sinon y a bien une solution, à condition d’avoir un petit jardin ou un proche aimable avec un jardin à partager :
    faire son potager avec de l’eau de source (et encore les glaciers et sources des montagnes sont pollués par les pluies acides et les nappes phréatiques c’est pas beaucoup mieux), du soleil, de l’air (pollué de même), et nourrir avec les récoltes des lapins et des poules.. Et manger le tout O.O

    Poulet-frites 🙂 miam

    *fonce chez McDo*

    Mc Netsah

  5. Netsah (Anna's son) Post author

    (et désolé pour toutes les fautes d’aurtografph et d’accords qui me sautent aux yeux maintenant)

  6. anti Post author

    (et désolé pour toutes les fautes d’aurtografph et d’accords qui me sautent aux yeux maintenant)

    C’est un des nombreux dérèglements occasionnés pas la mal-bouffe ;-)))))))))))))))))

    Bon, fais réparer ta caisse toi et viens manger à la maison !

    anti, mama pasta.

  7. Netsah (Anna's son) Post author

    « pas la mal-bouffe »

    O.O les fautes de frappes c’est une consommation abusive de Nutella O.O je sais de quoi je parle j’en fais tout le temps.

    Bisous mon antipasti

    Netsah, le nutella c’est que du bon

  8. anti Post author

    EXCELLENT : Coïncidence ou second degré, lorsque je sollicite la journaliste et styliste culinaire Brigitte Régis pour parler de brioches industrielles, elle me donne rendez-vous au salon de thé chic et bio Le Pain quotidien.

    Le fameux argument souvent avancé contre l’industrie agro-alimentaire : « ce qu’ils fabriquent, ils ne sont pas fous, ils ne le mangent pas ! »

    anti

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