On y voit goutte

Une goutte, c’es tout petit. L’eau qui la compose prend une forme juste dictée par la pesanteur et par les interactions entre les molécules qui se retrouvent à sa surface, ce que l’on appelle sa tension superficielle. C’est ce qui fait qu’une goutte posée sur une surface plane ne s’étale pas mais adopte une forme sphérique plus ou moins aplatie. Si on ajoute de l’eau à la goutte, elle devient flaque même si, sur le bord se reforme un arrondi, pour la même raison.

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C’est parce qu’une goutte est toute petite que lorsqu’on n’y voit rien, on dit qu’on ni voit goutte. Pourquoi avoir préféré la goutte au grain de sable ou à la poussière ? Peut-être parce qu’en ancien français, goutte était synonyme de « pas grand chose », ou même de « rien » : je n’ai goutte d’argent pour je n’ai pas du tout d’argent. Le mot « gute » au 10e siècle désignait une petite quantité de liquide de forme sphérique. Autrement dit, une goutte, mais plus généralement une petite quantité de n’importe quoi.

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Hier, devant la maison, quelques gouttes se sont retrouvées piégées sur une feuille morte tombée au sol. L’eau se serait bien écoulée mais la tension superficielle conjuguée à la forme légèrement creusée de la feuille ont donné ces gouttes, limpides et lumineuses. Les plus petites formaient une sphère parfaite, la plus grosse était aplatie sous son propre poids. Un phénomène fréquent que tout le monde a pu voir sur les feuilles d’arbre de forme plus ou moins conique qui recueillent ainsi la pluie ou la rosée du matin. Joyau naturel, plaisir des yeux…

Très belle journée à vous.

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