N comme Nature

Photos anti, Bretagne 2010 sauf pour la dernière, prise l’an dernier dans la région.

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Marche dans les forêts, sur les rivages, les sommets
Admire chaque jour le ciel et l’horizon.
Prends soin de cette Terre : elle est la tienne, pour toujours,
Tu y retourneras un jour.

Depuis quelques jours, j’ai envie de partager avec vous cet extrait de « Et n’oublie pas d’être heureux. Abécédaire de psychologie positive » de Christophe André – Ed. Odile Jacob : N comme Nature.

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Le contact avec la nature nous rend heureux et nous fait un bien fou, à tel point qu’en médecine on commence à parler de « vitamine V » : V comme Vert. La nature représente pour l’espèce humaine une source vitale de santé mentale et corporelle, et pas seulement parce qu’elle nous fournit de la nourriture et des plantes médicinales. Sa simple présence est pour nous « thérapeutique ».

Les premiers travaux modernes dans ce domaine furent l’œuvre de l’architecte et chercheur Roger Ulrich, dont le premier grand article, publié en 1984 dans la prestigieuse revue Science, ouvrit la voie à de nombreuses recherches ultérieures : il y montrait comment le fait de bénéficier de chambre avec vue sur un parc entraînait une convalescence plus rapide chez les patients hospitalisés en chirurgie. Depuis, ce type de données a été très largement reproduit et confirmé : être en contact avec la nature entraîne des bénéfices cliniques (bien-être accru, diminution des symptômes liés au stress) et biologiques (baisse du cortisol sanguin, lié au stress, de la pression artérielle, du rythme cardiaque). Dans les villes, les habitants des quartiers proches des espaces verts (parcs et squares) bénéficient d’une meilleure santé que les autres. Les effets de la verdure sont perceptibles même lorsque la nature n’est incarnée que par des images ou des plantes vertes, mais ils sont plus amples encore en cas d’immersions répétées dans la « vraie » nature : de nombreuses études ont prouvé les conséquences favorables de ce que les Japonais nomment le « shinrin-yoku », qu’on peut traduire par bain de forêt (comme il existe des bains de soleil). Les balades en forêt entraînent ainsi des bénéfices biologiques et psychologiques multiples, comme une amélioration des réponses immunitaires dont l’effet persiste environ un mois après deux jours de balade.

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Un bon week-end de marche en forêt pour se protéger quatre semaines durant des rhumes et autres refroidissements : intéressant non ? Et ces effets ne sont pas seulement dus à la marche (qui elle aussi est bonne pour la santé, on le sait) : un temps de balade équivalent en milieu urbain n’a pas les mêmes effets qu’une marche en forêt. Il existe donc un bénéfice spécifique lié à la nature et à la verdure, à propos duquel on ne peut que faire des hypothèses : est-ce simplement dû à un environnement calme et harmonieux et à l’absence d’agressions visuelles, olfactives ou sonores ? Différents travaux montrent enfin que le contact avec la nature facilite la récupération mentale après des tâches complexes et améliore les performances subséquentes, qu’il renforce la vigilance, l’attention, la mémoire, etc.

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L’immersion dans la nature satisfait très certainement des besoins archaïques légués par l’évolution de notre espèce (les environnements verts sont depuis toujours des sources d’eau et de nourriture). Une preuve indirecte réside dans le fait que notre cerveau est sensible, sans que nous en soyons conscients, à la biodiversité : le mieux-être que nous ressentons dans la nature est proportionnel à la multiplicité des espèces de plantes et de chants d’oiseaux ! Là encore, c’est logique : nous avons gardé une mémoire ancestrale et inconsciente de ce qui est bon pour nous en termes de ressources, qu’il s’agisse de leur abondance, mais aussi de leur variété. Bref, le « sequi naturam » (« suis la nature ») d’Aristote représente une véritable cure de bien-être, mesurable en laboratoire et in vivo ! Mais ce constat scientifique ne va pas sans poser quelques soucis si l’on sait que la diminution du lien à la nature est le destin de la plupart des habitants de la planète. En 2010, un humain sur deux est un citadin, et ce chiffre va croissant : il est déjà de 80 % chez les Occidentaux, qui passent aujourd’hui plus de temps devant les écrans que dans la nature (screen time contre green time). Il est donc médicalement urgent et écologiquement intelligent pour les spécialistes de santé publique de se pencher à nouveau sur la « vis medicatrix naturae » des Anciens, la « force guérissante de la nature ». Et peut-être aussi de relire Thoreau et son Journal : « Aucun homme n’a jamais imaginé à quel point le dialogue avec la nature environnante affectait sa santé ou ses maux. » Alors, même si vous habitez en ville, cherchez le parc le plus proche de votre domicile et faites de votre mieux pour y passer régulièrement, si possible aux heures creuses pour pouvoir y marcher ou méditer en écoutant le chant des oiseaux prendre le dessus sur le bruit des voitures. Et inscrivez-vous dans un club de randonnée pédestre : même une seule journée de balade par mois aura de l’effet.

