Tous à Zanzibar

tous a zanzibar.jpgA la fin des années 60, John Brunner écrivit un livre de science-fiction qui devint l’un des très grands classiques du genre. Il s’intitulait Tous à Zanzibar et il est resté à plus d’un titre visionnaire puisqu’il a pour base la surpopulation et ses conséquences sur la démocratie. John Brunner imaginait qu’en 2010, la population de la Terre pourrait entièrement tenir sur l’île de Zanzibar si tous les humains se serraient coude à coude.

Une image fascinante qui souligne à quel point, même avec sept milliards d’hommes, notre planète est principalement constituée de surfaces immenses où nous sommes totalement absents – à commencer par les océans, bien sûr. On rappelait il y a quelques semaines que depuis 2008, plus de la moitié de l’humanité vit dans des villes, donc à l’intérieur de limites extrêmement restreintes par rapport à la superficie de la planète.

Depuis ce livre, Zanzibar a pris pour moi, comme pour les autres lecteurs de Brunner, une connotation très particulière, devenant une métaphore de l’humanité concentrée à son extrême. La Terre ne va-t-elle pas arriver à la limite de ce qu’elle peut supporter de nous le jour où ce microcosme – au sens étymologique du terme – deviendra trop petit pour nous contenir tous et et rejettera à la mer les malchanceux en surnombre qui n’y trouveront pas refuge ?

En 1964, à la suite d’un processus d’émancipation remarquablement exempt de violence, les colons britanniques se retirent du Tanganyika et de Zanzibar. Ces deux pays fusionnent pour devenir la Tanzanie, l’une des rares nations d’Afrique à être pleinement démocratique.

Dans les années 70, la région connait des moments beaucoup plus chaotiques en raison d’une tentative d’emprise des communistes chinois qui résultera en troubles divers dont une guerre avec l’Ouganda voisin.

julius nyerere.jpgCe n’est qu’autour de 1985 que la paix revient. Julius Nyerere, surnommé l’Instituteur, premier chef d’État de la Tanzanie depuis sa création, quitte volontairement le pouvoir après un quart de siècle de présence et favorise la continuité démocratique de son pays, qui traverse néanmoins des crises majeures au tournant des années 2000 – pandémie de sida, crise économique, afflux de réfugiés venus du Burundi à la suite des massacres commis au Rwanda voisin.

Il faut souligner à ce sujet que la permanence incontestée de la démocratie a permis d’installer depuis 1994 un tribunal pénal international pour le Rwanda à Arusha, l’une des villes importantes du nord du pays, pas très loin de sa montagne la plus connue – le Kilimandjaro, point culminant de l’Afrique.

Deux Tanzaniens sur trois sont chrétiens, les autres étant musulmans – les habitants de Zanzibar le sont à 99%.

Il y a quelques jours, quelqu’un de Dar es Salaam (« la maison de la paix »), la plus grande ville du pays située juste en face de Zanzibar, a téléchargé pour la première fois l’un de mes livres, ce qui en a fait le 175e pays du monde à compter au moins l’un de mes lecteurs.

Très belle journée à vous

Photos : Julius Nyerere et le Kilimandjaro (Wikipedia)

kilimandjaro.jpg

2 Replies to “Tous à Zanzibar”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *