Celui qui vient en paix

1281562885.jpgJe racontais hier la découverte de trente momies dans la nécropole de Saqqarah. L’occasion de parler d’Imhotep, son bâtisseur.

Imhotep signifie « celui qui vient en paix ». Il vécut entre -2800 et -2700 et fut surnommé le Constructeur.

Il était conseiller et architecte du roi Djéser, mais aussi médecin, grand prêtre et philosophe, avant d’être divinisé.

Le roi Djeser (« le Saint ») résidait à Abydos, la ville des rois Scorpions ancêtres de tous les pharaons. Djeser a eu un règne pacifique et a été surnommé le Bâtisseur, en raison des innovations qu’il a introduites avec Imhotep.

L’architecte

Imhotep a été l’architecte de Saqqarah. Il y a édifié la première pyramide à degrés du monde et a eu l’idée d’en faire la « demeure d’éternité » du roi, autrement dit le tombeau.

Il a généralisé l’utilisation de la pierre à la place des briques de terre cuite. Il a également été le premier à utiliser des colonnes dans l’architecture. Il a imaginé de les garnir de représentations de végétaux : colonnes-papyrus, colonnes cannelées et colonnes fasciculées (c’est à dire gravées de tiges de roseaux ou de palmes réunies en faisceaux).

On ne peut que rapprocher dans une même continuité Imhotep le premier grand architecte et Hiram le bâtisseur mythique du temple de Salomon. Dans mon roman « Le septième livre », j’évoque le fait que le savoir d’Hiram remonterait à un ordre de bâtisseurs fondé par Imhotep.

Le médecin

Imhotep est considéré comme le fondateur de la médecine égyptienne et l’auteur d’un traité médical.

Ce texte, complété par plusieurs médecins ayant vécu après Imhotep, décrit en détail des observations anatomiques, l’examen, le diagnostic, le traitement et le pronostic de nombreuses blessures.

Les traitements sont rationnels, avec peu de recours aux formules magiques.

Le personnage divinisé

Imhotep a réformé la religion égyptienne et introduit le mythe osirien. Ses réalisations ont conduit ses contemporains à l’assimiler à Thot, dieu de la connaissance et de l’écriture.

Deux mille ans plus tard, il a été divinisé et adoré à Memphis, jusqu’au point d’être considéré comme le fils de Ptah, le dieu tutélaire de la ville.

Ptah, dieu primordial de la mythologie égyptienne, a donné son nom à son pays. Egypte vient en effet probablement de l’expression « Ha Ka Ptah » – hellénisée en Aegyptos – ce qui veut dire le temple de l’esprit de Ptah.

493644090.pngLa mère mythique d’Imhotep serait donc l’épouse de Ptah, Sekhmet, dont la puissance est redoutable.

Femme à tête de lionne portant le disque solaire, de sa bouche sortent les vents du désert. Elle personnifie les ravages du soleil et elle est l’instrument de la vengeance de Rê contre l’insurrection des hommes. Son corps brûlant et ses flèches incandescentes détruisent les ennemis du roi.

Elle a été supplantée par Hathor, épouse d’Horus le fils d’Isis et Osiris.

Plus tard encore, Imhotep finira par surpasser Ptah, le reléguant à la seconde place. À Philae, un temple lui est consacré près de celui de la déesse Isis.

Les principaux éléments de cet article viennent de Wikipedia.
Photos de Saqqarah: http://www.egyptos.net/ et Renaud Echard

15 Replies to “Celui qui vient en paix”

  1. Anna Galore Post author

    Oui, la ressemblance avec les temples mayas est frappante. Je ne savais pas qu’Imhotep avait été le premier à imaginer ça.

    Les Mayas ont (re)découverts la même idée sur une logique qui n’a, cependant, rien à voir. Pour eux, la pyramide était une imitation de montagne et son rôle était principalement d’être un temple solaire (pas une tombe) ou un lieu politique (la demeure plus haute que toutes les autres réservée au roi).

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_maya#Pyramides_et_temples

  2. Anna Galore Post author

    L’association entre Imhotep et Ptah vient de me faire repenser à Ptah Hotep, lui aussi conseiller du roi mais qui vécut trois siècles plus tard. Il est resté dans l’histoire comme l’auteur d’un recueil de maximes.

    Lorsque j’ai créé ce blog, mon tout premier billet d’accueil commençait par cette citation:

    « Suis ton coeur aussi longtemps que tu vis » (Ptah Hotep)

  3. anti Post author

    Décidément !

    Entre tes livres, habiter Nîmes, être une éternelle lectrice de « Her Bak Pois chiche », rencontrer ramses, être fan de Dalida, me surnommer Joséphine, connaître Voiedo et sapotille, etc. on n’en sort plus de l’Egypte !

    Très belle note ! J’te suis mon coeur, aussi longtemps que je vivrai.

    anti, sur les bords de Nîmes elle est partie n’en parlons plus !

  4. voiedoree Post author

    j’ai visité Saqqarah et depuis longtemps me suis intéressé à l’Egypte. En fait ce temple est beaucoup plus ancien que ce qui est dit toujours pour les raisons citées par ailleur. Par c ontre l’identification d’imhotep à thot n’est pas anecdotique pour beaucoup de raisons.

    Il n’est pas étonnat de rencontrer en amérique du sud mais aussi ailleurs le même genre de constreuctions car ce sont des personnes de même origine qui les ont construites.

