Statue de torero virée de l’Intermarché de Nîmes

Hier, vers 17h, Nadine, une militante du CRAC Europe, découvre qu’à l’entrée de l’Intermarché de Vacquerolles à Nîmes une mise en scène a été installée pour faire la promo de certains produits à base de viande de taureau : un matador grandeur nature en train de toréer un taureau. Probablement le même que nous avions déjà fait virer d’un supermarché Auchan avec nos amis de la BACM il y a quelques mois. Coïncidence, je vais justement acheter quelque chose à Inter une demi-heure plus tard et tombe sur la même décoration obscène.

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Le temps que je rentre à la maison et Nadine a déjà lancé une cyberaction sur Facebook pour demander le retrait de cette horreur. L’ensemble des responsables et délégués du CRAC Europe sont informés par un mail afin qu’ils relaient l’info. En quelques heures, le gérant reçoit des centaines de mails courtois mais fermes et une avalanche de coups de téléphone.

Dans le mail que je lui envoie, je lui indique même le lien vers la cyberaction sur Facebook, histoire qu’il réalise bien que nous ne plaisantons pas et que cette histoire peut très vite prendre de l’ampleur à son détriment. Je lui fais aussi remarquer qu’une large majorité de Nîmois étant opposés à la corrida, il serait judicieux de ne plus vouloir contenter une toute partie de ses clients en risquant de se mettre à dos tous les autres qui ont cette barbarie en horreur.

Le lendemain (donc aujourd’hui) vers 10h du matin, Didier passe et demande à voir le gérant. Ce dernier est en réunion mais lui fait savoir qu’avec tous les messages qu’il a reçus depuis la veille, il a vite décidé de retirer la mise en scène et qu’il n’y aura plus rien à midi au plus tard. Didier précise néanmoins que quelqu’un du CRAC Europe passera pour vérifier et prendre des photos.

Nadine repasse vers 11h et a la joie de voir que tout a déjà été retiré. J’ y vais à 11h30 et j’en profite pour remercier la personne à l’accueil (celle à qui Didier a parlé) d’avoir montré autant de réactivité et de compréhension.  Elle semble très contente aussi de la façon dont tout s’est passé en douceur. Au total, cette mascarade indigne n’a été exposée aux yeux de la clientèle que quelques heures alors qu’elle était probablement prévue pour rester là au minimum jusqu’à la fin de la féria qui est sur le point de commencer à Nîmes, voire plus longtemps.

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Un grand merci au gérant d’Intermarché pour avoir tenu compte si rapidement de notre demande ! Il peut compter sur notre clientèle fidèle.

Je ne sais pas à qui est cette statue immonde qui ressort d’un supermarché à un autre mais j’espère que son propriétaire a compris, cette fois, qu’il n’a plus aucune chance de la placer à nouveau. Car sinon, nous serons là aussitôt pour le faire déguerpir.

Encore une reculade pour cette barbarie… Encore un pas en avant vers un monde qui en sera débarrassé.

10 Replies to “Statue de torero virée de l’Intermarché de Nîmes”

  1. anti

    Encore une fois, la barbarie recule ! Bravo ! Bravo ! Bravo !

    A titre personnel, plus égoïstement, je dois avouer que l’idée de devoir ne plus aller dans ce magasin proche de chez nous et dont nous apprécions le personnel m’embêtait. Je suis bien contente que le gérant ait pris notre demande en considération, comme ça, nous pouvons continuer à nous approvisionner chez lui 😉

  2. thomas elisabeth

    Nous finirons bien par les avoir ces « danseuses ridicules ». Quel bonheur de voir toute cette mobilisation.

  3. Zoé Lalande

    Merci à vous pour votre réactivité! Adhérente du CRAC , je me sens très concernée par votre combat contre cette barbarie même si j’habite le Nord-Ouest.

  4. soleil vert

    quelques petits plaisirs de la lutte anti-corrida : constater la platitude et l’indigence des commentaires des afiocs sur leurs sites, et constater le peu d’efficacité de leur contre-actions (même l’efficacité nulle) et voir tous les pans de visibilité de la corrida tomber les uns après les autres. Heureusement pour eux qu’ils s’appuient sur une caste d’élus et de préfets aux ordres, pour nous barrer la route, c’est le lot commun de tout système dictatorial en fin de règne : se crisper avec l’appui du bâton contre ceux qui savent qu’ils vont le virer

  5. claire donati

    Genial…il serait temps que toute cette tuerie s’arrête ,il faut que les politiques bougent mais il y a trop d’argent autour de cette cruauté en plus des sadiques,j’espère que tous nous allons y arriver ….Merci à vous

  6. Jean-Luc

    belle réussite et en douceur !

    mais chassez le naturel et il revient au galop comme au centre commercial du Géant d’Arles (Fourchon ?) où les 3 posters retirés en janvier dernier viennent de réapparaître …

  7. Anna Galore Post author

    Essayez un truc, pour voir. Allez-y, demandez à voir le gérant et dites-lui d’un air grave : « Bonjour, je suis du CRAC. Vous aviez retiré ces affiches en janvier parce qu’on vous l’avez demandé et là, vous les remettez. C’est probablement une erreur ? Vous devriez les enlever rapidement sinon attendez-vous à voir débarquer des militants anticorridas qui seront beaucoup moins calmes que moi, parce que, forcément, ça va les énerver que vous les ayez remises comme si vous vouliez les provoquer. Je repasse dans une heure pour vérifier ? »

    Chiche que ça marche 🙂

  8. guigui

    Moralité: » la ou le CRAC passe…la tauromachie trépasse »!
    Bravo à tous et toutes: Anna,Nadine, Nath, Didier…toujours en éveil sur Nimes.
    Aucun doute qu’avec eux, nous arriverons à bout de cette ignominie…et si notre carte d' »empêcheurs de torturer en rond » devient notre passeport pour lutter en région taurine, c’est encore mieux!

  9. Franck

    Bravo pour cette opération rondement menée.

    Une réflexion à propos de la viande de taureau de corrida. Dans l’abattage classique, pour des raisons sanitaires, l’animal est vidé au maximum de son sang au moment de l’abattage (on égorge un animal vivant, étourdi sauf dans l’abattage fermier et rituel, et l’animal meurt de la perte de son sang). Dans une corrida, l’animal n’est pas saigné, les bactéries doivent donc rapidement pulluler dans sa carcasse. La pullulation doit être accélérée par la chaleur de l’été, par le fait que l’animal mort est traîné et manipulé par des engins peu propres, et qu’il n’est pas nécessairement traité de façon immédiate. Je ne suis pas sûr que dans les petites places taurines (les villages), les week-end d’été, la carcasse soit toujours rapidement mise dans un endroit réfrigéré. Il est donc possible que de la viande de taureau de corrida soit parfois mise sur le marché alors que sa teneur en bactéries est excessive, non conforme. Des contrôles microbiologiques mandatés par des anticorrida aux endroits les plus sensibles (par ex viande provenant d’une corrida réalisée un dimanche d’été dans un village isolé sans bon équipement) pourraient éventuellement révéler un scandale sanitaire.

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