Rodilhan 4 octobre 2015 « Est-ce que ce monde est sérieux ? »

Le CRAC Europe et ses partenaires ont déclaré une manifestation pacifique pour ce dimanche 4 octobre 2015 à Rodilhan de 9h00 à 20h00, petit village proche de Nîmes qui organise la finale d’un « Bolsin ». En français, des adolescents qui torturent des veaux devant un public hilare de « connaisseurs ».

Alors qu’en janvier prochain le maire de ce village se retrouvera avec une vingtaine de ses amis aficionados devant la justice pour divers chefs d’accusation tels que « violence en réunion » ou « incitation à la haine », ou encore « vols en réunion » (Rodilhan 2011), le petit monde de la torture tauromachique poursuit ses activités sanguinaires comme si rien ne s’était passé, comme si rien n’avait changé. Mais le monde change et la mafia des arènes est en grand danger dans tous les pays concernés. Fin des subventions d’argent public, donc fin des corridas ! Mais pas à Rodilhan, où l’on enferme en prime les habitants en quartier de haute sécurité pour pouvoir torturer les animaux en paix. D’après les organisateurs de ces deux séances de barbarie, 300 places ont été vendues ! Et 250 gendarmes mobiles pour faire bonne mesure. En face demain : au moins 700 militants comme en 2013, sans doute plus de 1000. Plus de manifestants que de forces de l’ordre et d’aficionados réunis. Coût estimé pour la journée : au moins 50 000 euros. Sommes-nous vraiment en crise économique ? Les gendarmes sont-ils si désœuvrés le dimanche ? Il n’y a pas de risque plus grand pour la sécurité intérieure ? Autrement dit, comme dirait Francis Cabrel, abolitionniste convaincu : « est-ce que ce monde est sérieux ? » La réponse est dans la question.

Demain, aurons-nous droit comme en 2013 à des tirs de flash-balls dans la poitrine des femmes, à des grenades déflagrantes qui arrachent les chairs comme ce fut le cas ? Les militants seront-ils à nouveau blessés alors qu’aucun aficionado ne l’a jamais été car nous sommes pacifiques ? L’hyper-violence de la corrida est génératrice de trouble à l’ordre public. Il est temps que les autorités en tiennent compte avant qu’un drame ne se produise dans nos rangs. Ministres, préfets, procureurs et responsables des forces de l’ordre ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas…

Jean-Pierre Garrigues
Président du CRAC Europe

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