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Et n’oublie pas d’être heureux. Abécédaire de psychologie positive – Christophe André – Ed. Odile Jacob.

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Très belle journée à tous,

Anti

Photos anti, Bretagne 2010 sauf pour la dernière, prise l’an dernier dans la région.

7 Replies to “N comme Nature”

  1. valentine

    Oh oui un bain de forêt, comme c’est joli. Je m’y plonge aussi souvent que possible loin des bruits de plus en plus agressifs des villes.
    La nature est généreuse et sans jugement. Et quand le vert tendre des jeunes pousses des feuilles des arbres va éclater, le bonheur!
    La nature, plus que jamais pour moi aujourd’hui est source d’équilibre.
    Et j’aime beaucoup Christophe André!

  2. anti Post author

    « Et j’aime beaucoup Christophe André! »

    Moi aussi et même de plus en plus. Je lui ai écrit à l’automne dernier abasourdie que j’étais d’avoir entendu à la radio qu’il était présenté comme une personne aimant la corrida, et il a pris la peine de me répondre, ce dont je le remercie. Je ne pouvais pas comprendre ses écrits et cette position. Il m’a éclairée :

    « Chère Madame,

    Je vous remercie de votre courrier, à propos de la présentation de « gars du Sud-Ouest » faite par une journaliste à mon propos.
    Je suis très sensible à vos arguments et les partage depuis plusieurs années, grâce notamment à mes discussions avec Matthieu Ricard.
    La présentation de la journaliste a été rajoutée après enregistrement de mes propos ; si elle l’avait dit devant moi, j’aurais corrigé. Quant au portrait du JDD, il évoquait justement ma jeunesse, mais plus mes positions actuelles.
    Je publie d’ailleurs prochainement dans La Vie, dans le cadre d’un dossier sur le végétarisme, un article où j’explique pourquoi j’ai renoncé à la corrida et au foie gras (même si effectivement, ils représentent un pan de ma culture d’origine). »

    Et de fait :

    Dr Christophe André : »si je continuais d’y aller (aux corridas), je n’oserai plus regarder Matthieu Ricard et mes amis bouddhistes dans les yeux. »

    « Mes racines sont dans le Sud-Ouest. Autrement dit : j’aime le rugby, le cassoulet, la corrida, les randonnées et le foie gras. Ou plutôt, j’ai follement aimé tout cela.

    Pour la corrida, c’est difficile aussi : j’aimais beaucoup l’ambiance festive des arènes, les airs désuets de paso-doble, le courage des matadors, les frissons à la sortie du taureau, les discussions passionnées avec mes camarades sur telle ou telle passe technique. Mais si je continuais d’y aller, je n’oserai plus regarder Matthieu et mes amis bouddhistes dans les yeux. »

    http://spinescent.blogspot.fr/2014/10/comment-je-suis-devenu-presque.html

    Source : http://www.lavie.fr/hebdo/2014/3606/comment-je-suis-devenu-presque-vegetarien-08-10-2014-56791_641.php

  3. valentine

    Formidable réponse! Elle colle parfaitement à l’idée que l’on se fait du bonhomme. Tu as bien fait de lui écrire.
    Je pense que c’est chez toi que j’ai découvert un de ses livres!

  4. Zaza

    En forêt nous y allons le week-end , et ça fait du bien , le silence , la nature ça nous fait du bien loin de toute cette agitation et pollution.

  5. anti Post author

    « Tu as bien fait de lui écrire. »

    Oui, car si je ne l’avais pas fait, je serais restée dans le doute.

    Ah Zaza ! Tu me donnes encore plus envie d’aller me promener aussi ! Vivement le week-end !

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