De Kashmir à Godzilla

Puff Daddy est un remarquable arrangeur de morceaux rock en version rap. J’avais déjà parlé ici de sa version de « Every breath you take ». Il a également conçu une adaptation puissante de « Kashmir » de Led Zeppelin pour le film de Roland Emmerich « Godzilla », que nous avons justement vu hier soir, d’où l’idée de cette note.

Je pensais que j’allais faire quelque chose de bref… mais de fil en aiguille, j’ai découvert des tas de choses fascinantes que je vais partager avec vous avant de vous proposer de regarder les clips des deux versions.

Comment est né « Kashmir »? Que faut-il savoir de « Godzilla » et de Roland Emmerich? Et la fin du monde, c’est pour quand? Installez-vous confortablement, c’est parti…

Kashmir de Led Zeppelin

Kashmir a été considéré par les quatre membres de Led Zeppelin comme l’un des meilleurs morceaux qu’ils aient jamais composé (je suis assez d’accord, même si j’en aime beaucoup d’autres de ce groupe).

La chanson, dont la création s’est étalée de 1973 à 1975, est basée sur une progression d’accords, pour laquelle Jimmy Page a utilisé une façon particulière d’accorder sa guitare (appelée Ré+4; c’est à dire Ré-La-Ré-Sol-La-Ré pour les musiciens qui lisent ceci). Page a longtemps travaillé sur ce cycle, également exploité sous des formes différentes dans trois autres morceaux du groupe dont « Black mountain side ».

Un autre point-clé de « Kashmir » est la partie de batterie imaginée par John Bonham, dont Jimmy Page a dit: « Ce qui compte le plus pour que le morceau fonctionne, c’est ce qu’il n’a pas fait. » – un propos que n’aurait pas renié Miles Davis qui expliquait « La véritable musique est le silence et toutes les notes ne font qu’encadrer ce silence. »

L’effet sonore sur la batterie (particulièrement sensible sur les cymbales) est nommé « phasing ». Il est devenu banal mais en 1973, il venait à peine d’être rendu accessible sous forme de circuit électronique. Il consiste à décaler légèrement un son par rapport à lui-même, ce qui provoque des mélanges d’harmoniques caractéristiques. L’idée a été imaginée par Steve Reich, qui créait cet effet en jouant sur la vitesse de déroulement de deux bandes magnétiques comportant le même enregistrement.

D’un point de vue composition, la chanson inclut nombre de motifs originaires du Maroc, du Moyen-Orient et d’Inde. Page s’est intéressé, en effet, à de multiples gammes modales utilisées dans les contrées arabes et orientales.

La partie de violons est jouée par John Paul Jones sur un mellotron, un instrument à clavier depuis longtemps disparu où chaque touche activait la lecture d’une bande magnétique sur laquelle était enregistrée un vrai violon ou violoncelle, ou des voix humaines pour faire des choeurs. Le mellotron a également été très employé par King Crimson.

« Kashmir » a été interprété sur scène par Led Zeppelin lors de quasiment tous leurs concerts à partir de sa création en 1975. Malgré sa longueur (plus de 8 mn), il a été passé un nombre incalculable de fois en radio.

Roland Emmerich et Godzilla

Roland Emmerich est un réalisateur allemand qui a fait sa carrière aux USA. Il a la particularité d’avoir mis en scène la destruction (au moins partielle) de New York dans trois de ses films: « Independance Day », « Godzilla » et « Le Jour d’Après ».

Très engagé pour la cause écologique, il a réalisé « Godzilla » en réaction à la reprise des essais nucléaires français décidés par Chirac en Polynésie en 1995 et « Le Jour d’Après » pour alerter l’opinion sur le dérèglement climatique, dont George W. Bush, qui venait d’être élu, a longtemps nié l’existence même.


Godzilla – La taille compte

Le tout premier « Godzilla » était une série d’animation japonaise dans les années 50, dont l’inspiration est due à la peur de l’arme atomique, un thème particulièrement présent au Japon pour des raisons évidentes.

La version qu’en fait Emmerich est avant tout un simple film d’action, linéaire et efficace, aux effets spéciaux parfaits de réalisme. L’acteur Jean Reno y joue un rôle positif d’agent secret français venu « réparer les dégâts » (c’est à dire tuer le monstre mutant) causés par ce qu’il appelle explicitement les erreurs de son pays.

Emmerich est d’ailleurs bien plus mordant vis à vis de la tendance « on-tire-d’abord-on-réfléchit-après » de l’armée américaine que du crime écologique dont la France s’est rendue coupable avec ses essais nucléaires – et pour cause: les USA ont fait largement pire en la matière, y compris sur leur propre territoire (un aspect pas du tout abordé par le film, je le précise).

L’argument écologique est, par contre, pleinement utilisé avec le très impressionnant « Jour d’Après », sans doute le meilleur film d’Emmerich à ce jour.

Le réalisateur prévoit de sortir à l’été 2009 une superproduction au casting prestigieux, intitulée « 2012 », qui promet d’être passionnante, puisque son thème est apocalyptique, sur la base de prophéties mayas qui prédisent la fin de nos civilisations modernes en 2012.

« Kashmir » par Led Zeppelin

J’ai choisi la version live jouée au festival de Knebworth en 1979, qui est l’une des préférées du groupe.

