La chaleur offerte

Hier soir, Anti et moi, on a parlé de toi et c’était joyeux. On a évoqué cette fois où toi et moi on s’est rencontré chez elle, la sympathie immédiate entre nous et toutes ces choses qu’on partageait avant même de se connaître. Tu m’as parlé de mes livres, de mes mondes qui sont aussi les tiens, et surtout de ton amour pour la Lune Noire, le même que le mien. Tu m’as appris sur elle des choses que j’ignorais, devenant à ton tour le conteur qui me captivait.

Tes enfants étaient heureux de nous voir ainsi, amicaux et complices. Tu montrais ta confiance en moi, pour être la bonne personne qui saurait prendre soin d’eux. Il s’est passé, ce jour-là, quelque chose de simple et de beau, un passage de relais en douceur, de sourire à sourire.

Nous avons en commun tant de trésors. Aujourd’hui, j’ai la garde des plus beaux et je te dis merci.

Si tu cherches un refuge au coeur de la nuit, tu sais qu’ici la porte te sera toujours ouverte et la chaleur offerte. Ton corps bientôt deviendra poussière mais toi, tu seras toujours là parmi nous.

5 Replies to “La chaleur offerte”

  1. sampang Post author

    Il ne pouvait en être autrement ^^… une évidence !

    Je vous embrasse, petite « famille Anna » très fort du fin fond de l Auvergne 🙂

  2. anti Post author

    Agir, je viens

    Poussant la porte en toi, je suis entré
    Agir, je viens
    Je suis là
    Je te soutiens
    Tu n’es plus à l’abandon
    Tu n’es plus en difficulté
    Ficelles déliées, tes difficultés tombent
    Le cauchemar d’où tu revins hagarde n’est plus
    Je t’épaule
    Tu poses avec moi
    Le pied sur le premier degré de l’escalier sans fin
    Qui te porte
    Qui te monte
    Qui t’accomplit

    Je t’apaise
    Je fais des nappes de paix en toi
    Je fais du bien à l’enfant de ton rêve
    Afflux
    Afflux en palmes sur le cercle des images de l’apeurée
    Afflux sur les neiges de sa pâleur
    Afflux sur son âtre…. et le feu s’y ranime

    AGIR, JE VIENS

    Tes pensées d’élan sont soutenues
    Tes pensées d’échec sont affaiblies
    J’ai ma force dans ton corps, insinuée
    …et ton visage, perdant ses rides, est rafraîchi
    La maladie ne trouve plus son trajet en toi
    La fièvre t’abandonne

    La paix des voûtes
    La paix des prairies refleurissantes
    La paix rentre en toi

    Au nom du nombre le plus élevé, je t’aide
    Comme une fumerolle
    S’envole tout le pesant de dessus tes épaules accablées
    Les têtes méchantes d’autour de toi
    Observatrices vipérines des misères des faibles
    Ne te voient plus
    Ne sont plus

    Equipage de renfort
    En mystère et en ligne profonde
    Comme un sillage sous-marin
    Comme un chant grave
    Je viens
    Ce chant te prend
    Ce chant te soulève
    Ce chant est animé de beaucoup de ruisseaux
    Ce chant est nourri par un Niagara calmé
    Ce chant est tout entier pour toi

    Plus de tenailles
    Plus d’ombres noires
    Plus de craintes
    Il n’y en a plus trace
    Il n’y a plus à en avoir
    Où était peine, est ouate
    Où était éparpillement, est soudure
    Où était infection, est sang nouveau
    Où étaient les verrous est l’océan ouvert
    L’océan porteur et la plénitude de toi
    Intacte, comme un œuf d’ivoire

    J’ai lavé le visage de ton avenir.

    Henri Michaux in Face aux verrous Gallimard

  3. sampang Post author

    où nous avons été « un » un jour, nous resterons à jamais

    c est tellement beau et tellement vrai ma toute belle

  4. anti Post author

    Tellement beau oui. Quand j’ai ouvert le livre de Catherine Bensaïd ce matin et que j’ai lu l’extrait du Poème en première page (légèrement différent d’ailleurs) :

    « Poussant la porte en toi, je suis entré
    Agir, je viens
    Je suis là
    Je te soutiens
    Tu n’es plus à l’abandon
    Tu n’es plus en difficulté
    Ficelles déliées, tes difficultés tombent
    Le cauchemar d’où tu revins hagarde n’est plus
    Je t’épaule
    Tu poses avec moi
    Le pied sur le premier degré de l’escalier sans fin
    Qui te porte
    et te monte
    et te calme
    Jusqu’au confins de tes horizons
    Jusqu’au confins de ta mémoire obscure
    Jusqu’au coeur de l’enfant de tes rêves
    poussant des nappes d’aise,
    j’afflue »

    j’ai tout de suite pensé à Anna et à son action bienfaisante. J’ai pensé aux portes dont nous parlions la veille, celles que j’ai balisées pour Michel, pour qu’il trouve les aides dont il peut avoir besoin. Evidemment, Anna avait cette photo qu’elle venait de préparer sans trop savoir pourquoi juste avant… La fin du poème que j’ai ensuite découverte est comme une suite évidente de son soutien sans faille : un chant d’aide né de notre union plus forte que jamais. En fait, chaque fois que je le relis, j’entends des voix en plus. Un véritable Choeur.

    Comme tu dis, c’est Beau.

  5. Adele Riner Post author

    C’est merveilleux de vous lire, et de retrouver dans vos mots votre générosité, et la formidable disposition au bonheur qui vous caractérise tant. Je pense à vous et vous embrasse.

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