Nomades s’land

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Jusqu’au 1er juin, se tient le 12ème festival de la photographie de voyage et d’aventures à Honfleur.

Petite présentation de la chose :

L’espace a toujours été doublement au coeur du festival Chroniques Nomades. Parce qu’il participe de l’essence même de la photographie – représentation d’un espace donné à partir d’un point de cet espace –, parce que ce festival dédié au voyage a vocation d’interroger la diversité des lieux où vit l’homme. C’est logiquement autour de cette notion que s’articulent les travaux présentés pour cette douzième édition.

À la question « comment l’homme crée-t-il son propre espace de vie ? », les neuf expositions proposées évoquent quelques-unes des réponses, collectives ou individuelles, qu’apportent les cultures locales, qu’elles soient d’hier ou d’aujourd’hui.

C’est d’abord à l’habitat que l’on songe, à la créativité que l’homme manifeste dans la réalisation d’architectures éphémères comme celles en tôle rassemblées par Deidi von Schaewen, ou dans l’arrangement de son intérieur comme nous le montre Lucia Guanaes au Brésil.

Le lieu de vie, c’est aussi celui du travail, de la pérennité d’une tradition professionnelle millénaire photographiée par Peyram dans l’architecture noble d’une savonnerie d’Alep ; mais c’est aussi l’enfer esclavagiste que l’homme est capable d’instaurer au milieu d’un paysage paradisiaque, dans les plantations sucrières dominicaines qu’a parcourues clandestinement Céline Anaya-Gautier.

Pour les pêcheurs et les matelots qui ont consacré leur vie à la mer mais souffrent de la séparation d’avec les proches, le lieu du travail et celui de la vie familiale sont deux espaces mentaux, deux tropismes qui les attirent et dont le manque les fait souffrir alternativement, comme ils nous le révèlent dans les confidences recueillies par Evangelia Kranioti. À Bamako, au Mali,nul besoin d’infrastructures pour que s’organise la vie sociale : il suffit d’un coin de rue pour que s’enracinent les « grins », ces groupes de discussions vieux parfois de plusieurs décennies dont Gilles Coulon nous restitue la vie.

Avec les villas perdues du Pacifique, c’est tout un univers colonial disparu, celui de certains romans de Marguerite Duras, que Catherine Griss fait ressurgir par-delà la guerre civile qui a ravagé le pays.Yann de Fareins nous entraîne, lui, non dans le monde des souvenirs mais dans une géographie et une histoire imaginaires.

Enfin, avec la construction par la Canadian Pacific Railway dans les années 1880 du lien ferroviaire reliant les deux côtes du Canada, nous assistons à l’ultime épisode de la conquête de l’Ouest américain. Puisées dans les collections du Glenbow Museum de Calgary, ces photographies content une épopée à la mesure des ambitions d’une toute jeune nation.

Espace privé, public, espace vital, espace mental : autant d’empreintes où se lit l’identité des hommes.

Claude Geiss
Directeur artistique du festival

Le programme à l’air plus qu’alléchant…

53206917.jpgPayram : Savonneries d’Alep.

494652267.jpgYann de Fareins : Un itinéraire atlantide

1981328922.jpgFonds photographique du Glenbow Museum de Calgary : La Conquete de l’Ouest par la Canadian Pacific Railway

240970372.jpgCéline Anaya-Gautier et Estebàn Colomar : Esclaves au paradis

123729003.jpgDeidi von Schaewen : Huts from Mauritania

344311970.jpgGilles Coulon : Les grins de Bamako

1223304613.jpgEvangelia Kranioti : Archipel(s)

1152891290.jpgCatherine Griss : De Kam à Kep (les villa perdues du Pacifique)

Et tout plein d’infos ici : http://chroniquesnomades.photographie.com/?secid=49&rubid=241

anti, ne bi fé

13 Replies to “Nomades s’land”

  1. anti

    Oui, c’est ce que je me suis dit aussi. Pô grave. C’est marrant Honfleur, moi qui n’aime pas la Normandie en général, j’lui trouve des airs de ville de Norvège. Les maisons colorés sur l’eau probablement…

  2. anti

    Grâce aux photos de Céline Anaya-Gautier et Estebàn Colomar : Esclaves au paradis je découvre l’histoire terrible de ces gens en Haïti… C’est dingue !

