D’Alan Stivelll à la Manau

En 1972, Alan Stivell sort un disque intitulé « Renaissance de la harpe celtique » (son instrument). Il y chante pour la première fois Tri Martolod (Trois Marins), sans doute le premier tube en France à avoir des paroles entièrement en breton. Son coup de génie est d’associer aux instruments traditionnels ceux du rock avec à la guitare électrique Dan Ar Braz, et à la batterie Michel Santangelli.

La Bretagne lui doit un renouveau artistique, culturel et linguistique qui va avoir un impact mondial. C’est à cette époque que je le vois sur scène, dans une salle minuscule, le théâtre du Taur à Toulouse. J’en ai le souvenir d’une soirée chaleureuse et joyeuse, en communion totale avec le public.

L’enregistrement ci-dessous est relativement récent, il date de l’été 2007, lors d’un concert donné en Bretagne.

En 1998, un groupe de rap, également d’origine bretonne, reprend le thème de Tri Martolod associé à des paroles en français qui racontent la légende de la Tribu de Dana. Le groupe en question, c’est Manau et le morceau restera 26 semaines dans le Top 50, dont 12 semaines à la première place. Cet été-là, j’avais passé une semaine de vacances en Bretagne avec mes enfants Netsah, Daashy et Chilck et tous, nous chantions « Dans la vallée han-han de Dana la li la la ». Ce matin, c’est ce que Dorian, grand fan de la Manau lui aussi, voulait écouter dans la voiture sur la route du bahut. D’où cette note.

Enjoy…

Le vent souffle sur les plaines de la Bretagne armoricaine.
Je jette un dernier regard sur ma femme, mon fils et mon domaine.
Akim, le fils du forgeron, est venu me chercher;
Les druides ont décidé de mener le combat dans la vallée.

Là haut tous nos ancêtres, de géants guerriers celtes,
Après de grandes bataille se sont imposés en maîtres.
C’est l’heure maintenant de défendre notre terre
contre une armée de Simériens prête à croiser le fer.

Toute la tribu s’est réunie autour des grands menhirs
pour invoquer les dieux afin qu’ils puissent nous bénir.
Après cette prière avec mes frères, sans faire état de zèle,
Les chefs nous ont donné à tous des gorgées d’hydromel

Pour le courage, pour pas qu’il y ait de faille,
Pour rester grands et fiers quand nous serons dans la bataille.
Car c’est la première fois pour moi que je pars au combat
Et j’espère être digne de la tribu de Dana.

Dans la vallée (han,han) de Dana (la li la la).
Dans la vallée (han,han), j’ai pu entendre les échos.
Dans la vallée (han,han) de Dana (la li la la).
Dans la vallée (han,han), les chants de guerre près des tombeaux.

Après quelques incantations de druides et de magie,
Toute la tribu, le glaive en main, courait vers l’ennemi.
La lutte était terrible et je ne voyais que des ombres,
Tranchant l’ennemi qui revenait toujours en surnombre.

Mes frères tombaient l’un après l’autre devant mon regard,
Sous le poids des armes que possédaient tous ces barbares,
Des lances, des haches et des épées dans le jardin d’Eden
qui écoulait du sang sur l’herbe verte de la plaine.

Comme ces jours de peine, où l’homme se traîne
À la limite du règne du mal et de la haine.
Fallait-il continuer ce combat déjà perdu ?
Mais telle était la fierté de toute la tribu.

La lutte a continué comme ça jusqu’au soleil couchant,
De férocité extrême en plus d’acharnement;
Fallait défendre la terre de nos ancêtres enterrés là,
Et pour toutes les lois de la tribu de Dana.

Dans la vallée (han,han) de Dana (la li la la).
Dans la vallée (han,han), j’ai pu entendre les échos.
Dans la vallée (han,han) de Dana (la li la la).
Dans la vallée (han,han), les chants de guerre près des tombeaux.

Au bout de la vallée on entendait le son d’une corne,
D’un chef ennemi qui rappelait toute sa horde.
Avait-il compris qu’on lutterait même en enfer
Et qu’à la tribu de Dana appartenaient ces terres ?

Les guerriers repartaient, je ne comprenais pas
Tout le chemin qu’ils avaient fait pour en arriver là,
Quand mon regard se posa tout autour de moi,
J’étais le seul debout de la tribu ; voilà pourquoi

Mes doigts se sont écartés et tout en lâchant mes armes,
Et le long de mes joues se sont mises à couler des larmes.
Je n’ai jamais compris pourquoi les dieux m’ont épargné
De ce jour noir de notre histoire que j’ai compté

Le vent souffle toujours sur la Bretagne armoricaine
Et j’ai rejoint ma femme, mon fils et mon domaine.
J’ai tout reconstruit de mes mains pour en arriver là,
Je suis devenu roi de la tribu de Dana.

5 Replies to “D’Alan Stivelll à la Manau”

  1. anti Post author

    Trop bien ! Je suis en train de lire sa biogaphie sur la Wiki, c’est carrément l’hallu !!!

    Merki Ker Anna.

    anti, A galon.

  2. Neidine Post author

    Ah oui ! Extra, cet article, merci Dame Ana.
    Mille étoiles pour la Tribu de Dana, paroles et musique à se damner. C’est puissant comme la nuit des temps, j’adore çà.
    Encore, encore.

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