« Désormais, un fossé plein de sang et d’horreurs nous sépare. »

Le 24 novembre dernier, Alain Finkielkraut a exprimé son admiration pour la corrida sur France-Culture, décevant ainsi profondément bon nombre de ceux qui appréciaient jusque-là ses analyses sur des sujets divers.

crac,corridaGérard Charollois, président de la Convention Vie et Nature, lui a adressé une superbe réponse, mise en ligne sur le site d’Écologie Radicale et reprise sur celui du CRAC Europe.

En voici quelques extraits :

« Désormais, un fossé plein de sang et d’horreurs nous sépare. […] Une corrida n’est qu’un spectacle répugnant de torture d’un herbivore préalablement maltraité, avant son entrée dans l’arène, pour en affaiblir les capacités physiques.

Il est grotesque d’entendre un philosophe invoquer les grands auteurs grecs et pourquoi pas parler latin pour masquer les faits et l’abjection d’un crime moral. Un art, un sport, un rite, un combat la corrida ? Non, ce n’est que la torture et la mise à mort publique d’un animal supplicié. »

Gérard Charollois rappelle également que la corrida est un « spectacle truqué car le torero n’encourt guère plus de risques d’être blessé qu’un cycliste traversant Paris » et que « les tueurs de taureaux sont des héros de foires » dont le « courage ne tient qu’à l’abaissement du sens moral leur permettant de faire le mal. »

crac,corridaLe grand philosophe Michel Onfray a également écrit un texte magnifique sur son site, où il parle de façon magistrale de l’horreur des corridas, « spectacles de traitements inhumains et dégradants… de l’homme. Car assister à une corrida, c’est s’installer dans ce qu’il y a de moins humain dans l’homme : le plaisir pris à la souffrance et à la mise à mort d’un être vivant ».

Il y voit l’une des manifestations de ce qu’il nomme l’esprit du serpent par opposition à celui de l’intelligence.

« Il cohabite en chacun de nous un cerveau de l’intelligence et un cerveau de serpent : on doit au premier les artistes, les écrivains, les bâtisseurs, les philosophes, les musiciens, les inventeurs, les pacifistes, les instituteurs ; au second, les tortionnaires, les tueurs, les guerriers, les inquisiteurs, les guillotineurs, et autres gens qui font couler le sang – dont les toreros. »

Et pour lui – comme pour nous – les gens qui aiment la corrida sont incontestablement des sadiques. « Il faut en effet un formidable potentiel sadique pour payer son entrée dans une arène où le spectacle consiste à torturer un animal, le faire souffrir, le blesser avec cruauté, raffiner les actes barbares, les codifier, (comme un inquisiteur ou un tortionnaire qui sait jusqu’où il faut aller pour garder en vie le plus longtemps possible celui qu’on va de toute façon mettre à mort…) et jouir de façon hystérique quand le taureau s’effondre parce qu’il n’y a pas d’autre issue pour lui. »

Merci à vous, messieurs, pour ces paroles.

Les textes dont je viens de citer quelques extraits peuvent être lus dans leur intégralité ici :

Lettre à Alain Finkielkraut contre la corrida par Gérard Charollois
Le cerveau reptilien de l’aficionado par Michel Onfray.

Photos : Gérard Charollois (JPG) et Michel Onfray (Wikipedia)

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