L’été des pipistrelles

Dès l’apparition du printemps, l’arrière de mon jardin se transforme en une immense matrice lumineuse et protectrice. Elle est délimitée par la pelouse, la façade de la maison, les murs de pierre sèche recouverts de lierres arboricoles et le dôme du grand micocoulier. La terrasse, à près de 4 mètres du sol, permet de se tenir presque au centre du volume formé.

Le vrai signal de l’été, pour moi, c’est le retour des chauve-souris lorsque vient le crépuscule. Je les ai toujours trouvées adorables. Je les guettais depuis quelques jours, après la visite, à la nuit tombée, d’un gros hérisson, l’autre créature familière de la saison chaude.

Hier soir, les pipistrelles étaient enfin là, dansant leur ballet infatigable à hauteur de mes yeux. En dehors de leurs petits cris à peine audibles, elles se croisaient sans bruit à toute vitesse pour se régaler des insectes imprudents qui s’élevaient trop haut au dessus de la pelouse pour regagner un peu de lumière. J’en ai compté jusqu’à six qui voletaient tout près de moi.

J’ai repensé à cette légende bébête qui dit que les chauve-souris viennent se prendre dans les cheveux. Sans blague? Elles peuvent repérer un insecte d’un millimètre à trente mètres de distance à travers des branches d’arbre en pleine nuit et elles seraient incapables de voir une tête humaine deux cents fois plus grosse à deux mètres? Ah bon.

Il m’est arrivé une fois d’en tenir une dans la main. C’était il y a quelques années. Un matin, en sortant sur ma terrasse pour ouvrir le grand parasol, je remarque une petite boule de fourrure accrochée entre les plis du tissu. Je la prends délicatement. C’était une pipistrelle endormie. Au contact de ma main, elle s’est réveillée lentement, puis a déployé ses deux ailes graciles avec maladresse. Elle s’est ensuite envolée vers l’arbre le plus proche. J’espère pouvoir à nouveau en approcher une d’aussi près et cette fois, en prendre une aussi belle photo que celle-ci:


Photo: http://dearkitty.blogsome.com/2007/04/06/

5 Replies to “L’été des pipistrelles”

  1. Anna Galore Post author

    En fait, lorsque j’ai pu tenir « ma » pipistrelle dans la main, je l’ai aussi prise en photo mais elle est loin d’être aussi belle (la photo, pas la ppistrelle!) – floue à cause d’un mauvais réglage de la macro.

  2. Adele Riner Post author

    Moi aussi je guette les chauve-souris, mais je ne les ai pas encore vues cette année. L’été elles logent dans la grange et nous accompagnent pour l’apéro en tournoyant dans la cour. Le chat Amok est fasciné par leur rapidité, il n’arrive pas à les suivre des yeux et pour un chasseur tel que lui, ça représente un vrai challenge! Cours toujours mon bonhomme !
    Quoique… je ne pensais pas non plus qu’il arriverait à attraper les hirondelles…

  3. Anna Galore Post author

    Ah ça, pour mon chat Mirou, c’est pareil: il reste assis sur le rebord de la terrasse à côté de moi pour les regarder et on sent qu’il est à la fois fasciné et frustré de ne pas pouvoir y goûter. Et c’est la même chose quand un écureuil passe dans les branches à quelques mètres, Mirou fait vraiment une tête comique 🙂

  4. boudufle Post author

    mdrrr !!!!! j’ai un matin ouvert la fenêtre de la chambre , et j’avais une petite pièce qui servait de grande penderie ( la classe !!!) et quand je suis pour sortir, là une chauve-souris qui tournait , je suis restée dans la penderie, non pas de peur mais pour ne pas l’éffrayer et j’ai raté mon train !!
    Aussi, dans le parc de versailles sur une allée qui menait au petit trianon, une chauve-souris en plein jour et soleil, avec des petites baguettes pour ne pas lui faire mal, je l’ai prise pour la mettre à l’ombre, et bien ça crie comme un putois cette bestiolle !!! non, je n’ai pas fait un nem de cette pipistrelle, je vois déjà venir les esprits joyeux !!

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