Présence du Chamanisme : La treizaine Crocodile du 14 au 26 août 2012

Voici le dernier courrier reçu de Présence du chamanisme, courrier que je reproduis ici dans les temps, ce qui est suffisamment rare pour le faire remarquer 😉 Encore un texte qui devrait faire sourire Anna…

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La treizaine Crocodile 14 au 26 août 2012

Dans le découpage des saisons, le Crocodile représente le premier temps du printemps / Est (1er au 17 février). Il en est le centre.

Le centre de chaque saison correspond au moment où il est le plus facile de trouver l’assemblage entre les différents corps (physique, énergétique, mental et émotionnel). Moment durant lequel la partie de l’être assurant la stabilité des autres systèmes prend la direction des opérations

La treizaine est porteuse des enseignements d’attitude à adopter pour bien vivre la saison en cours (Cerf du 1er au 18 août et Pluie du 19 août au 6 septembre), parfois même survivre aux chocs naturels du monde dont nous faisons partie.

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Pierre du soleil – Source

Premier des signes et maître des eaux primordiales, le Crocodile surgit du brasier cosmique où les dieux l’ont jeté. Première manifestation de la matière il émerge en portant le monde sur son dos, nous ouvrant le temps (il est le créateur du temps) ou une nouvelle situation… Tout est possible dans le changement. Qui n’a pas senti le dernier jour de la treizaine précédente, un jour 13 Fleur, l’angoisse du Crocodile prêt à être jeté dans le brasier ? Et cette grande force d’émergence nous poussant sans perdre de temps… Inutile de dire que ces forces printanières demandent de la prudence.

Rapidement on s’identifie au Crocodile, et l’on sent l’interne se transformer. L’impalpable devient tout à coup matière qui se densifie. À nous de repérer ce qui est bon ou mauvais et d’entrer dans la transformation/mutation.

Vigilance dans nos réactions, car il nous aide à clarifier ce qui n’est qu’illusoire.

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Photo Anna Galore

Sa posture horizontale nous rattache à la terre, mais l’arbre qu’il a sur le dos nous relie au ciel. Prenons cette posture en sentant le méridien ceinture se renforcer pour que le dos soit solide, tout en ayant la sensation d’être retenu par un fil au plus haut des cieux. Position pas toujours agréable, car le brasier est bien là, prêt à remplir d’embuches notre chemin. Sa carapace bosselée en est le signe, n’oublions pas les rituels de protection comme, par exemple, s’entourer de voiles verts (couleur du printemps dont il est le premier temps) afin de ramollir ses écailles dures.

Il arrive d’un monde primitif où rien n’existait avant lui et nous conduit dans des temps reculés de nos vies. Revenir au début, au fondamental, reprendre le processus de transformation et de séparation. Laissons s’envoler ce qui est léger pour ne garder que la matière, prémices de ce qui voit le jour.

Il nous entraîne dans les profondeurs pour revisiter ces temps anciens, nous obligeant à occuper tout l’espace. Devant ces milliers de facettes présentes, on sent les pieds se figer , la sensation de se ressourcer monte, mais s’accompagne aussi d’un sentiment d’obligation. On ne peut pas se soustraire de ce passage.

Suivons le Crocodile dans ses actions. Il sait nous faire parcourir des étendues. Identique aux cris d’un oiseau géant permettant d’éviter les lances des ennemis, la force du Crocodile nous aide dans la survie. En le suivant sur ce chemin, le voyage, malgré les embuches, enrichit naturellement les actions afin qu’elles ne deviennent feu de paille.

Le Crocodile avance, mais aime aussi se prélasser dans les eaux boueuses. Prudence, car alors sa lenteur est impressionnante et sans y prendre garde on pourrait bien se laisser engluer dans les mailles d’un filet d’où il serait très difficile de sortir. En prenant le revers de ce symbole on risque de se croire parfaitement ancré alors on s’épuise à vouloir lisser les écailles. Plus on lisse, plus il est dur de s’en extraire. À l’inverse, s’aidant de la force et de la ténacité du Crocodile, le lissage permet à l’arbre de vie de s’élever (penser à la pâte que l’on pétrit pour que le pain gonfle).

