Dans les pages roses

ast_helv.jpg Je ne sais pas pour vous, mais moi, quand j’étais enfant, y’a un truc que j’adorais, qui me fascinait de cette fascination que je peux avoir devant quelque chose que je ne comprends pas encore, c’était les fameuses pages roses du dictionnaire. Locutions latines, grecques et étrangères / Proverbes.

Déjà, locutions, fallait chercher le mot dans le dico…

Vous vous souvenez cette scène dans Le fabuleux destin de Amélie Poulain ? La scène entre Gina la serveuse et Nino Quincampoix le collectionneur de photos abandonnées ? Trop bien.

« Chat échaudé craint l’eau froide », « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras », « A cheval donné, on ne regarde pas les dents » »Quand le doigt montre le ciel, l’imbécile regarde le doigt ». Gina, elle est incollable en matière de sagesse populaire en plus de ses talents de rebouteux. Elle pense que c’est même à ça qu’on reconnait les gens bien.

Et Pierre Larousse, c’est encore Malakoff ! C’est dingue non ? Après Pollux mais avant historiquement 😉 Sur le site de la ville on trouve ceci :

img-1995.jpgLAROUSSE Pierre (avenue, passage)

Lexicographe et éditeur français, né à Toucy (1817-1875). Il fonda en 1852, avec Augustin Boyer, la Librairie Larousse et Boyer devenue la Librairie Larousse. Il édita des livres scolaires qui renouvelaient les méthodes de l’enseignement primaire. Puis il entreprit la publication du Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle en 15 volumes (1866-1876), qui dès 1863 parut en fascicules.

Nom de l’avenue Larousse donné à la rue de Beauvais par arrêté du maire lors du conseil municipal du 20 novembre 1882 : « Illustre écrivain qui a rendu tant de services pour l’instruction et qui a demeuré au n° 28 (ou 36 ?) où madame Larousse, sa veuve, habite encore ». Le conseil approuve par acclamation cette décision : « La commune de Vanves doit s’honorer d’avoir compter parmi ses habitants le regretté et illustre Pierre Larousse ». Larousse avait acquis sa villa, « Chantemerle », en 1843.

En 1944, tronçon entre route Montrouge (Péri) et route Châtillon (Bross) reprend ancienne dénomm : ave 12/2/1934.

La propriété de P.Larousse est vendue le 27/5/1922 à Ville par Mmes Alliou et Falaizeau et melle Nolleau : «petit bâtiment actuel à usage recette municipale, une statue en don signé L.Dupuy, représentant des ouvriers au repos. Le père des trois propriétaires, Constant Nolleau, artiste-peintre est légataire universel de Mme Veuve Pierre Athanase Larousse. Une lettre de Mme Laurence Dupuy, épouse du préfet du Nord, sise 18 rue Molitor à Paris : « désirant exprimer la sympathie que m’a toujours inspirée pa population intelligente et laborieuse de Malakoff, je viens vous offrir un groupe (la statue en question, mai 1919). Le groupe est installé dans la propriété occupée dès lors par services techniques, mison des enfants, ambulanciers mun, poste police, foyer personnes âgées… Cession parcelle terrain à office municipal pour construction tour Larousse en ? ? ? Constant Charles Nolleau, décédé à Malakoff le 27/8/1902 à 76 ans.

5nbd4nznsvrmk-thumb.jpg Pour le plaisir, à consulter : les pages roses et la biographie de l’homme célèbre sur Wiki.

anti, « On sème à tout vent » (Devise du dictionnaire)

8 Replies to “Dans les pages roses”

  1. sapotille

    un chat échaudé craint TOUT même l’eau froide.. c’est dire s’il craint TOUT absolument tout..d’un extrême à l’autre..TOUT quoi..non?
    idaime les page rose, c’était mon terrain d’aventure secret à moi quand j’étais pas à la campagne paske là.. adieu bouquins, faut pas charrier quand même ;-)) ..sauf la poésie. C’est sacré la poésie.

  2. Anna Galore

    Trooooooooooop biennnn !!! Moi aussi, je passais un temps fou à feuilleter ces mystérieuses pages roses ! Et comme je faisais du latin (de la 6e à la 4e), j’appréciais encore plus !

    En plus, Larousse à Malakoff, mais c’est géant, ça !!! Serait-ce un site vibratorio-tellurique de première bourre ? (je ne maîtrise pas le langage technique du genre, que les spécialistes me pardonnent). Parce que là, quand même : Larousse, Pollux et Anti, ça commence à faire beaucoup de créatures exceptionnelles pour un lieu aussi minuscule, non ?

    Anna, qui s’aime à tout vent récolte tout autant

  3. anti

    « Pareil, et même encore adulte. J’aime toujours autant ça, feuilleter le dico, sauter d’une définition à l’autre, d’une locution à l’autre, d’un proverbe à l’autre. »

    Mon livre a emmener sur une île déserte ! Je le consulte toujours autant, allez, p’t’être un peu moins avec internet quand même… et ça donne ça :

    http://img22.imageshack.us/img22/8198/img2710tak.jpg

    « [Malakoff] Serait-ce un site vibratorio-tellurique de première bourre ? »

    Absolument ;-)))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))))

    anti saprichti !

