« La corrida, vous n’y comprenez rien ! »

Hier, une personne procorrida dont le pseudo est Nanoudu59 est venue exprimer son point de vue en réaction à mon article « Corrida, des vérités qui dérangent« . Ses mots sont un véritable florilège du niveau zéro des arguments aficionados. En résumé, ce que dit Nanou (je peux vous appeler Nanou ?), c’est : la corrida, vous n’y comprenez rien, allez en voir une et ensuite vous comprendrez.

Parce que sinon, forcément, on est « manipulés et assez stupides pour croire tous ces médisants ». C’est pourquoi, Nanou insiste : « Allez voir une corrida, faites vous expliquer, vous comprendrez. »

Bon. Je vous prends au mot : « Arrêtons de dire des conneries sur la corrida ». Regardons les faits de façon posée et objective. Ce n’est que comme ça qu’on peut se faire une opinion.

La corrida, c’est quoi ?

1 – C’est un spectacle. Là-dessus, je pense qu’on est tous d’accord. On parle de « spectacle tauromachique » pour être plus précis. Un spectacle auquel viennent assister des centaines, voire des milliers de personnes. Gardons bien cela en tête, c’est très important.

2 – Ce spectacle est « le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves ou de commettre un acte de cruauté envers un animal ». Ça, ce n’est pas moi qui le dit (même si je le pense), c’est la loi et plus précisément l’article 521-1 du Code pénal. C’est dans ce cadre qu’entre la corrida selon cet article puisque justement il prévoit d’autoriser l’exercice de ses sévices graves et de ces actes de cruauté « lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ». Ce qui n’enlève rien au fait que la corrida consiste à exercer des sévices graves et des actes de cruauté envers un animal, en l’occurrence un taureau.

3 – Ces sévices et actes de cruauté, quels sont-ils ? Le taureau est transpercé par de multiples piques (lances de 2m60 de long), harpons (appelés banderilles), épée et poignard (appelé puntilla) jusqu’à ce qu’il succombe. Le monsieur qui procède à la mise à mort s’appelle le matador, un mot espagnol qui veut dire « tueur », ce qui a le mérite d’être clair.

Bon, d’accord, je crois que là, on commence à bien comprendre. Je résume : la corrida est un spectacle consistant en des actes de torture sur un taureau jusqu’à ce qu’il en meure.

Pourquoi un aficionado trouve que c’est bien de faire ça ?

Nanou nous l’explique : « Un taureau est une bête sauvage et dangereuse. Une vache laitière est une bête apprivoisée avec des gènes différents. A ne pas confondre… »

Ah… Là, j’ai un peu de mal à suivre la pensée profonde de Nanou.

Bon, d’abord, une parenthèse purement scientifique : la différence entre un taureau et une vache, c’est seulement leur sexe. L’un est le mâle et l’autre la femelle. Que Nanou estime que la « vache à lait est une bête apprivoisée », c’est vrai mais que cela soit dû à « des gènes différents », c’est faux. Ce n’est pas parce qu’on modifie la personnalité d’un animal ou d’une personne qu’on modifie son patrimoine génétique. Je referme la parenthèse.

Si je comprends bien Nanou, puisqu’un taureau est « une bête sauvage et dangereuse », cela justifie non seulement qu’on le torture à l’arme blanche jusqu’à ce qu’il en meure mais qu’on fasse de cela l’objet d’un spectacle.

Mais alors… pourquoi ne fait-on pas de corridas avec des lions ? Un lion, c’est quand même autrement plus « sauvage et dangereux » qu’un taureau élevé dans un champ quelque part en Espagne ou dans le sud de la France. Un taureau, aussi impressionnant soit-il, est un bovin herbivore. Il n’est le prédateur d’aucune autre espèce animale. Alors que le lion, là, oui, ça c’est du prédateur et pas n’importe lequel : tout-le-monde le surnomme le roi des animaux, c’est dire.

Sauf que… sauf que… si on mettait un lion dans une arène et qu’un type à cheval s’approchait de lui pour lui planter une pique de 2m60 de long en travers du cou, il y a fort à parier qu’en moins de deux minutes, le lion tuerait le cheval et son cavalier. Et ensuite, quand trois mecs approcheraient avec des banderilles pour les lui planter dans le dos, pareil, ils se feraient bouffer aussi sec avant d’avoir le temps de faire quoi que ce soit. Et enfin, quand un pantin en collants roses moulants remuerait sa cape devant le lion, lui aussi vivrait ses dernières secondes avant d’avoir la nuque brisée d’un coup de patte par le fauve repu.