    Les Restavec ou l’esclavage à Haïti /// L’esclavage reste à abolir sur l’île, selon Jean-Robert Cadet :

    Les Haïtiens ont brisé les chaînes de l’esclavage depuis plus de deux siècles, mais 300 000 enfants continuent, sur la petite île, d’être asservis au profit de familles plus aisées que les leurs. Jean Robert Cadet a lui-même servi de « Restavec » depuis l’âge de quatre ans et, fait rare, est parvenu à s’en sortir. Aujourd’hui, il se bat pour que cette forme d’esclavage, ignorée par les autorités locales et la communauté internationale, soit, 200 ans après, (de nouveau) abolie.

    http://www.afrik.com/article7405.html

  3. voiedoree

    Un seul mot : magnifique.

    Esclavage….. impossibilité de le ressentir par nos yeux et sentiments d’Européens. Marque indélébile se transmettant de génération en génération comme une infamie inscrite dans les mémoires. Un jour peut être Fifi vous en parlera, descendante d’Africaine et d’indienne native…

  4. anti

    Excellent article aussi sur le site de Anne Guion [« Monde en marche » de l’hebdomadaire La Vie]

    http://www.anneguion.zaup.org/spip.php?article7

    Ca me rappelle une bien belle histoire qu’un homme rencontré par les hasards de la vie m’a contée un jour, celle de son fils Alexis qu’il est quasiment aller enlever en Haïti en bateau… (Penser à présent Denis à Anna, récits divers et variés au menu, picole un peu beaucoup le matelot architecte breton).

    anti, 4 points cardinaux

  5. sampang

    bah y’avait pas déjà eu un fil de Miss là dessus ! 😉

    (penser à acheter des lounettes ! puisqu elles ne sont pas sous le lit ^^)

  6. sampang

    je ne le retrouve plus ( c est si rare …;)) des festivals qu il y avait en ce moment à Honfleur ^^

  7. sampang

    Cool heure

    Elle est dans les matins des villes
    Et bleue est sa couleur,
    L’heure tranquille, cool heure.

    Avant qu’un jour ne se faufile
    Où dorment les dormeurs,
    Cool heure.

    Autour de moi, sucrée douceur, tu roules,
    Tu t’enroules, je meurs.
    Si tu t’en vas te frotter dons la foule,
    Il ne restera rien de tes couleurs.

    Avant qu’un jour ne se faufile
    Où dorment les dormeurs,
    Cool heure.

    Viens vivre à midi sur une île
    Où blanche est sa couleur,
    L’heure tranquille, cool heure.

    Si tu t’en vas te frotter dans la foule
    Dure, la houle, douleur.
    Il n’y a pas que les bateaux qui coulent.
    Les heures coulent autant, aurais-tu peur

    De vivre à midi sur une île
    Où blanche est sa couleur,
    L’heure tranquille, cool heure

    Ou de rêver dans mes collines
    Où rouge est sa couleur,
    Cool heure ?

    Après l’orage où l’orangé sanguine,
    Sauvagine odeur.
    En attendant que le soleil violine
    Et que le temps mélange les couleurs

    Alors, elle est vraiment divine
    Et noire est sa couleur.

    Après l’orage où l’orangé sanguine,
    Sauvagine odeur.
    En attendant que le soleil violine
    Et que le temps mélange les couleurs

    Alors, elle est vraiment divine
    Et noire est sa couleur.

    Maxime Leforestier

    …parce qu il est un temps de compréhension, que nous ne maitrisons pas…
    Vos couleurs à chacune sont belles !!! différentes mais belles… ^^

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