La charge émotionnelle

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Il y a trois ans, je vous parlais de la charge mentale via la super BD de l’artiste Emma, qui remet ça avec une nouvelle BD sur la très tendance ces dernières semaines (plusieurs journaux et magazines en parlent maintenant) charge émotionnelle (d’ailleurs évoquée dans le commentaire de Valentine à l’époque), cette autre notion, super intéressante aussi, que je vous propose de découvrir avec cet article du magazine Femme Actuelle, après cette petite vidéo :

Coronavirus : comment éviter la « surcharge affective »

On connaissait la charge mentale, voici la charge affective. Le psychanalyste Saverio Tomasella vient de publier un livre sur le sujet*, en collaboration avec la coach Charlotte Wills. La charge affective, c’est l’ensemble de nos sensations, émotions, sentiments, pensées, qui surviennent au cours d’une journée. Le problème survient lorsqu’il y a surcharge…

« La surcharge affective, explique Saverio Tomasella, c’est un trop-plein d’émotions venant des infos et du monde extérieur, comme on le voit en ce moment pour le coronavirus, par exemple. C’est une surcharge neutre, invisible et qui peut faire des dégâts… »

Plusieurs facteurs peuvent favoriser, selon lui, la surcharge affective :

Aujourd’hui, la période est anxiogène : nous sommes abreuvés d’infos alarmantes, sur la situation de l’Asie, de l’Italie, ou ou la propagation de l’épidémie en France, cela peut créer un trop plein émotionnel, susciter des peurs.
Le confinement ajoute une note angoissante puisque nous sommes des êtres de contact et de mouvement. On s’inquiète pour ses proches, cela ajoute beaucoup d’émotions et d’incertitudes.
Nous sommes dans une culture beaucoup trop souvent intellectuelle, avec des gens qui préfèrent raisonner plutôt que vivre, d’où le refoulement des émotions;
Nous sommes soumis à une overdose de développement personnel, alors qu’il faudrait davantage de développement existentiel (quel sens je veux donner à ma vie ? )

Les femmes plus concernées ?

La charge mentale concerne d’avantage les femmes. Qu’en est-il avec la charge affective ? « Nous sommes potentiellement tous et toutes concernées par la charge affective, répond le psy. Chacun de nous vit des relations avec les autres qui nous impactent. Alors les femmes sont-elles plus atteintes ? C’est possible, nous sommes encore dans une culture machiste, où les références, le langage restent machistes. Comme si la sensibilité, les émotions n’avaient rien à voir avec le masculin. « …

Attention, la charge affective n’est pas toujours négative : chaque jour est différent, apportant son lot d’événements, et quand ils sont stimulants et agréables, la charge affective est alors positive. « Mais si les infos sont anxiogènes, si on reçoit de mauvaises nouvelles, appuie le psy, et si cette surcharge émotionnelle s’installe durablement (en cas de deuil, de maladie, licenciement, divorces ;..) tous ces événements qui nous mettent à l’épreuve, il y a surcharge existentielle qui peut mener à ce qu’on appelle un burn out émotionnel. »

Comment savoir si on est en (sur)charge affective ?

Il faut repérer les signes avant-coureurs, identifier ce qui nous envahit ou nous perturbe: les amitiés toxiques, les amours délétères, bref, tout ce qui entre en résonance affective avec nous, tout ce qui nous fait sentir, penser, espérer, avoir des regrets aussi par rapport à nos différentes relations. « L’amitié, comme l’amour est source de bonheurs mais aussi de difficultés, de malentendus, souligne le psy. Heureusement, parfois les gens qui paraissent fragiles révèlent une force profonde face aux grands défis, je le vois aujourd’hui, en cette période de confinement dû à la peur du virus, avec certains de mes patients qui consultent par téléphone. »

Comment sortir de la surcharge affective ?

Saverio Tomasella et Charlotte Wills ont écrit ce livre pour aider les personnes qui sont en difficulté répétitive, ou qui ont plusieurs difficultés à la fois. Ils ont identifié plusieurs éléments qui peuvent les aider :

Apprivoiser ce que nous vivons, que ce soient les sensations (les bruits…), ou des moments chargés d’émotions.

Repérer les pensées dévalorisantes, et voir les capacités, et les ressources que nous avons en nous.
Poser des limites (savoir dire « aujourd’hui : je suis fatiguée, émue, je vais annuler tel rendez-vous… »)
Ne pas enfouir les émotions et sentiments sous le tapis.

« Il faut exprimer, dire ce qui nous pèse, nous tracasse, souligne Saverio Tomasella : on peut même râler un bon coup, c’est pas interdit ! On a besoin de dire ce qui ne va pas. Et si on n’y arrive pas, On peut aussi l’exprimer sous forme de journal intime. Ou consulter un psy ou un coach.« 

Pout tout cela, Saverio Tomasella propose des « outils simples » : la relaxation, la marche, le gi qong… En période de confinement, on peut aussi faire du yoga à la maison, se mettre à la méditation.

« Ancien comédien, je dirais aussi : faire du théâtre, s’exclame le psy, mais ça peut être faire des bouquets, du jardinage, apprendre un instrument de musique, tout cela sont des choses qui provoquent « des mécanismes de décharge », et cela doit passer par le corps.  » La communication non violente est aussi un outil : « lI faut prendre le temps d’exprimer sa demande, et être capable d’entendre ce que l’autre peut répondre. « 

Un tuyau efficace, donné par Saverio Tomasella : ralentir sa respiration, en insistant sur l’expiration, pour progressivement stimuler le système parasympathique : « C’est important de développer son souffle justement quand on a affaire à un virus qui touche les poumons et atteint le système respiratoire. On s’allonge, on ferme les yeux, on ralentit son souffle, et on prolonge chaque expiration, cela calme le corps, et apaise l’angoisse. »

(*) La charge affective, de S. Tomasella et C. Wills, éditions Larousse

Belle journée à toutes et à tous,

Anti

3 Replies to “La charge émotionnelle”

  1. Valentine

    Merci pour ta note fort à propos. Cette charge émotionnelle est une chape de plomb, au propre comme au figuré. Perso, je trouve mon équilibre dans le silence et je m’imprègne de la nature qui délivre de bonnes ondes.
    Ce qui n’empêche pas les gros coups de blues.
    Une année de merde qu’on a pas vu venir!

  2. Anti

    Avec plaisir Valentine. Je suis retombée dessus dernièrement et ça fait mouche à chaque fois. Difficile pour les uns de voir qu’ils pourraient en abuser et pour les autres de constater qu’ils (elles) sont en plein dedans à longueur de journées. Du coup, j’ai acheté les 3 premiers bouquins d’Emma, que nous avons reçus et commencé à lire avec grand plaisir. Elle traite de sujets variés et touche juste à chaque fois en quelques mots et quelques dessins. Chapeau !

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