Bref, sauf incroyable miracle pour les humains, ce serait le lion qui gagnerait. Franchement, aussi peu de suspense, ça n’aurait aucun intérêt.

Alors qu’avec un bovin herbivore, c’est complètement différent. On choisit ceux qui ont des grandes cornes pour que ça fasse un peu plus impressionnant qu’une vache, quand même. On les « prépare » pour qu’ils soient très énervés et surtout effrayés au moment où ils sont lâchés dans l’arène. Et un bovin, c’est tout bête. Il sent un danger, il tente de s’enfuir. C’est ce qui se passe quand on lâche un taureau dans une rue, il file tout droit. Mais dans une arène, c’est impossible, il ne peut que tourner en rond. Et là, entre les deux planteurs de piques (les picadors), les trois qui mettent les banderilles (six en tout), le pantin en collants roses moulants qui a une épée et le boucher verdâtre qui termine le taureau agonisant à terre à coups de puntilla dans le bulbe rachidien, ben le taureau, il n’a aucune chance.

Attendez, attendez, j’entends les aficionados qui me crient : « Mais si, le taureau a une chance, c’est un combat où il peut gagner, voire même tuer le matador, ça arrive ! » Rappelons-leur quand même deux chiffres que j’ai souvent cités :

– Depuis le 18e siècle, dans le monde entier, 57 matadors ont été tués par des taureaux. Il y en a eu en gros une vingtaine dans les cent dernières années.
– Depuis le début de l’année, dans le monde entier, 250 000 taureaux ont été tués dans des spectacles tauromachiques. Et ça, c’est chaque année.

Autrement dit, les chances que le taureau gagne en tuant le torero sont de 1 contre 1 000 000.
Celles que le torero gagne en tuant le taureau sont de 999 999 sur 1000000 (j’ai arrondi).

57 en deux siècles contre 250 000 par an, je n’appelle pas ça un combat où chacun a sa chance.

J’appelle ça un massacre.

J’appelle ça une escroquerie sinistre parce que le matador est présenté comme un héros alors que c’est un lâche qui ne prend quasiment aucun risque pour sa vie (et je ne vais pas pleurer s’il se fait encorner alors qu’il fait tout pour massacrer un animal qui n’a pas demandé à être là, lui).

J’appelle ça une barbarie parce que ce massacre est l’objet d’un spectacle.

J’appelle les spectateurs des sadiques parce qu’ils se réjouissent d’assister à cette barbarie et je les appelle des pervers parce qu’ils vont ensuite vous raconter qu’ils aiment les animaux.

En fait, dans les corridas avec des taureaux, il y a aussi peu de suspense que si on faisait des corridas avec des lions. Sauf qu’avec les taureaux, c’est toujours l’homme qui gagne, à part exception rarissime. D’où l’intérêt pour ces pleutres de prendre des taureaux plutôt que des lions.

Une fois, alors que j’expliquais ça à un aficionado, il m’avait dit : « Vous préfèreriez que ce soit l’homme qui meure ? » Je lui ai répondu : « Non, je préfèrerais qu’il n’y ait pas de corrida. »

Faut-il voir une corrida pour trouver que c’est beau ?

Nanou le pense. Je cite : « Avant, j’étais contre, maintenant, je suis pour et je soutiens la corrida… Pourquoi ? Parce que je n’ai pas voulu me faire manipuler par des on-dit et que j’ai préféré me renseigner par moi-même. »

Mauvaise pioche. Plusieurs des personnes qui interviennent sur ce blog ont assisté à des corridas « pour comprendre » à une époque de leur vie où elles n’avaient pas d’opinion particulière. Et elles sont devenues anticorridas quand elles ont vu ce que c’était : un spectacle consistant en des actes de torture sur un taureau jusqu’à ce qu’il en meure.

Faut-il voir des petites filles se faire exciser pour comprendre que l’excision est une horreur même si elle est pratiquée en raison de « tradition locale ininterrompue » ?

Faut-il voir des gamins porter des briques 15 heures par jour dans certains pays où le travail des enfants est une « tradition locale ininterrompue » pour comprendre que leur sort est inhumain ?

Faut-il assister à des génocides pour comprendre qu’il s’agit de crimes épouvantables même si une idéologie s’affirmant légitime en est le prétexte?

Faut-il voir un taureau se faire massacrer à l’arme blanche par six hommes dans un enclos sans issue pour comprendre que c’est une barbarie, même si les spectateurs sont en joie et les exécutants en tenues colorées ?