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Photo Anna Galore

Si on ne cède pas à la précipitation (ce qu’évite le Crocodile, 1er des signes il est en lui-même porteur du temps), le centrage se fait de lui-même. En effet, de ce lissage, et à l’instar de la pâte à pain qui bulle, des boules vont éclore et s’allonger jusqu’à se transformer en branches. L’arbre qu’il porte sur son dos nous rapproche alors du ciel, à nous de nous situer dans les générations. Il se peut que cela prenne la forme d’un labyrinthe, suivons comme guide cette lumière jaune, l’œil du Crocodile.

La nature progresse, devient luxuriante et les pensées aussi. Ce sera, là encore, un passage obligé, se fondant dans le vert de la nature, bon moment pour calmer et nourrir son émotionnel.

L’axe s’étire (sensation de l’arbre toujours présente), la marche cahotante du Crocodile nous entraîne sur un sol mouvant. Grâce à l’ancrage cette « immobilité / leurre » devient réelle.

Le brasier se refroidit à chaque avancée si le coup de rame est rythmé, la chaleur entoure nos pieds, mais est compensée par la douceur. De ce feu jaillissent des pousses qui enrichissent notre allure et nos pas. Profitons de ces énergies pour tonifier ce point de la fontaine jaillissante, premier point du méridien des reins.

Une transformation lente et douloureuse indique une nécessité de véritable mutation. Le Crocodile nous aide à retourner sans cesse à la source pour élucider quelque chose et revisiter les traumas anciens responsables de « malheurs » toujours renouvelés.

Prudence, on ne peut pas tout changer d’un coup. Pas de gaspillages, on trie, on sépare, on ne jette pas, on range dans une multitude de petites cases. La vision devient juste et claire.

On ré-actualise ses positionnements. Besoin de les assouplir pour mieux les recréer comme laisser s’infiltrer la boue sous les écailles pour mieux sentir la matière en devenir.

Prudence donc pendant cette treizaine où l’alternance de lenteur et de rapidité peut nous faire bondir. Le Crocodile sait bien brûler la bougie par les deux bouts, d’un côté sa puissante mâchoire et ses dents acérées, de l’autre son immense queue dotée de mouvements impressionnants. Pauvre petit humain balayé de tous côtés par de puissantes énergies !!! Ayons de la légèreté en faisant du vent notre allié, prenons la posture du Crocodile pour l’ancrage à la terre sans laisser le feu des entrailles nous dévorer.

En étirant notre axe la sensation d’en avoir « plein le dos » disparaît. Pas question de stagner dans les eaux boueuses, l’ancestralité du Crocodile nous ouvre le troisième œil, on voit le « à devenir », on sent le « à paraître ».

Francine Rousseau.

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One Reply to “Présence du Chamanisme : La treizaine Crocodile du 14 au 26 août 2012”

  1. Anna Galore

    Alors là, ça frise la perfection ! Mdrrrr !

    – « Sa posture horizontale nous rattache à la terre, mais l’arbre qu’il a sur le dos nous relie au ciel. Prenons cette posture en sentant le méridien ceinture se renforcer pour que le dos soit solide, tout en ayant la sensation d’être retenu par un fil au plus haut des cieux. Position pas toujours agréable, car le brasier est bien là, prêt à remplir d’embuches notre chemin. »

    Je confirme tout ou presque : la posture horizontale et l’arbre, c’est bon sauf que c’était plutôt rattaché au ciel et que l’arbre, solidement planté dans la terre, je l’ai pris dans la hanche plutôt que le dos ! 🙂

    Sinon, oui, mon méridien ceinture (en français courant, on appelle ça un baudrier) me tenait fermement au câble de la tyrolienne et j’avais vraiment « la sensation d’être retenu par un fil au plus haut des cieux » ! La position était très désagréable, en effet, et e brasier, je l’avais sur tout le haut de la jambe quand mon chemin a croisé celui d’une énorme bûche qui a rempli tout mon horizon ! 🙂 🙂 🙂

    – « Une transformation lente et douloureuse indique une nécessité de véritable mutation »

    Ben voilà, je dois être en train de muter 🙂

    – « Pauvre petit humain balayé de tous côtés par de puissantes énergies »

    A qui le dites-vous, ma pov’dame…

    Cornegidouille, ils sont hyper forts, ces Mayas !!!

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