Les Bols Chantants

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Nous avons à la maison, deux objets fascinants et d’une très grande beauté : des bols chantants tibétains.

Pour vous en parler, j’ai choisi de reproduire cet excellent article de Robert Len – compositeur de musiques du monde – et de Sylvie Jetté.

Il est difficile de connaître l’historique exact des bols chantants du Tibet. Il existe plusieurs hypothèses et de nombreuses fables concernant leur origine. L’une de ces légendes stipule que le fer qui sert à la fabrication des bols serait d’origine céleste et proviendrait de fragments de météorites recueillis sur l’Himalaya.

L’origine des bols chantants remonterait à l’ère pré-bouddhique bön où dominait le chamanisme. Ces bols comptaient parmi les objets rituels utilisés lors du culte aux divinités. On pouvait également les utiliser pour contenir les offrandes disposées sur les autels bouddhiques.

Le fait que la Chine ait envahi le Tibet depuis plus de cinquante ans et que les Tibétains en soient venus à vivre en tant que réfugiés dans des endroits tels que le Népal et l’Inde contribuent certainement à la connaissance grandissante dont font preuve les pays occidentaux des mœurs et coutumes particulières au Tibet ainsi que de leur culture. À l’heure actuelle, la fabrication des bols s’effectue au Népal, en Inde, au Bhutan, au Tibet et même en France.

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Les bols chantants sont constitués habituellement de sept métaux représentant sept astres de notre système solaire : l’or (le Soleil), l’argent (la Lune), le mercure (Mercure), le cuivre (Venus), le fer (Mars), l’étain (Jupiter), le plomb (Saturne).

Chaque fabriquant garde jalousement secrète la combinaison de ces différents alliages. Les bols provenant du Tibet sont plus riches en argent et en étain que ceux provenant du Népal. Ces derniers comportent beaucoup plus de cuivre dans leur alliage.

Chaque bol possède un son de base (une note) que l’on peut entendre en frappant le bol à l’aide d’un bâton dur ou feutré. Une caractéristique particulière de ces bols est le fait que lorsqu’on applique un mouvement circulaire sur le pourtour de ceux-ci à l’aide du bâton, le son s’amplifie et les harmoniques deviennent de plus en plus présentes, et ce, proportionnellement à la force et à la vitesse de rotation que l’on applique. La vibration se propage jusqu’aux os de l’auditeur. Plusieurs personnes imputent des propriétés curatives aux vibrations provenant de cet instrument.

De nos jours, en Occident, nous faisons usage des bols chantants dans plusieurs domaines : musique de relaxation, ambiance méditative, massage sonore (pour harmoniser et équilibrer l’énergie corporelle), sophrologie, yoga et autres activités thérapeutiques. Ils sont de plus en plus utilisés par des musiciens pour leurs qualités sonores.

Pour ma part, je possède plusieurs de ces bols de différents poids et de différentes grosseurs. Mon premier fut acheté dans une boutique tibétaine de la rue Saint-Denis. Selon le propriétaire de l’endroit, lui-même d’origine tibétaine, chaque bol est unique. Il faut en essayer plusieurs et choisir celui dont les vibrations nous envoûtent le plus, ce que j’ai fait. J’ai choisi mon bol chantant, ou bien il m’a choisi… Celui que j’ai acheté cette journée-là provient du nord est de l’Inde, plus précisément de l’État de Manipur (qui signifie Terre de bijoux). Les bols de cette région sont reconnus pour leur qualité par la communauté tibétaine.

En terminant, j’aimerais vous inviter à aller fureter à l’intérieur d’un magasin tibétain ou indien et à tenter l’expérience de déposer un bol dans la paume de votre main tendue ou bien sur le bout de vos doigts. Ensuite, essayez de faire vibrer le bol, vous pourrez en ressentir l’étendue de la vibration. Lorsque le bol vibre, vous pouvez l’approcher de votre oreille… vous m’en donnerez des nouvelles.

