10 questions chaudes sur le climat

Encore ? Oui, encore, ce n’est jamais assez. Au cours du siècle écoulé, la planète s’est réchauffée en moyenne de 0,8°C, la France d’environ 1°C et les régions polaires de 2 à 4°C. Dans le même temps, le niveau moyen des océans s’est élevé de 17 cm, et les événements météorologiques intenses se sont multipliés. Voici de larges extraits d’un article publié le 4 décembre sur le site de l’Express. Il me semble à la fois synthétique et très complet. Je vous encourage à aller le lire dans son intégralité ici : 10 questions chaudes sur le climat, par Richard de Vendeuil , Aurélie Leone et Eric Lecluyse.

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Le CO2 dans l’atmosphère n’a pas de frontières, la stratégie de réduction des gaz à effet de serre doit être globale et collective
Objectif : limiter l’élévation de la température moyenne à 2°C par rapport à 1850, c’est-à-dire depuis la révolution industrielle

1 – Quels sont les principaux états responsables du réchauffement ?

Les pays industrialisés, en particulier les Etats-Unis. […] Les Chinois émettent aujourd’hui autant de CO2 que les Américains (6 milliards de tonnes par an) […].

2 – Qu’est-ce qui prouve que l’homme influence vraiment le climat ?

En analysant les glaces polaires, les scientifiques se sont aperçus que pendant les dix mille dernières années, le dioxyde de carbone atmosphérique s’était maintenu à un niveau stable… Et voilà qu’il augmente de 30 % en quelques décennies !

pollution-mexico_759_w560.jpgLe CO2 produit par la combustion de ressources fossiles (pétrole, charbon, etc.) et par la déforestation est venu perturber les échanges naturels de notre planète.

Cette augmentation coïncide – plusieurs études établissent le lien de cause à effet – avec l’observation d’une augmentation moyenne des températures de plus de 0,7 °C sur la Terre entre 1900 et 2000, particulièrement marquée depuis les années 1970.

D’autres gaz à effet de serre représentent une menace. Parfois, la responsabilité de l’homme est indirecte : on craint, du fait du réchauffement, le dégel des régions polaires, qui pourrait provoquer un dégagement massif de méthane stocké dans les sols. Un phénomène potentiellement dramatique… mais encore mal connu.

3 – Certains parlent d’une pause dans le réchauffement, voire nient celui-ci. Sur quoi s’appuient-ils ?

Des relevés, sur certaines périodes particulières, peuvent donner l’impression que la température sur le globe est stable, alors que les prévisions du Giec évoquent une augmentation de 0,2 °C par décennie environ. Ainsi, un récent relevé d’une équipe britannique indique qu’entre 1998 et 2008 la température n’aurait quasiment pas augmenté (+ 0,02 ºC).

banquise 78-07.jpgMais cette étude ne couvre pas toute la surface de la planète, et la période étudiée commence et se termine par deux années atypiques, 1998 (forte hausse des températures due à El Niño) et 2008 (forte baisse avec La Niña).

Le diagnostic publié par le Giec juste avant ce sommet de Copenhague met les choses au point : malgré de fortes variations annuelles, consécutives à ces phénomènes climatiques ponctuels, la tendance depuis 1980 est – malheureusement – conforme aux prévisions.

2007, 2008 et 2009 figurent ainsi parmi les dix années les plus chaudes depuis cent cinquante ans, malgré une faible activité solaire.

L’idée d’un refroidissement est fausse, tranche ce rapport.

4 – Les prévisions des experts du Giec sont-elles fiables ?

La teneur en CO2 atmosphérique et le niveau des océans ont augmenté ces dernières années plus vite que ne le prévoyait le pire scénario établi par le Giec, ce qui montre que ce dernier ne verse pas dans le catastrophisme. […]

5 – La technologie peut-elle nous sauver ?

Certains l’affirment. Ils mettent en avant des solutions avant-gardistes qui, pour l’heure, n’ont guère dépassé le stade des études.[…] Il s’agit de diffuser des particules soufrées à haute altitude pour créer une sorte de gigantesque parasol. De mettre en orbite un miroir censé dévier le rayonnement solaire. […]

Moins farfelus, des projets de séquestration du CO2 sous la terre ou sous la mer sont actuellement à l’étude. Ces techniques risquent toutefois de coûter très cher. Leur intérêt est vivement contesté par les écologistes, qui préféreraient que cet argent serve au développement des énergies renouvelables.

eolienne nucléaire.jpg6 – Le nucléaire, pauvre en carbone, est-il la bonne réponse ?

Comme il émet peu de CO2, le nucléaire (15 % de l’électricité dans le monde, 75 % en France) figure parmi les solutions les plus évidentes. […] Son empreinte écologique n’est pourtant pas neutre, au regard notamment de ses déchets toxiques à vie longue […]. Et l’uranium, indispensable à la filière, se fait rare : il resterait soixante ans de réserve pour le parc actuel […].

7 – Le vent et le soleil peuvent-ils produire toute notre énergie ?