Tiens, Nanou, une dernière petite histoire à ce sujet. Au début des années 90, la directrice de la SPA s’appelait Lilianne Sujanski. Elle, cela faisait déjà dix ans qu’elle avait commencé à écrire des articles contre la corrida. L’un de ses amis, un imprimeur d’Alès qui venait de prendre sa retraite, n’avait jamais vu de corrida et n’avait pas d’opinion à ce sujet. Lilianne Sujanski lui a dit d’aller voir par lui-même. Et puisqu’il avait désormais tout le temps, il est aussi parti en Espagne visiter les plus réputés des élevages de taureaux destinés aux corridas. Il a vu, il a compris.

Son nom ? Jacques Dary. A son retour, au printemps 1991, il a créé le CRAC, la première association française anticorrida.

Comme le dit si bien Nanou : « L’intox nuit à tout ce qu’elle touche, mais heureusement que l’homme est assez intelligent et sensé pour comprendre. »

Nous, la corrida, on a compris ce que c’est. J’espère que tous ceux qui passent ici parce qu’ils veulent comprendre, eux aussi, ont compris.

Il faut abolir cette barbarie.

En complément de cette note, un excellent tour d’horizon des idées fausses sur la corrida peut être lu ici : http://www.cas-international.org/fr/home/souffrance-des-taureaux-et-des-chevaux/idees-fausses/ (merci à Zaza pour me l’avoir indiqué)

11 Replies to “« La corrida, vous n’y comprenez rien ! »”

  1. Poncet Montange Monique

    Un grand MERCI pour cette réponse percutante! Tout est dit. Merci pour ce que vous faites,je vous soutiens de tout mon cœur.
    Monique

  2. Happycoyote

    Chère Anna,
    Il est vrai que Nanou n’était pas claire et que ses explications rapides et certainement sous le coup d’une réaction spontanée paraissaient confuses.
    Il est un point qu’elle abordait qui n’est pas si bête, c’est que le taureau n’est certes pas un lion, mais n’est pas pacifique non plus.
    Les ruraux (en êtes vous ?) attachent certains taureaux qui ne sont pourtant pas des toros de lidias et nous avons tous en tête des histoires où des vaches ou des taureaux nous ont chargés dans les près ou en montagne. Et les taureaux de combat arrivent à s’entre-tuer dans les élevages…
    N’étant ni pro, ni anti, je sais aussi que le nombre de bovins tués dans les abattoirs est le vrai massacre. C’est l’industrie alimentaire qui force la consommation de viande. Les braves urbains ne se rendent pas compte que leur steak haché fut un animal (en général les ruraux le savent). Que cet animal ne fut pas toujours respecté et est mort dans le stress d’un abattoir.
    Certes la corrida n’est pas joyeuse, mais les taureaux de Lidia sont choyés et couvés et meurent au soleil, parfois honorés par leur tueur.
    Imaginez vous un salarié d’abattoir embrasser la vache qu’il vient d’égorger et lui rendre hommage ? Certes ça ne change pas la souffrance ni la viande, mais le rapport entre la bête et l’homme est différente, mais il y a une relation, toute critiquable qu’elle soit…

    HC

    PS : Et s’il vous plait de répondre, ne soyez pas à l’emporte pièce, sinon c’est inutile. Merci.

  3. Anna Galore Post author

    Merci pour ce commentaire détaillé auquel je vais vous répondre de la façon posée que vous avez eu l’amabilité d’utiliser, ce dont je vous remercie.

    Concernant l’agressivité des taureaux ou des vaches que l’on vient déranger dans leur pré, je crois qu’on peut en dire autant de la plupart des animaux (essayez de piquer un os à un chien) et que cela ne justifie pas pour autant qu’on les utilise dans des spectacles de torture menant à leur mort quasi certaine. C’est vraiment là qu’est le point le plus important sur lequel se base notre opposition à la corrida : rien ne justifie à nos yeux qu’un animal soit torturé et, pire, que cette torture soit donnée en spectacle.

    Certes, une très grande majorité d’êtres humains mangent de la viande bovine (et aussi porcine, chevaline, caprine, aviaire, etc.) mais à ma connaissance, aucun abattoir ne propose de faire un spectacle payant du travail qu’il est chargé de faire et c’est bien toute la différence.

    Même si j’ai opté à titre personnel pour le végétarisme, je conçois parfaitement que des gens mangent de la viande (j’en ai fait partie) et que donc, il y ait besoin d’abattoirs pour répondre à leurs habitudes alimentaires. Mais la corrida n’a pas pour vocation première l’abattage à des fins alimentaires, elle est classée à juste titre dans les « spectacles tauromachiques » car c’est bien ce qu’elle est : un spectacle. Le fait que le taureau tué à l’issue d’une lidia soit ensuite débité et consommé comme nourriture ne change rien au fait que son agonie et sa mort ont eu pour but premier d’être un spectacle. C’est cela que nous estimons inacceptable et barbare.

