Retrait de la proposition de loi d’abolition de la corrida

Ce matin après quelques jours d’absence sur ce blog, je vous reproduis ci-après le communiqué officiel que j’ai été chargé de rédiger pour le Réseau International Antitauromachie (RIA) dont je suis le référent pour la France. Il a été diffusé en début de matinée hier en France et tout au long de la journée par mes amis des autres pays couverts par le RIA, après avoir été traduit en espagnol grâce à Google Traduction, remarquable, même si j’ai fait relire ma copie par une amie espagnole, Aïda Gascon directrice d’AnimaNaturalis, avant la diffusion dans les pays hispanophones (elle m’a dit qu’elle n’avait eu quasiment rien à changer). La référente du RIA pour le Portugal, Rita Silva, en a fait une traduction dans sa langue pour la diffusion dans son pays.

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Retrait de la proposition de loi d’abolition de la corrida
Communiqué du Réseau International Antitauromachie

Jeudi 24 novembre 2022, le député Aymeric Caron présentait sa proposition de loi d’abolition de la corrida à l’Assemblée nationale, dans le cadre de la niche parlementaire réservée à son groupe politique, LFI (gauche radicale). Le principe de la niche parlementaire est de permettre à chaque groupe d’opposition de soumettre au débat et au vote toute proposition de loi qu’il souhaite inscrire à l’ordre du jour, avec une contrainte très importante : à minuit, la niche se referme, que le vote ait eu lieu ou pas, sur la proposition de loi en cours de discussion ou sur celles non encore débattues.

Après une première proposition de loi (PPL) présentée par Mathilde Panot et visant à faire entrer dans la Constitution la protection du droit à l’avortement, initiative couronnée par une adoption à une large majorité, le tour d’Aymeric Caron est venu. Il a pris la parole vers 17 h, mais après quelques échanges, il a dénoncé le nombre ahurissant d’amendements retenus contre sa PPL, environ 480 en tout dont une très large part originaire de quelques députés, notamment d’extrême-droite. Plusieurs centaines des amendements retenus étaient totalement absurdes, comme le fait d’interdire les corridas seulement si la température tombait en-dessous de 0° ou de les autoriser si les taureaux recevaient un traitement antidouleur.

Dès lors, il était évident qu’Aymeric Caron ne pourrait jamais mener le débat à son terme, c’est-à-dire jusqu’au vote, avant l’heure fatidique de minuit. En toute logique, il a donc annoncé qu’il retirait son projet face à cette obstruction massive, provoquant de vives réactions sur les gradins de l’Hémicycle.

Comment est-il possible que la Commission des Lois ou la présidente de l’Assemblée valident des amendements insensés qui n’ont aucun autre but que d’empêcher le vote avant minuit ? Plus généralement, cela signifie qu’une niche parlementaire n’a rien de démocratique puisque aucune proposition de loi n’a la moindre chance d’être votée si elle soulève l’opposition de quelques députés prêts à déposer des centaines d’amendements absurdes pour la bloquer. D’autres textes seront néanmoins déposés, ce n’est qu’un début.

Aymeric Caron a précisé cependant qu’il envisageait de pouvoir présenter à nouveau une proposition de loi d’abolition, mais cette fois sans devoir se plier aux contraintes d’une niche parlementaire. La stratégie qu’il a décrite consisterait à revenir à la charge dans le cadre d’une « semaine de l’Assemblée ». Les groupes de la majorité (Renaissance, Horizons, Modem) peuvent y mettre en discussion des propositions, lesquelles peuvent aborder des questions transpartisanes et donc recueillir les signatures d’élus d’autres groupes.

Reste à voir si le groupe majoritaire va accepter de se saisir du sujet de l’abolition, alors que le gouvernement a fait savoir qu’il s’y opposait. L’abolition des corridas est pourtant ce que souhaitent 87% des Français, ce dont tous les députés devraient se souvenir au lieu de tout faire pour empêcher son vote en dépit des principes démocratiques les plus fondamentaux.

Une solution pour mettre fin à cette barbarie reste donc de continuer à l’affaiblir, en particulier financièrement, jusqu’à ce qu’elle s’effondre.

Le Réseau International Antitauromachie, qui totalise 17 millions de membres à travers le monde, suivra de près toute évolution de la situation en France.