  4. boudufle

    et boudufle 🙂 namais !!! Malakofiotte aussi …pffff!!

    L’image de cette expression est très facile à comprendre.
    Un chat, un chien ou un hippopotame qui se serait jeté dans un récipient d’eau brûlante (gros, le récipient, pour l’hippopotame) sans savoir qu’elle l’était et l’effet que ça lui ferait, n’oserait même plus tremper une patte dans un récipient d’eau froide, pourtant bien inoffensive, craignant à nouveau de s’y brûler.

    Pareillement, un humain, après avoir vécu une expérience désagréable dans un lieu précis ou à cause de quelque chose, aura une forte tendance à se méfier du lieu ou de la chose, la fois d’après (sauf s’il est un peu niais sur les bords).

    Cette expression date du XIIIe siècle, sous la forme « chat échaudé craint l’eau ». Dans le « Roman de Renart » (XIIe et XIIIe), on trouve aussi « l’échaudé craint l’eau ».

    Et à boud de rajouter :
    Aux entretiens de Bichat , à la mi-août, le professeur Grominet a déclaré :
    « chat échaudé ne craint pas beaucoup plus l’eau froide que chat éfroidé ne craint l’eau chaude ».

    Sur ce bonne soirée !

  5. anti

    Excellent Maître Bouduflot !

    Et c’est bien vrai, sauf niaiserie, on se méfie à raison des situations qui ont été désagréables par le passé.

    anti

  6. ramses

    J’ai aussi été un « fan » du Larousse et de ses pages roses (sa devise était « Je » sème à tout vent, me semble t’il).

    Dans les « maximes », certaines m’ont marqué :

    « Pierre qui roule n’amasse pas mousse », « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » et « La valeur n’attend pas le nombre des années »…

    Boud, j’adhère à ton explication du « chat échaudé ».

    En fait, toutes ces maximes étaient un peu une « feuille de route », assez corrélées avec Les Fables de La Fontaine, des leçons de bon sens et de conduite personnelle que l’on a perdues de vue…

    Au 20ème siècle, de nombreuses personnes se sont cultivées en lisant intégralement le Larousse et ont pu, grâce à lui, découvrir le véritable sens des mots. Les Parisiens se souviennent sans doute de la Librairie Gibert, sur les Grands Boulevards, où l’on achetait ces précieux dictionnaires.

    Aujourd’hui, Google et Wikipedia sont infiniment plus riches en documentation, mais restent sans doute hermétiques à ceux qui n’ont pas les bases de la langue française et de la formulation des « requêtes ». Je n’ai pas les chiffres, mais j’imagine que les ventes de dictionnaires et encyclopédies « papier » doivent être en chute libre, depuis l’avènement d’internet… Je me souviens d’une discussion que j’avais eue avec une commerciale de l’Encyclopedia Universalis, il y a une trentaine d’années. Je lui avais prédit que ses 20 volumes (vendus à l’époque une petite fortune) seraient bientôt remplacés par des bases de données informatiques… Elle m’avait considéré comme un iconoclaste… Et pourtant ! Moi-même, je n’imaginais même pas qu’elles seraient gratuites !

  7. boudufle

    oui, Ramses c’est bien le Larousse, avec la semeuse qui si l’on regarde sème à contre vent lol !!
    une belle erreur du graveur…
    Moi j’adore les dictons et les maximes, aussi je me suis achetée il y a de cela quelques années le dictionnaire des Obsolètes, c’est un pur ravissement..
    Aussi :  » pierre qui roule , n’amasse pas mousse »
    Certains croient que ce proverbe aurait un lien avec un certain Pierre, pilier de bar, grand consommateur de bières et dans un état d’ébriété tellement avancé (il est rond, donc susceptible de rouler) qu’il ne peut plus avaler aucune de ses petites mousses préférées.
    Mais il n’en est rien !
    Ceux qui aiment se promener dans des sous-bois frais et humides en auront vite compris l’origine.
    Il ont en effet pu constater que, sur les cailloux (ou les pierres) qui n’ont pas bougé depuis longtemps, on trouve plein de cette belle mousse verte qui s’y accroche fermement de ses petits bras musclés.
    Par contre, sur les cailloux qui bougent régulièrement, ceux déplacés par les torrents, par exemple, point de mousse il y a, car elle n’a pas l’occasion d’avoir le temps de s’y déposer et s’y répandre.

    Ce proverbe incite donc les gens à rester casaniers pour avoir des chances (mais pas des certitudes, ça se saurait !) de remplir leur portefeuille.

  8. anti

    « sa devise était « Je » sème à tout vent, me semble t’il »

    Tout à fait, je l’ai modifiée en douce pour la signature, mais, on ne te l’a fait pas à toi Ramses 😉

    « Les Parisiens se souviennent sans doute de la Librairie Gibert »

    Tu m’étonnes ! J’étais toujours fourrée là-bas, à St Michel. Mes enfants aussi adoraient y aller ! C’est grandiose.

    Je ne crois pas que les ventes de dicos aient chutées. Autrefois, on avait un dico dans la famille pendant des années. Aujourd’hui, « grâce » à l’éducation nationale, tu dois limites en acheter un neuf par enfant, par an… Sont bons les commerciaux…

    Excellentes tes remarques Boud’Boud ! J’suis fan !

    anti

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