Nîmes en fête – Nous sommes en deuil

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 » Ainsi dans un grand troupeau, si une génisse a succombé, autour du cadavre étendu pour toujours, neuf soirs consécutifs,
taureaux et taures viennent, sombrent, pleurer la malheureuse…
Et le marécage et l’onde et le vent de leurs douloureux mugissements retentissent neuf jours « 

F. Mistral, Mirèio, cant XII

Au cours de cette étude sur l’élevage et les moeurs du taureau sauvage de Camargue, j’ai pu parfois paraître amené à accorder à cet animal non seulement plus que de l’instinct, mais encore dans divers cas, une certaine intelligence…

On a pu décrire, au sujet de certaines races d’animaux ou d’oiseaux, l’amour, qui va jusqu’au sacrifice, entre mâle et femelle, ou encore l’amour du père et de la mère pour leurs petits. Mais a-t-on jamais parlé du deuil d’une collectivité animale ? Ce deuil collectif existe cependant chez le taureau Camargue.

Mistral a décrit ce moment pathétique dans Mirèio et Mme Flandreysy… a réuni dans ses Archives Iconographiques du Palais du Roure, en Avignon, de curieuses photographies… Un membre du troupeau vient-il à mourir, la vue de sa dépouille étendue sur le sol met en émoi la manade toute entière.

Suite et source du texte ici.

Nîmes est en fête, et moi je pleure la bêtise cruelle des animaux à deux pattes qui se croient dotés d’un cerveau…

anti, en deuil.

14 Replies to “Nîmes en fête – Nous sommes en deuil”

  1. Terrevive

    Tout cela est d’une immense tristesse. La vision de l’enfant regardant cet horrible spectacle est angoissante.

    J’ai lu qu’un taureau qui entre dans l’arène, va directement où l’autre est mort avant et que l’on appelait ce comportement : « la passionaria ».

    Comment ceci peut-il avoir le nom de « fête »!!!

  2. sylvana

    Comme beaucoup d’entre nous, mon coeur est triste ! Comment peut-on s’amuser autour d’une tombe ?

  3. Véronique

    Pour moi aussi, c’est une catastrophe, un crime !
    Mais gardons grand espoir que les mentalités changent, j’en suis plus que persuadée !

  4. anti

    http://www.20minutes.fr/societe/940567-corridas-aficionados-boudent-arenes

    Corridas: Les aficionados boudent les arènes

    TENDANCE – Crise ou évolution des mentalités? Certaines enceintes peinent à faire le plein…

    Jusqu’à lundi, pour les férias de la Pentecôte, les arènes de Nîmes accueilleront les taureaux les plus vigoureux. Mais le public sera-t-il au rendez-vous? L’an dernier, 80.695 spectateurs avaient assisté à une corrida nîmoise, 3.000 de moins qu’en 2010. Une baisse de la fréquentation expliquée, selon la mairie, par une météo pluvieuse.

    Mais la tendance se confirme d’année en année: les corridas attirent de moins en moins dans l’Hexagone. Celles d’Arles, qui ont lancé la saison 2012 des férias françaises, à Pâques, ont attiré 38.500 spectateurs payants, soit 8% de moins que l’année précédente.

    Entre 2010 et 2011, les arènes de Bayonne ont conservé leurs 50.000 spectateurs, mais avec une corrida supplémentaire. Pour les professionnels de la tauromachie, ce tassement de la fréquentation s’explique par la crise économique. Guillaume François, de l’Union des villes tauromachiques de France, est formel: «Il n’y a pas de désaffection du public! Au contraire, en période de difficultés, l’art tauromachique est un exutoire! La crise est conjoncturelle. D’ailleurs, tous les spectacles sont touchés par un pouvoir d’achat en berne.»

    «Trois corridas de moins, mais plus sauvage»

    Pour contenir le prix des places aux arènes (entre 16 et 100 euros), les sept arènes françaises de 1re catégorie – les plus importantes –, ont décidé en octobre dernier de baisser les cachets des torreros vedettes, au-delà de 60.000 euros par course. De quoi éviter que les coûts pris en charge par les communes, n’explosent: la ville de Bayonne, après les férias 2011, était ainsi déficitaire de 370.000 euros.

    Le directeur des arènes, Olivier Baratchart, a donc prévu cette année de réduire la voilure. «Nous allons faire trois corridas de moins, mais plus sauvages. Sortir du soft.» Du côté des associations anti-corridas, la baisse de la fréquentation est d’abord le résultat de l’évolution des mentalités.

  5. Anna Galore

    «Nous allons faire trois corridas de moins, mais plus sauvages. Sortir du soft.»

    Ca veut dire quoi « plus sauvages » ? Qu’ils vont débiter le taureau vivant à la hache ? Ou lui planter des banderilles enflammées comme ça se fait encore couramment en Espagne ?

