Ce soir, à l’heure où j’écris cette note, j’ai pas envie, enfin, plutôt, j’ai pas le cœur à aller creuser la tombe de notre Willou… Hier, il était trop tard, j’étais trop triste, trop éprouvée… Aujourd’hui, il faisait trop chaud et puis, nous avons pour habitude de laisser la dépouille de nos compagnons visible pour que les copains puissent passer se recueillir ou tout du moins se rendre compte qu’il en manquera un à l’appel le lendemain…

D’ailleurs, il s’est passé quelque chose de surprenant hier, en fin de journée. Alors que je rentrais de faire quelques courses, en arrivant, Lulu m’attendait, suivi de près par Maoré. Ces deux-là ne passent habituellement que la nuit, préférant se prélasser chez les voisins. Mais là, ils étaient bel et bien présents. Dingue. Je commence à arroser la végétation en souffrance et, surprise ! Will est arrivé ! Il ne quittait plus la cuisine depuis des jours et des jours, trop fatigué. C’est comme si les copains étaient venus lui dire un dernier au revoir et qu’il en avait conscience… Je ne l’ai compris qu’après, quand nous sommes rentrés dans la maison et que Will a soudain décompensé. Je le savais, je le craignais aussi. Panique. Ne pas le laisser agoniser. Sûr. Que faire ? Par l’un de ces miracles de la vie, des connexions qui unissent les défenseurs du vivant, j’ai autour de moi des personnes remarquables, professionnelles, qui ont tout de suite répondu à mes messages de détresse malgré l’heure tardive. J’ai pu accompagner notre bébé dans une clinique où il est parti apaisé, bercé de mots d’amour de ma part, bien évidemment, mais pas seulement… Quelle émotion… Il y a vraiment en ce monde de très belles personnes qui resteront longtemps à l’abri de mon cœur.

O’Malley 29 octobre 2024 – Ché 12 décembre 2024
En rentrant de la clinique, je me suis demandé où enterrer ce qu’il reste de notre petit chéri. Ma première pensée a été auprès de Ché et Malley. Ce matin, message de fifille : « J’ai vu pour Will, j’suis sûre qu’il est allé retrouver Chéché et O’Malley au paradis des chats et qu’il se sent beaucoup mieux… » Voilà, c’est acté. Ce sera là, après de ses amis qu’il reposera.
J’vous laisse, je vais confier notre ami à la Déesse Mère.

Edit 00 h 40
Finalement, tout s’est mieux passé que je ne le craignais. Certes, creuser une tombe dans la terre de garrigue, par 28° sous abri à 22 h (on en reparlera de cette non assistance au vivant en danger….), n’est pas chose des plus aisées, mais les copains sont arrivés un par un. Tous étaient présents pour me soutenir et accompagner Will…

Même Maoré est repassé…

Une fois la cérémonie terminée, Morphée, qui était devenu très proche de lui depuis les décès d’O’Malley et de Ché fin 2024, est allé se recueillir sur sa tombe, suivi de Lili… Dire que certains individus (je ne peux pas écrire « personnes ») nient le deuil chez les animaux non humains (quelle bande de cons ! Si ils vivaient en connexion avec la vie, ils sauraient – et devraient modifier leurs comportements… À lire).


Ça a été un beau moment de partage et d’accompagnement…

Le coeur en vrac, mais apaisée, je suis rentrée ajouter ces dernières photos à la note de blog et sont arrivés des mots… comme tombés du ciel, telle une pluie d’été salvatrice, tant attendue… si apaisants, de Robert, cet homme remarquable qui nous avait alerté à l’époque pour sortir ce petit chat de la misère :
« Je suis vraiment désolé d’apprendre cette nouvelle. Je m’excuse d’avoir attendu toute la journée avant de te répondre, mais j’avais besoin de faire le deuil de son départ. Comme on pouvait s’y attendre, cette nouvelle m’a profondément bouleversé. Merci beaucoup de m’en avoir parlé. Et merci de lui avoir offert tant d’années d’amour et de réconfort, la meilleure vie possible, en effet. Je n’aurais même pas pu imaginer qu’il vivrait onze ans lorsque nous l’avons recueilli dans la rue. C’est quelque chose de magique, et c’est sans aucun doute ce qu’il faut garder à l’esprit malgré la douleur causée par son départ. C’était une âme très spéciale, stoïque et forte.
Je te dois énormément pour cela (tout comme Will). Je t’en serai toujours reconnaissant. Et je suis désolé pour la douleur et le vide que tu dois ressentir (même si je sais que tu es assez courageuse pour trouver du réconfort dans l’amélioration de son sort depuis que tu es entrée dans sa vie).
I’ll never forget him – nor you. »
Mon Dieu que le monde est beau, malgré tout.
Très belle journée à vous,
Anti