Voici une anecdote : il m’est arrivé de m’asseoir en plein centre d’une boutique indienne avec une bonne dizaine de bols étendus autour de moi ainsi qu’un accordeur me permettant de vérifier la tonalité de chacun de ceux-ci. Les gens, amusés, m’ont vu quitter l’endroit avec, au bras, mes quatre nouvelles acquisitions.

Le bol tibétain me rappelle que le pays d’où il provient a été envahi. Le peuple tibétain a choisi de résister de façon pacifique. À leur tête, sa Sainteté le Dalaï-lama les soutient en prônant la compassion. Lorsque je compose une pièce et choisis d’utiliser le bol tibétain comme instrument, c’est avec respect que je détermine la façon dont je l’introduirai. L’une de mes dernières pièces a été composée à l’aide de trois bols tibétains accompagnés d’autres instruments. Je l’ai dédiée à la cause tibétaine, elle s’intitule Libre.

L’usage des bols chantants constitue un excellent support à la relaxation et à la méditation.
On parle aussi à leur propos de  » massages sonores « . Ils sont utilisés par certains thérapeutes pour harmoniser et équilibrer l’énergie corporelle. Le son et la vibration d’un bol posé sur la poitrine sont transmis au corps entier via le squelette et procurent une sensation relaxante unique. Et pour l’avoir essayé, c’est vrai ! L’effet est comparable à celui produit par le son du tambour lors des séances de chamanisme. C’est vraiment une expérience particulière que celle de sentir les vibrations du son parcourir ses os.

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Faire chanter les bols tibétains

Pour faire sonner les bols chantants, comme on le voit dans la vidéo, on peut les frapper ou les frotter.

La manière la plus simple est de frapper doucement le bol à la manière d’un gong. Pour cela on peut utiliser une mailloche recouverte de feutre. Cette méthode permet d’assourdir le bruit de l’impact et d’obtenir un son très pur. Il est bien sûr possible d’utiliser tout autre objet plus ou moins dur : baguette de percussion, morceau de bois, corde ou simplement le doigt ou l’ongle.

L’autre manière, la plus riche à notre avis, est de frotter le bord extérieur du bol avec un bâton de bois dur.

Le bol est posé sur la paume ou sur le bout des doigts de la main gauche. Le bâton est fermement tenu de la main droite un peu comme un bâton de ski. Le mouvement circulaire sur le bord du bol doit être régulier et relativement lent, la pression du bâton soutenue.

Avec un peu d’entraînement, un son chantant, riche en harmoniques va s’élever, transmettant ses ondes au corps entier par l’intermédiaire de la main gauche. Si vous avez disposé d’autres bols à proximité, peu à peu ceux-ci vont aussi se mettre à chanter.

Arrêtez le frottement. Le son disparaît progressivement mais la vibration persistera quelques minutes encore.

(source Kumura Institute).

Lors de ma dernière virée chez Nature et Découvertes, j’ai vu qu’ils en vendaient, pas des très beaux et au son pas terrible malheureusement. Je pense que les personnes intéressées ont plutôt fait de se les procurer dans des boutiques spécialisées dont on trouve facilement les coordonnées en ligne, et pourquoi pas chez France Himalaya Tiers Monde ? Les deux bols présentés sont coûteux car très gros mais ils peuvent aussi en avoir d’autres, il faut leur demander 😉

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Anti, ooôÔôoommmmmmmmmmmm sweet ooôÔôoommmmmmmmmmmm

Les photos sont de Nico et Anna

7 Replies to “Les Bols Chantants”

  1. startine

    Merci pour cet article car récemment j’avais envoyé un petit mail à Anna au sujets de ces bols, mais je ne sais pas trop comment on les utilisait.

    Voici ma curiosité étanchée. Bonne journée, Anti !

  2. Shaya

    Cela me donne envie de courir dans une boutique thibétaine pour prendre un bol dans mes bras! Très intéressant – et très poétique, merci!

  3. Anna Galore

    Nos deux bols, achetés à plusieurs mois d’intervalle, ont une caractéristique particulière: ils sont accordés entre eux. Quand on les fait résonner en même temps, la vibration nous met dans un état d’euphorie sereine vraiment indescriptible.

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