    Dans votre dernier point, vous soulignez que « les taureaux de Lidia sont choyés et couvés et meurent au soleil ». Je ne comprends pas en quoi la vie de rêve qu’ils ont connue justifie qu’ils soient soudain transportés dans une arène où ils vont être transpercés de diverses armes blanches, perdre leur sang en abondance et finalement être achevés par une épée puis, très souvent, par de multiples coups de puntilla. En quoi cette mort au soleil est-elle si enviable que cela ?

    C’est comme si je vous disais : vous avez un chien ou un chat que vous allez chérir et bien traiter pendant cinq ans et soudain, un jour, vous allez le mettre dans un enclos où six personnes vont se relayer pour le torturer à mort devant de nombreux spectateurs. En quoi le fait qu’un animal ait eu une belle vie devrait rendre sa mort provoquée aussi atroce?

    Je ne pense pas non plus que l’argument de dire qu’une telle mort a établi une relation entre la bête et l’homme ait de sens. Il y a aussi une relation entre un tueur et sa victime, entre un tortionnaire et un torturé. Cela ne rend en rien la torture et la mort plus acceptables pour ceux qui les subissent de façon totalement gratuite et injuste.

  4. sylvana

    « N’étant ni pro, ni anti »
    Pourquoi vouloir absolument justifier une cruauté par une autre ? C’est l’argument premier des pro-corrida et de ceux qui ne veulent pas prendre partie, car s’ils ne sont pas anti, ils n’osent pas dire qu’ils sont pour, avec le malaise qu’ils ressentent et -désolée- l’hypocrisie en plus !
    Pourquoi égorger les animaux, quand en Chine on les dépèce vivant !
    Pourquoi combattre l’excision, quant ailleurs on lapide à mort !
    Y a t-il une échelle de valeur dans la souffrance ?
    Des comparaisons comme celles-ci il y en a des tonnes !

  5. Happycoyote

    Mesdames,
    Je manque de temps pour expliciter ici tout ce qui me semble à ce propos, à ce sujet.
    Parce que nous serons aussi toujours dans une subjectivité inhérente à nos histoires et valeurs…
    N’être ni pro ni anti n’est pas hypocrite (vous me faites sourire). Déja parce que profondément, la mort ne me pose pas de problème en soi.
    La mort est là, omniprésente et sera, de façon certaine la fin de tout ce qui est et sera. La majeure partie de notre nourriture est liée à la mort et même les herbivores mangent des insectes (les chevaux au foin trop propre sont carencés).
    Je tue moi même parfois des agneaux et chevreaux mâles qui n’ont pas de place dans le cheptel et sont donc mangés. Je le fais avec respect, je dirais avec « douceur » (vous allez hurler) même si le sang est là, abondant.
    Certes ce n’est pas un spectacle et je ne « pique » pas avant.
    Mais cela me fais aborder la tauromachie dans la proximité connue de la mort.
    Donc pas anti.
    Ni pro, parce qu’effectivement je trouve tout cela très alambiqué et parfois faussé. Et le meilleur moment est pour moi quand la bête est fraiche dans les cinq premières minutes. Dés que le sang prouve que la bête est amoindrie, alors je me désintéresse.
    Et puis c’est une tradition fraiche, trop fraiche pour moi qui suis abreuvé de préhistoire et d’antiquité. A peine quelques siècles et peu ou pas d’ancrage dans une profondeur historique…

    Je dois arrêter ici pour ce soir, mais je ne doute pas des réactions et pense donc avoir des choses à lire demain ici et peut être à répondre.

    HC

  6. Anna Galore Post author

    Oui, nous sommes au courant du fait que la mort fait partie de la vie, je pense que ce léger détail n’échappe à personne. Au passage, s’il vous plait, faites-nous la grâce de ne pas nous prendre pour des petits enfants qui vont frissonner de peur lorsque vous racontez qu’il vous arrive d’égorger des animaux. Je vous rassure, nous sommes des grandes personnes et nous savons que de telles choses arrivent. Mais rien de cela n’est le sujet.