Roger Lahana
rogerlahana@nocorrida.com
Président de No Corrida
Secrétaire fédéral de la Fédération des Luttes pour l’Abolition des Corridas (FLAC)
Référent pour la France du Réseau International Antitauromachie (RIA)

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Retirada del proyecto de ley para abolir las corridas de toros en Francia

Nota de prensa de la Red Internacional Antitauromaquia

El jueves 24 de noviembre de 2022, el diputado Aymeric Caron presentó a la Asamblea Nacional francesa su proyecto de ley para abolir las corridas de toros, como parte del nicho parlamentario reservado a su grupo político, LFI (izquierda radical). El principio del nicho parlamentario es permitir a cada grupo de oposición someter a debate y votación cualquier proyecto de ley que desee incluir en el órden del día, con una limitación muy importante: a medianoche se cierra el nicho, se haya votado o no, sobre el proyecto de ley en discusión o sobre los que aún no han sido debatidos.

Luego de un primer proyecto de ley (PPL) presentado por Mathilde Panot y con el objetivo de incluir en la Constitución la protección del derecho al aborto, iniciativa coronada con una aprobación por amplia mayoría, llegó el turno de Aymeric Caron. Habló alrededor de las 5 p. m., pero después de algunos intercambios, denunció la desconcertante cantidad de enmiendas retenidas contra su PPL, alrededor de 480 en total, una gran parte de las cuales provenían de algunos diputados, en particular de la extrema derecha. Varios cientos de las enmiendas fueron totalmente absurdas, como prohibir las corridas de toros solo si la temperatura bajaba de 0° o permitirlas si los toros recibían tratamiento con analgésicos.

Entonces, era evidente que Aymeric Caron nunca podría poner fin al debate, es decir, hasta la votación, antes de la fatídica hora de la medianoche. Lógicamente, anunció que retiraba su proyecto ante este masivo entorpecimiento, provocando fuertes reacciones en las gradas del Hemiciclo.

¿Cómo es posible que la Comisión de Leyes o el Presidente de la Asamblea valide enmiendas sin sentido que no tienen otro fin que impedir la votación antes de la medianoche? En términos más generales, esto significa que no hay nada democrático en un nicho parlamentario, ya que ningún proyecto de ley tiene la menor posibilidad de ser aprobado si suscita la oposición de unos pocos diputados dispuestos a presentar cientos de enmiendas absurdas para bloquearlo. Sin embargo, se enviarán otros textos, este es solo el comienzo.

Aymeric Caron aclaró, sin embargo, que pensaba volver a presentar un proyecto de ley abolicionista, pero esta vez sin tener que cumplir con las limitaciones de un nicho parlamentario. La estrategia que describió sería volver al cargo como parte de una “semana de asamblea”. Los grupos mayoritarios (Renaissance, Horizons, Modem) pueden discutir propuestas allí, que pueden abordar cuestiones interpartidarias y, por lo tanto, recoger las firmas de los representantes electos de otros grupos. Tienen la ventaja de disponer de mucho más tiempo para llegar a una conclusión y de ser más sólidos desde el punto de vista de sus posibilidades de adopción, ya que resultan de un consenso compartido por varias tendencias políticas.

Queda por ver si el grupo mayoritario aceptará retomar el tema de la abolición, mientras que el gobierno ha hecho saber que se opone. Sin embargo, la abolición de las corridas de toros es lo que quiere el 87% de los franceses, lo que todos los diputados deberían recordar en lugar de hacer todo lo posible para evitar su voto a pesar de los principios democráticos más fundamentales. Por lo tanto, una solución para poner fin a esta barbarie en Francia sigue siendo seguir debilitándola, en particular financieramente, hasta que se derrumbe.

La Red Internacional Antitauromaquia, que cuenta con 17 millones de miembros en todo el mundo, seguirá de cerca cualquier evolución de la situación en Francia.

Roger Lahana
rogerlahana@nocorrida.com
Presidente de No Corrida
Secretario Federal de la Federación de Luchas por la Abolición de la Tauromaquia
Referente para Francia de la Red Internacional Antitauromaquia

3 Replies to “Retrait de la proposition de loi d’abolition de la corrida”

  1. Terrevive

    Merci pour toutes ces explications.Que c’est compliqué !
    C’est désespérant et affligeant toute cette manipulation de jeux de pouvoir.
    Bon, si l’on ne peut pas entrer par une porte, il faut en prendre une autre.
    On continue…

  2. Anna Galore

    Exactement. Et d’autres portes vont s’ouvrir prochainement.

    Il faut rester mobilisés et déterminés – nous le sommes.

  3. Valentine

    Merci♥️
    De ne rien lâcher. Pour votre courage et votre ténacité.
    Le reste n’est que mépris et coups bas.

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