Quintessence

Quel point commun y a t-il entre un neurone, l’internet et l’univers tout entier ? Bien qu’il s’agisse de trois objets d’une grande complexité, de nature et de taille complètement différentes, leur aspect est étonnamment similaire.

En les contemplant, comment ne pas être fasciné par l’incroyable conservation de leurs formes pourtant loin d’être simples…

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Un neurone (gauche), l’internet (centre), l’univers (droite)

Le neurone est la plus petite structure naturelle de traitement de l’information d’un cerveau. Internet est la plus grande structure artificielle de traitement de l’information jamais créée à ce jour par l’Homme. L’univers nous contient tous. Ces trois mondes sont inclus les uns dans les autres, depuis le millionième de mètre jusqu’à plusieurs milliards d’années-lumière, si différents et si semblables.

Alors qu’il n’avait pu voir aucun d’entre eux comme nous pouvons les voir aujourd’hui, Paracelse en avait eu l’intuition en 1571, dans son livre consacré à l’astronomie. En visionnaire hors du commun, il décrivait l’unité de l’univers en termes de mondes emboîtés, le microcosme et le macrocosme.

« Quelle est cette poussière dont l’homme a été formé ? Elle est le limon de la terre, c’est-à-dire le grand monde… De la quintessence que l’Écriture appelle le limon de la terre, ce même Dieu, après avoir créé le grand monde, a formé le petit monde.

L’homme est ce petit monde qui contient toutes les qualités du grand monde. C’est pourquoi on l’appelle un microcosme. L’homme est la quintessence du firmament et des éléments, du ciel et de la terre.

La conception offre l’exemple de ce concours entre les forces extérieures et les forces intérieures. Les astres du macrocosme et ceux du microcosme forment entre eux des combinaisons qui engendrent une action spécifique au moment de la conception. »

La quintessence, ou quinte essence comme l’écrivaient les alchimistes, c’est le cinquième élément qui domine et surpasse les quatre autres, assurant leur cohésion et leur donnant un sens supérieur, la substance la plus profonde de chaque chose.

Hermès Trismégiste synthétisait la même vision dans sa Table d’Émeraude :

« Il est vrai, sans mensonge, certain et très véritable
Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut
Et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas
Pour faire les miracles d’une seule chose.
« 

Très belle journée à vous

Illustrations : (1) Mark Miller, (2) Opte Project, (3) Virgo consortium

8 Replies to “Quintessence”

  1. Netsah Post author

    référence : (livres) Jurassic Park et Le Monde Perdu de Michael Crichton, pour les notes du professeur Malcolm sur les figures fractales et sur le fait que l’infiniment petit ressemble énormément à l’infiniment grand.
    On a les références qu’on a xD

  2. Anna Galore Post author

    Netsah ? J’ai aussi pensé aux fractales, bien sûr, d’autant plus que moi, ce n’est pas par Jurassic Park que j’en ai entendu parler mais bien avant, avec les premiers articles de Benoit Mandelbrot, le mathématicien français qui les a découvertes et a créé le mot « fractale » pour les désigner. Il travaillait à l’École Polytechnique sur le plateau de Saclay près de Paris à peu près à l’époque où j’y ai séjourné pendant quelques années. Dans le hall d’entrée, des grandes photos de fractales servaient de décoration. Je dois même encore avoir quelque part son premier livre consacré au sujet.

    Cela dit, ce qui est fascinant, ce n’est pas que Michael Crichton, romancier de la fin du 20e siècle, sache que l’infiniment petit ressemble autant à l’infiniment grand. Il lui a suffi de l’apprendre, comme beaucoup d’autres, en lisant les travaux de Mandelbrot parus dans les années 80.

    Ce qui est fascinant, c’est que les Babyloniens, Hermès Trismégiste et Paracelse, eux, n’avaient aucune idée de ce que pouvait bien être un objet fractal et ont pourtant eu cette intuition plusieurs siècles, voire millénaires, avant qu’on ne le (re)découvre à notre époque.

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