    En plus, reconnaitre de façon aussi explicite que même aux yeux des aficionados, la corrida c’est sauvage et qu’il faut donc qu’elle le soit encore plus pour remplir à nouveau les arènes… Quelle crétinerie effarante !

  6. artivette

    Ca veut dire quoi « plus sauvages » ? Qu’ils vont débiter le taureau vivant à la hache ? Ou lui planter des banderilles enflammées comme ça se fait encore couramment en Espagne ?

    non pas du tout

    demandez à CS elle, elle le sait ;-)))

  7. anti

    Témoignage d’un repenti (site de la FLAC)

    Je n’étais pas ce qu’il convient d’appeler un aficionado pur et dur, mais pendant plus de dix ans, je suis allé voir des corridas.

    Comme beaucoup au départ, je suis allé dans les arènes pour faire comme les autres (et comme les copains)… surtout en période de féria ; car c’est presque « normal » d’aller voir une corrida. Cependant, j’ai souvent eu du mal à supporter la phase des piques; surtout lorsque celles ci étaient très appuyées, au point que j’étais content lorsque le torero renvoyait les picadors avant qu’ils n’entrent en action. Au fil des années, je devenais sensible à la souffrance du taureau, et troublé par ce que j’appelle aujourd’hui « actes de barbarie ». Malgré cela, j’y assistais encore ; jusqu’au jour où enfin un taureau m’a fait prendre conscience que ce ne sont pas que des « animaux féroces » comme ils sont présentés.

    Au cours de cette corrida, le torero réalisait ses passes à l’opposé du toril, et vint enfin la mise à mort; épée enfoncée jusqu’à la garde. Là, en vacillant et beuglant de douleur, le taureau se dirige vers le toril. Mais c’est un véritable chemin de croix ; son sang coule à flot par sa gueule. Il fait trois, quatre pas, s’arrête, semble réunir ce qu’il lui reste de forces, repart, et ainsi traverse l’arène pour enfin arriver devant la porte du toril et s’affale. J’ai tout de suite quitté l’arène, sans attendre le supplice des trois autres condamnés à mort.

    C’était ma dernière corrida.

    Bien sûr, chacun peut interpréter cela à sa manière, et pour moi, c’est certain, il a voulu aller mourir près de ses congénères (qui hélas allaient subir le même sort), avec lesquels il avait été « heureux » de vivre.

    Je suis un repenti, mais cela ne me gène pas. J’ai longtemps nié l’évidence, mais maintenant je suis en paix avec mon esprit, et j’aime encore plus les taureaux, mais uniquement dans les pâturages.

  8. sylvana

    Oui quel tristesse ! Cela est encore plus criant quant il fait beau. Nous avons les deux extrêmes qui nous rendent mélancoliques : la beauté de la nature contraste avec cette sauvagerie des temps modernes, engendrée par l’homme on ne peut s’empêcher de penser : mais pourquoi tant d’atrocités ? N’y a-t-il pas suffisamment de souffrances sur terre ? Pourquoi en rajouter par cupidité, orgueil, celle-là on peut la supprimer de suite, il suffit de la volonté. Mais bon je vais faire preuve d’optimisme voici un lien qui va tous nous ravir, qui nous montre que l’étau se resserre : Cette fois ç’est le Portugal qui est concerné :

    http://www.google.fr/url?sa=t&rct=j&q=la%20fin%20des%20corridas%3F&source=web&cd=5&ved=0CF0QFjAE&url=http%3A%2F%2Fgalgos-ethique-europe.over-blog.org%2Farticle-portugal-et-torture-taurine-105076872.html&ei=M1O_T7XUIYTD8QPc98HPCg&usg=AFQjCNHqu5f715tw4MMwDgrq-ZUzGnVfMw&cad=rja

  9. Anna Galore

    « Pour la première fois, la volonté claire de la grande majorité de la société portugaise de définitivement abolir ces évènements cruels a été entendue par le pouvoir politique portugais au plus haut niveau.  »

    Magnifique ! Vous allez voir, la France va être la dernière à s’y mettre alors qu’elle n’a fait que pomper il y a un siècle des traditions millénaires, barbares et révolues, venues de pays qui, eux, les font reculer à grands pas : corrida déjà abolie en Catalogne, bientôt au Portugal, à quand le reste de l’Espagne et la France ?

  10. sylvana

    Et si l’abolition venait de la compagne de notre Président ( on connaît l’influence des femmes chez les grands hommes… et les autres d’ailleurs …Mdrrrr……) après tout c’est à cause d’ Eugénie de Montijo, femme de Napoléon III et fanatique de corridas, c’est à partir de là que se sont vraiment enracinées les corridas pour le malheur de ces pauvres ruminants ! Quelle revanche ! ce serait un juste retour des choses ! Allez Valérie, tu as du caractère, fonce …tu es contre la corrida, tu as des arguments que nous n’avons pas, démarques-toi de la précédente potiche qui n’a jamais répondu aux courriers des anti-corrida contrairement à toi !!! nous sommes avec toi !!!

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