    Il ne s’agit pas ici de philosopher à l’infini sur la vie et la mort, ni même sur les différentes façons de nous nourrir, mais sur le spectacle de torture que présente la corrida. Et ce que vous venez d’ajouter ne fait que confirmer que ce spectacle, vous ne l’appréciez pas plus que nous puisque, dès que le sang coule, il ne présente plus d’intérêt à vos yeux. Ce qui vous plait, c’est (je crois comprendre) l’affrontement à l’état brut, sauf que dans la corrida, même cet affrontement est le résultat d’une accumulation de tricheries.

    Cela dit, que vous ayez votre vision personnelle sur l’omniprésence de la mort en général, c’est un autre débat qui ne manque pas de profondeur métaphysique… mais ce n’est pas celui de la corrida, spectacle artificiel et truqué où un herbivore qui n’a rien fait pour le mériter est torturé en public par six hommes et n’a aucune chance d’en réchapper.

  7. anti

    « PS : Et s’il vous plait de répondre, ne soyez pas à l’emporte pièce, sinon c’est inutile. Merci.  »

    J’adore les gens qui débarquent chez toi et qui te disent comment tu dois te comporter. J’sais pas pourquoi, mais j’pense à Audiard là. C’est quoi clairement votre message monsieur l’abreuvé de préhistoire et d’antiquité, sans les formules ampoulées ? En une phrase, nous aussi, on a mieux à faire que de lire des lieux communs déjà argumentés sur ce blog.

    P.S. : voilà, lisez tous ces articles et leurs commentaires : http://www.annagaloreleblog.com/category/corrida/ si vous avez des arguments nouveaux à y apporter, on vous répondra après avec plaisir. Après.

  8. sylvana

    « La mort est là, omniprésente et sera, de façon certaine la fin de tout ce qui est et sera. La majeure partie de notre nourriture est liée à la mort et même les herbivores mangent des insectes (les chevaux au foin trop propre sont carencés). »
    Mais la mort ne nous pose aucun problème ! Seule la souffrance inutile, que seuls les humains sont capables d’infliger aux plus faibles, nous en pose un ! Et c’est contre cela que nous luttons. Dans la corrida, on nous parle toujours de la mort (comme vous l’avez fait) mais on fait toujours l’impasse sur les 20 mn de torture qu’on lui inflige avant (comme vous l’avez fait). Je ne parle pas des mauvais traitements qu’il subit avant (d’ailleurs vous n’en parlez pas non plus, mais peut-être ne le savez-vous pas ? Dans ce cas vous seriez le seul !) Les chevaux sont concernés également.
    Je peux concevoir que l’on mange de la viande (végétarienne depuis 25 ans, je m’en passe très bien) mais que l’animal qui nous fait vivre soit respecté. Qu’il vive et meure le plus dignement possible. Toutes ces souffrances – qui ne dépendent que de nous – sont inutiles et peuvent être évitées. N’oubliez jamais cela :  » la souffrance engendre la souffrance ».

  9. sylvana

    « Je ne parle pas des mauvais traitements qu’il subit avant  »
    Avant d’entrer dans l’arène, bien avant !

  10. Happycoyote

    Bon vraiment, je ne vais pas m’évertuer plus que cela.
    Que mes formules « ampoulées » plaisent ou non n’est pas très grave et je ne donne de leçon à personne sur les expression à utiliser ou sur quoi penser. Il me semble simplement que ce débat est tellement polariser, que si nous ne mettons pas un peu de calme dans nos échanges, alors c’est inutile.
    Et effectivement, je n’ai pas de message tranché, parce que la radicalité ne permet pas le dialogue. Réfléchir à plusieurs est plus constructif et les oppositions sont nourrissantes si elles sont échangées.
    S’accrocher à un combat peut être noble, ou une fuite, face à des choses plus importante, ou face à soi même. Chacun fait comme il veut ou peut.
    Pour ma part, je continue de penser que la souffrance du taureau dans l’arène est inutile, mais que le traitement des animaux de boucherie représente bien plus de malfaisance à une échelle autrement plus dramatique.
    Où sont les priorités ? Le monde va assez mal pour ne pas manquer de causes à défendre. Chacun voit le mal où cela le touche.
    Mon message est peut être là…
    Quant à la fin de la corrida, les aficionados que je connais disent que ce petit monde est tellement pourri qu’il va s’autodétruire seul…

    Belle vie à vous

  11. Anna Galore Post author

    Nous sommes d’accord (mais si) ! La corrida est une barbarie inutile, elle va probablement s’autodétruire tellement elle est vérolée de l’intérieur et le traitement des animaux de boucherie est une horreur.

    Vous voyez ? On est d’accord sur l’essentiel !
    Merci pour votre passage ici.

    Belle vie à vous aussi

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