La voie du chat

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Jeudi dernier, Arte diffusait un documentaire qui devrait plaire à beaucoup de personnes ici : La voie du chat, réalisé par Myriam Tonelotto en 2009. Celles et ceux qui aiment les chats certes, mais aussi, celles et ceux qui aiment qu’on dénonce les industries empoisonneuses et la cu-(stu)-pidité de certains hommes et que soient mis à l’honneur des personnes simples et de bons sens, respectueuses de la vie y trouveront leur bonheur.

“La voie du chat” nous invite à un voyage à travers le temps et le monde pour explorer les fondements d’un lieu commun : «les hommes aiment les chats parce qu’ils sont libres». Libres de quoi ? Libres comment ? Quelle leçon de liberté les chats offrent-ils aux humains ?

Un chaton noir et un vieux matou gris, réalisés en film d’animation, nous servent de guides. En partant d’un salon d’intellectuels de la fin du XIXe siècle, le film déroule sous les pas de deux félins l’évolution du concept de liberté individuelle, vue à travers des histoires de chats aux quatre coins du monde.

Des chats suicidaires de la baie empoisonnée de Minamata aux chats licenciés de la British Rail, de Mister Lee et sa caméra au cou à Oscar qui prédit la mort des patients de son hôpital, des chats « prostitués » de Wabasha aux défilés de mode pour chat de Tokyo, des bars à chats aux chats de SDF, les félins nous interrogent : que reste-t-il du droit à la vie privée, du droit au bonheur, du droit d’être inutile, que reste-til de toutes ces libertés que le chat avait inspiré aux philosophes du 19e siècle ?

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Oscar

La réponse, se trouve dans le choix de réalisation : aux interrogations des séquences vidéo, « La voie du chat » répond par une fiction en film d »animation. Une journaliste, alter égo de la réalisatrice, cherche son jeune chat noir disparu. Son vieux matou gris l’accompagne dans sa quête. Mais un chat est un chat, et personne ne peut s’en saisir tant qu’il ne l’a pas décidé. Les deux chats nous entraînent ainsi à la poursuite d’une réflexion, de vidéo en animation et d’animation en vidéo, à la rencontre des chats de Minamata, de Wakayama, du North Yorkshire, du Minnesota, de la Caroline du Sud ou de Tokyo.

La voie du chat réussit ainsi le pari d’une lecture sur trois niveaux. Aux plus jeunes, le film offre une animation soignée, aux mouvements de chats réalistes et au bruitage confondant, aux décors étranges, inquiétants parfois, comme lorsque usine ou locomotive se transforment en chats monstrueux, dans la tradition japonaise du « bakeneko » ; amusante souvent, que le chat vole le stylo d’un écrivain japonais, qu’il empêche la journaliste de travailler sur son ordinateur ou la fasse poireauter longuement en refusant de franchir une porte. Aux adolescents, le film offre les histoires réelles, douloureuses ou hilarantes, de félins et d’humains sur trois continents. Le documentaire enfin, invite les adultes à suivre l’évolution du concept d’individualisme, et à s’interroger sur nos choix de société.

Au terme de ces escapades félines, demeurera la question : et nous, avons-nous réellement retrouvé notre chat ? Ou bien, tandis que nous emprisonnions notre chat dans une relation étouffante de domination moelleuse, avons-nous renoncé à défendre nos rêves et nos libertés d’individus ?


Découvrir le site internet « La voie du chat »

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