Le Livre de Saphir

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J’en avais parlé ici très brièvement ici http://www.annagaloreleblog.com/archive/2008/05/13/objet-de-beaute.html il y a quelque temps déjà.

Le Livre de Saphir, ça a été tout au long de cette lecture un enchantement permanent, une émotion sincère, lointaine et présente à la fois qui m’a menée au fil des pages (et y’en a pas mal 661pp) et des mots qui sont aussi érudits que poétiques. J’ai été très impressionnée par tout ce savoir offert et l’histoire qui se déroule un peu à la manière d’une enquête policière.

Le site de l’auteur dont le nom me disait quelque chose (c’est aussi un parolier de variétés) :

http://www.sinoue.com/

A part quelques anachronismes rigolos (machiavélique utilisé comme adjectif) et « patates » pas encore en Europe à l’époque, le reste est… Mmmm…

Un bon résumé ici http://www.hyjoo.com/sujet-11189.html :

L’Espagne, à l’extrême fin du XVème siècle.

Tout commence à Tolède le 28 avril 1487 « le soleil venait de se hisser au-dessus de la cathédrale… », lors d’un autodafé et l’exécution d’hérétiques et de « marranes » soupçonnés de pratiquer en secret le judaïsme en terre catholique. Ainsi Aben Baruel meurt sous les yeux horrifiés de Manuela Vivero, suivante et confidente de la reine Isabelle.

La Famille Baruel détient depuis des temps immémoriaux un objet rectangulaire fait de saphir. Elle le nomme « le Livre de Saphir ». Ce dernier est vierge de tout mot. Son contenu ne se révèle aux lecteurs que de façon irrégulière. Quand enfin le livre dévoile son secret, il s’avère que c’est Dieu lui même qui ce fait connaître. On peut alors y lire quel est le véritable peuple élu de Dieu…

Aben Baruel, se sentant suspecté par l’Eglise, décide d’écrire trois courriers. Ils sont destinés à ses amis les plus fidèles et les plus aptes à recevoir cet héritage. Le premier courrier est destiné à son vieil ami le rabbin Samuel Ezra. Cette lettre contient le secret détenu par la famille Baruel depuis des siècles.

En lisant le don postume, Samuel Ezra tombe sur une série de feuillets dont le contenu est divisé en Palais Majeurs et en Palais Mineurs. Le texte paraît cohérent mais certains passages lui semblent incomplets. Il se dit rapidement qu’il doit y avoir d’autres exemplaires de cette lettre et que les parties manquantes doivent s’y trouver. Menant son enquête, Samuel Ezra arrive jusqu’à la demeure d’un cheik, Ibn Sarrag. Effectivement les intuitions du rabbin se confirment : le cheik détient un exemplaire de la lettre et un autre feuillet de Palais mais ils sont très différents. Parfois les deux se complètent et par moment, une fois encore, ils semblent leur manquer un morceau. Mettant un peu à contre cœur leur bien en commun, le rabbin et le cheik décident de partir en quête de ce livre dissimulé au monde, hors de portée de l’Inquisition espagnole.

Les Palais qu’ils détiennent sont en réalité des énigmes faites de références bibliques et coraniques. Ils partent ainsi, au fur et à mesure de la résolution des énigmes, à la recherche du Livre de Saphir, certes mais surtout du feuillet inconnu et indispensable. L’association d’un rabbin et d’un cheik déjà surprenante (permettant au lecteur de participer à la confrontation culturelle et religieuse des deux personnages hauts en couleurs), Aben Baruel allait d’outre tombe continuer à les surprendre en les associant à son dernier héritier, le frère Raphaël Vargas un ancien templier… Les trois personnages sont horrifiés de devoir s’associer, mais leur amitié pour Aben Baruel et le gain de cette chasse au livre saint les font persévérer dans leur collaboration.

Pendant ce temps, à la cour d’Espagne, l’inquiétude monte. En effet le rapport de la Question d’Aben Baruel laisse perplexe, ainsi que son attitude devant l’échafaud. Une fouille en règle de son logis permet la découverte d’un feuillet qui somme toute est étrange… Serait-ce un complot contre la couronne espagnole catholique ? La reine décide, sous l’influence de Torquemada, d’infiltrer le trio détonnant. Son agent sera Manuela Vivero. La reine a toute confiance en sa taromancienne. Elle se joue aussi de son dégoût pour les méthodes inquisitoriales. Les hommes vont alors s’accommoder de cette nouvelle participante. Elle sait ce que seuls les destinataires du courrier d’Aben Baruel savent…

C’est une course à travers toute l’Espagne, ravagée entre la Reconquista et l’Inquisition. Dans l’ultime cachette, le Livre de Saphir révèle son secret au rabbin, au cheik et au moine…

Anti

6 Replies to “Le Livre de Saphir”

  1. sampang

    y’a p’tre une ouverture… il habite Neuilly 😉

    moi j ai lu de lui quelque chose de tout à fait différent, « la dame de la lampe », mais je me suis régalée ^^

  2. Anna Galore

    Ce livre est un enchantement de la première à la dernière ligne. Je me suis absolument régalée à le lire (le dévorer) tellement les sujets qu’il aborde sont identiques à ceux que j’explore depuis toujours (et plus particulièrement depuis que j’écris des romans). Sinoué écrit merveilleusement bien et montre, de plus, une érudition phénoménale.

    Génial !

  3. Adele Riner

    Visiblement, l’auteur est un grand connaisseur de l’Egypte ancienne, il a publié plusieurs romans à ce sujet (non, pas « Sinouhé l’égyptien…). Un autre roman « les silences de Dieu », à l’air pas mal du tout.
    Résumé :
    Célèbre auteur de romans policiers, Clarissa Gray vit retirée sur une île, aux confins de l’Ecosse. La découverte dans son salon d’un homme assassiné, puis d’un carnet qui lui a appartenu, empli de notes codées incompréhensibles, la contraint à entreprendre une enquête qui se révélera plus angoissante que toutes celles qu’elle a inventées…
    Comment imaginer que les cadavres qui s’accumulent bientôt sont ceux des anges et des archanges ? qu’un tueur en série sévit au paradis ? que Moïse, Jésus et Mahomet sont les premiers suspects ?
    Le tour de force de Gilbert Sinoué est de nous transporter, sans que la logique, le suspense et l’humour perdent leurs droits, dans cette incroyable anticipation métaphysique où s’entrecroisent kabbale, mysticisme et numérologie, tout en se livrant à une méditation désabusée sur les prétentions des grandes religions à définir le divin…

  4. Anna Galore

    Sur ce dernier point (« où s’entrecroisent kabbale, mysticisme et numérologie, tout en se livrant à une méditation désabusée sur les prétentions des grandes religions à définir le divin »), tu retrouveras les mêmes thèmes dans « Le livre de saphir ».

    Je ne doute pas une seconde que tu vas prendre un très grand plaisir à sa lecture.

  5. anti

    « les silences de Dieu », quand j’ai lu le 4e de couv, j’ai tout de suite pensé qu’il te plairait celui-là madame Adele.

    « la dame de la lampe » à l’air hyper intéressant aussi. Une belle histoire de femme.

    Anti, et ça monte, ça monte, la tour de Bibeul !

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