L’adaptation « Come with me » de Puff Daddy pour « Godzilla »

Le clip inclut pas mal d’extraits du film montrant Godzilla. Sur les écrans géants de Time Square, le guitariste qu’on voit jouer est, bien sûr, Jimmy Page.

Les paroles de « Kashmir »

Whoa, let the sun beat down upon my face
And stars to fill my dream
I am a traveler of both time and space
To be where I have been
To sit with elders of the gentle race
This world has seldom seen
They talk of days for which they sit and wait
All will be revealed

Talk and song from tongues of lilting grace
Whose sounds caress my ear
But not a word I heard could I relate
The story was quite clear
Whoa-hoh, whoa-wa-oh
Oooh, oh baby, I been flyin’
Lord, yeah, mama, there ain’t no denyin’
Oh, oooh yes, I’ve been flying
Mama, mama, ain’t no denyin’, no denyin’

Oh, all I see turns to brown
As the sun burns the ground
And my eyes fill with sand
As I scan this wasted land
Tryin’ to find, tryin’ to find where I be

Oh, pilot of the storm who leaves no trace
Like thoughts inside a dream
Heed the path that led me to that place
Yellow desert stream
My Shangri-La beneath the summer moon
Will return again
Sure as the dust that floats b’hind you
When movin’ through Kashmir

Oh, father of the four winds, fill my sails
Across the sea of years
With no provision but an open face
‘Long the straits of fear
Whaoh, whaoh
Well, when I want, when I’m on my way, yeah
When I see, when I see the way, you stay-yeah
Ooh, yeah-yeah, ooh, yeah-yeah, well I’m down, yes
Ooh, yeah-yeah, ooh, yeah-yeah, well I’m down, so down
Ooh, my baby, oooh, my baby, let me take you there

Les paroles de « Come with me »

Huh huh, yeah

Hear my cries, hear my call
Lend me your ears, see my fall
See my errors, know my faults
Time halts, see my loss

Know I’m lacking, backtracking
Where I met you, pistol packing
Itchy finger, trigger happy
Try to trap me, bad rap

Wiretap me, backstab me
Break the faith, fall from grace
Tell me lies, time flies
Close your eyes, come with me

Come with me, yeah
Come with me, huh huh, yeah

You said to trust you, you’d never hurt me
Now, I’m disgusted, since then adjusted
Certainly, you fooled me, ridiculed me
Left me hangin’, now shit’s boomerangin’

Right back at ya, think long-ranged
Narrow minded, left me blinded
I co-signed it, shit backfired
Now I’m bouncin’ back, I grinded

Not many would bear the pressure
You comprehend me, you musn’t end me
You offend me, it’s trauma
Feel the drama, come with me

Yeah, huh huh, heh
Come with me
Don’t be afraid, yeah
Come with me

I close my eyes
And I see
You, standing there
I cry
Tears of sorrow
I die

Front my enemies, front my foes
Damn these hoes, you steppin’ on my toes
Back up off me, take your hands off me
Give me room to breathe

I’m not hearin’ it, I’m not fearin’ it
I’m up to my ears in it, bullsht
I’m destructive, some women find that
Seductive, some say it’s lunacy

Word diddly, I’ve been movin’ on
I ignore you, sorry if I bore you
I neglect you, don’t mean to disrespect you
Can’t you see

I love you dearly, and that’s sincerely
But you annoy me, you can’t avoid me
I’m here to stay forever
And ever and a day, that’s never

I can’t let you go, I can’t forget it
Why you did it, I won’t permit it
I won’t acquit it, I wanna to fight you
I’ll fuckin’ bite you, can’t stand nobody like you

You can’t run, you can’t hide
No surprise, close your eyes
Come with me, yeah
Come with me

Come with me
Aaaah
Yeah I like this
Come on, come on

Come on, yeah
Turn me up
Bitches, turn me up
Yeah, yeah yeah

Come on now, yeah
Hear my cries, hear my call
Lend me your ears
Huh huh

You ready now, come on, check this out
Hear my cries
Hear my call
Lend me your ears, huh

Oh yeah, that’s right
Oh yeah, that’s right

Hear my cries, hear my call
Lend me your ears, see my fall
See my errors, know my faults
Time halts, see my loss

Know I’m lacking, backtracking
Where I met you, pistol packing
Itchy finger, trigger happy
Try to trap me, bad rap

Wiretap me, backstab me
Break the faith, fall from grace
Tell me lies, time flies
Close your eyes, come with me

Come with me, come with me
I’m a take you with me

I wanna to fight you, I’ll fuckin’ bite you
Can’t stand nobody like you,
You can’t run, you can’t hide
No surprise, close your eyes

Come with me!!!
I’m a take you with me

I’m here to stay forever
And ever and a day, that’s never
Come with me

Huh huh, yeah
Come with me

3 Replies to “De Kashmir à Godzilla”

  1. Anna Galore Post author

    En même temps, sortir « 2012 » avant 2012, c’est une vach’ment bonne idée si c’est vraiment la fin du monde. Ca m’aurait embêtée de louper le film.

    Bon. On se rappelle en 2013 ? (comme dirait Corben Dallas)

    Anna, moultipass autowash

  2. ramses Post author

    J’en suis resté à King Kong pour les films d’anticipation et aux Pink Floyds pour la musique contemporaine… Donc, je suis un peu largué, là…

    Par contre, j’ai flashé sur la 1ère photo du billet, qui me rappelle Andy Warhol… Le néon bleu dans les lunettes noires, génial !

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