  5. Anna Galore Post author

    J’ai la même sensation que toi sur un certain nombre de points de ton commentaire.

    En particulier, je pense à l’identification d’Imhotep à Thot qui m’a semblée particulièrement signifiante à bien des niveaux.

  6. ramses Post author

    Bien que 3.500 ans séparent les pyramides d’Egypte à degrés et celles du Yucatan, on ne peut s’empêcher de penser que les Mayas avaient « vu » les premières avant de réaliser les-leurs…

    Certaines Pyramides mayas ont été également des tombeaux (on y descend à l’intérieur, après avoir gravi le sommet de l’extérieur).

    J’ai le sentiment qu’il y a un lien entre les Pharaons et les Mayas, mais je n’arrive pas à l’expliquer rationnellement, compte tenu de l’éloignement très important des 2 sites et des moyens de communication inconnus à l’époque.

    Si l’un de vous connaît un ouvrage sérieux sur la question, je suis preneur !

  7. Anna Galore Post author

    Je vais te donner une réponse mais je sais que Voiedo t’en donnera une autre.

    Si tu avais des blocs de pierre cubiques et que tu essayais de bâtir un amoncellement le plus stable possible et le plus haut possible, sans ciment et sans échaffaudage sophisitiqué, c’est vraisemblablement la pyramide à degrés que tu redécouvrirais.

    Tu commencerais par assembler une première couche de blocs les uns contre les autres pour faire un socle carré. Puis, tu mettrais une deuxième couche légèrement plus étroite pour pouvoir circuler sur tout le pourtour au dessus du niveau que tu viendrais de réaliser, afin de pouvoir plus facilement manipuler tes blocs d’un niveau sur l’autre en créant à chaque couche une nouvelle rangée de marches. Et ainsi de suite…

    La pyramide à degrés est tout simplement la forme la plus simple à faire qui ait des chances de durer tellement elle est stable.

    Ce n’est que mon avis…

  8. ramses Post author

    Bien d’accord avec toi, mais cela n’explique pas la similitude entre les Pyramides égyptiennes et Mayas… Si il ne s’agissait que d’un phénomène d’époque, on aurait dû logiquement en retrouver en Grèce…

  9. Anna Galore Post author

    Je crois au contraire que ça explique justement la similitude: des deux côtés de l’océan, ces civilisations ont décidé d’édifier des constructions à base de blocs cubiques et sont tombées sur la même façon de les empiler, à savoir la plus simple et la plus logique.

    Ce n’est pas vraiment un phénomène d’époque puisque les pyramides mayas sont apparues plusieurs siècles après les égyptiennes (Imhotep a été le premier à avoir l’idée, c’est une constatation, il en fallait bien un).

    Pourquoi n’en trouve-t-on pas ailleurs ? Mais justement, on en trouve ailleurs :
    – près du bassin méditerranéen : en Mésopotamie et en Perse (les ziggourat).
    – sur le continent américain : chez les Incas et chez les Aztèques (Teotihuacan près de Mexico en est un exemple superbe).
    – en Asie : certains temples indiens ont des architectures très proches.
    – et en Afrique, certains bâtiments en briques de terre séchée ont des formes très proches également (je pense à Tombouctou).

    Pourquoi pas en Grèce ou en Italie ou ailleurs ? Parce que les architectes de ces pays sont partis sur d’autres technologies plus sophistiquées – celles qui ont ensuite été utilisées partout dans le monde au moins jusqu’au 19e siècle, basées sur les murs verticaux et les colonnades, depuis le Parthénon à Athènes jusqu’à la Madeleine à Paris en passant par les merveilles d’Angkor Vat (à la fois pyramides à degrés, murs verticaux et colonnes).

  10. Anna Galore Post author

    Euh… ça doit être les courbatures qui te font voir la Terre courbée différemment mais le Kon Tiki est allé de la côte ouest du Pérou à la Polynésie. Et Thor Heyerdahl n’y a trouvé aucune pyramide…

  11. anti Post author

    Les deux. Ce que je veux dire c’est que traverser des milliers de kilomètre est possible, dans un sens ou dans un l’autre compte tenu des vents. C’est pas parce qu’aucun nouveau Thor Heyerdahl ne l’a encore démontré que ça n’est pas imaginable. Le Ra II aussi.

    anti, voyageuse.

  12. voiedoree Post author

    Bon…..

    Planons un peu….

    Imaginons que toutes ces constructions aient été conçues et baties par un même peuple, ça éviterais de parler des problêmes de transport.

    Imaginon que ce peuple soit celui issu de l’Atlantide et qu’après sa disparition les survivants aient trouvé refuge dans différentes parties du monde

    Imaginon qu’à l’endroit présumé de l’Atlantide il ait été découvert sous la mer des pyramides à degrés et pas à degrés

    Imaginons que les pyramides n’ont jamais été des tombeaux mais des outils de connaissance

    Imaginons que tout ce qui se rapportait à ces élucubrations aient été détruit ou dissimulé par les autorités ?

    Imaginons que les emplacement des pyramides ne sont pas le fruit du hasard mais correspondent exactement à des positions stratégiques en fonction du mouvement des planêtes et que ces choix permettaient de calculer des paramêtres essentiels la transmission du savoir ancien mais également à permettre le passage dans d’autres dimensions ??

    imaginons sans oublier que tout nait de la pensée

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