Au revoir, Jacques

Notre ami Jacques Dary s’est éteint le 27 mars 2018 dans son sommeil, sans souffrance. Notre première rencontre a eu lieu chez nous le 9 avril 2012. Lui, l’immense pionnier de la lutte anticorrida en France, était venu nous demander avec une humilité extraordinaire s’il serait possible d’éditer un livre de mémoires, celui de Liliane Sujanszky – ce que Stéphanie a fait au bout de trois ans de travail et de rencontres merveilleuses.

Première visite de Jacques chez nous

Ce jour-là, il était resté longtemps. Le début d’une amitié profonde. Très vite, lui qui vouvoyait tout le monde était passé avec nous au tutoiement, un honneur rare.

Par la suite, il est venu souvent nous voir à la maison, comme ça, pour le plaisir. Il nous disait à chaque fois qu’il adorait l’atmosphère qui s’en dégageait, les chats détendus qui allaient et venaient un peu partout, notre bric-à-brac d’objets d’artisanat et de bibelots originaires de contrées proches ou lointaines, les couleurs…

M’est revenu, parmi tant d’autres souvenirs agréables en sa compagnie, celui d’une très belle journée, mi-août 2016. J’avais quitté le CRAC une semaine auparavant. J’avais appelé Jacques pour le mettre au courant. Il nous avait invités, Stéphanie et moi, à venir partager un restau à Alès (la brasserie qui donne sur la petite place avec une fontaine où nous avions été plusieurs centaines à nous installer pour une pause lors de la manifestation anticorrida de 2013). Il avait tenu à nous offrir le repas. Nous étions ensuite passés chez lui et restés un moment, avec ses chiens, sur la petite terrasse devant sa maison.

Je raconte cette anecdote ici : http://www.annagaloreleblog.com/2016/08/16/jacques-que-du-bonheur/

J’avais écrit en particulier : « Jacques, c’est que du bonheur. Une amitié sans failles, une confiance constante, un soutien de tous les instants même dans les moments les plus difficiles, une bonhomie détendante, un esprit intègre et droit comme nous l’aimons. »

Je ne devais le revoir qu’un an plus tard, l’été dernier, au CHU de Nîmes où il avait été hospitalisé pour de gros problèmes de santé. J’étais allé le voir tous les jours, il était heureux comme tout de mes visites et je lui avais offert « Corrida, tu veux un dessin ? », qu’il avait adoré. C’était la dernière fois que je le voyais. Ensuite, il s’est fait opérer et sa famille est venue le chercher pour le ramener à Alès.

Hier, nous étions à ses obsèques dans un petit village des Cévennes. Sa femme chérie y repose, dans un caveau familial où il l’a rejointe pour toujours. Nous avons passé l’essentiel de notre temps avec l’un de ses fils et son épouse. Ils habitent une maison juste à côté de celle où vivait Jacques, sur le terrain où ce dernier avait créé et installé son imprimerie (le bâtiment à l’abandon est toujours là). Un couple adorable, qui a été à ses côtés jusqu’au bout. Lui est guitariste, on a tout de suite sympathisé quand Jacques nous l’avait présenté il y a quelques années. Comme ils nous disaient hier qu’ils avaient beaucoup aimé la photo choisie pour accompagner notre hommage sur le site de No Corrida (celle qui figure en deuxième dans cet article), nous allons la leur envoyer ainsi que toutes les autres photos des moments heureux que nous avons passé avec lui ces six dernières années.

Nous avions, Stéphanie et moi, un respect et une affection immenses pour lui. Il est dans nos pensées pour toujours.

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