Présentées comme les solutions du futur, les énergies solaire et éolienne, ainsi que la géothermie, ne peuvent pas produire en quantité suffisante l’énergie nécessaire à l’ensemble des habitants de la planète. Pas pour le moment. […]

Sortir de « l’âge du pétrole » nous oblige à réinventer l’organisation de nos sociétés. Les combustibles fossiles (gaz, pétrole et charbon) fournissent encore 85 % de l’énergie primaire consommée dans le monde. De gros efforts seront nécessaires pour que la tendance s’inverse.

8 – Changer nos modes de consommation, est-ce vraiment efficace ?

Diminuer massivement les émissions de gaz à effet de serre dans la vie quotidienne est la plus évidente des parades, et l’effort de chaque pays, ainsi que le calendrier, va être âprement discuté à Copenhague. Pour maintenir un réchauffement global inférieur à 2°C (au-delà, l’évolution du climat pourrait devenir incontrôlable, selon les prévisions), il faut réduire de moitié les émissions de CO2 sur la planète. En France, comme partout en Europe, l’objectif est de les diviser par quatre. […]

C’est notre façon de consommer qu’il faut changer. Un mode de transport plus propre, un habitat mieux isolé, un étalement limité des villes, toutes les pistes doivent être explorées.

pollution_Chine AFP.jpg9 – Qu’est-ce que la « compensation carbone » ?

Le principe est simple : il s’agit de compenser nos émissions nocives de CO2 en finançant des programmes ou actions bénéfiques pour la planète. Deux […] Problème : ces calculs sont peu fiables […]. Cette formule n’empêche pas non plus de continuer à polluer, puisque même compensées, nos émissions de CO2 par la voiture ou l’avion restent dans l’atmosphère. […]

10 – Faut-il un gendarme de l’environnement ?

Beaucoup de mauvais élèves, l’Espagne en tête, ne tiennent pas les engagements pris à Kyoto. Des sanctions sont prévues, mais personne ne peut vraiment contraindre ces pays à rectifier le tir. D’où l’idée de créer une OME, Organisation mondiale de l’environnement, placée sous l’égide de l’ONU, qui veillerait à la bonne application des textes.

C’est d’autant plus urgent qu’il n’est plus seulement question de science, mais de sécurité des Etats : des migrations massives de « réfugiés climatiques » sont attendues du fait de la montée des eaux, comme au Bangladesh.

Jusqu’à Kyoto, les pays en développement étaient plutôt réticents, craignant que cette instance soit synonyme d’ingérence plutôt que d’arbitrage. La tendance semble s’inverser, mais il est trop tôt pour qu’un accord sur cette question émerge à Copenhague.

Richard de Vendeuil , Aurélie Leone Aurélie et Eric Lecluyse, L’Express

Source : 10 questions chaudes sur le climat
Photos : répartition du CO2 dans l’atmosphère sous l’effet des vents (NASA), la ville de Mexico (Maxisciences), vallée du Rhône (Anna Galore), pollution en Chine (AFP).

8 Replies to “10 questions chaudes sur le climat”

  1. ramses Post author

    La carte de la NASA révèle une concentration de CO2 au niveau des 30èmes Sud et 45èmes parallèle Nord. Rien à l’équateur. On ne peut exclure effectivement (point 2) que la fonte des glaces polaires entraîne des émissions importantes de méthane, retenues par le Gulf Stream. Comment expliquer, sinon, aucune retenue au-dessus du Brésil, dont la déforestation amazonienne représente une émission colossale de CO2 ?

    Je suis partisan de la création d’une OME sous l’impulsion de l’ONU, qui seule disposerait de moyens contraignants pour faire diminuer, avec des moyens adéquats (genre « casques verts ») les émissions de CO2. Si chaque Pays se contente de dire… « Rendez-vous en 2020, on se refait une bouffe »… Rien ne changera.

  2. Anna Galore Post author

    Cette répartition est complètement normale : la distribution du CO2 dans l’atmosphère (et non au sol) ne dépend que des vents dominants dans la haute atmosphère. Et c’est bien là où se situe l’enjeu, ainsi que je le souligne dans la légende que j’ai mise à cette photo : peu importe qui pollue, c’est la Terre tout entière qui en subit les conséquences.

    Voir article dans Wiki sur la circulation atmosphérique :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Circulation_atmospherique

  3. ramses Post author

    Bien d’accord avec toi, Anna, mais je ne m’explique pas cette concentration qui remonte du pôle sud… Si c’est une émission de méthane provoquée par la fonte des glaces, je ne vois pas bien comment on pourrait la freiner (j’ai entendu parler de ces projets pharaoniques (!) qui sont évoqués au point 5, mais je les crois assez sur-réalistes)…

  4. Anna Galore Post author

    Pour le pôle sud, je ne saurais pas dire si la concentration de CO2 en provient ou, au contraire, va s’y accumuler en raison de la rotation de la Terre ou de je ne sais trop quel autre phénomène (les deux pôles ne sont, en effet, pas symétriques, le « trou » dans la couche d’ozone étant principalement marqué au sud).

    Quant aux projets du point 5, je suis bien d’accord avec toi, ils sont totalement irréalistes et, de plus, ils introduiraient des perturbations qui me semblent imprévisibles donc peut-être pires que le mal qu’elles seraient censées corriger.

  5. Anna Galore Post author

    Le plus important, c’est la reconnaissance par tous de l’urgence et de la gravité de la situation. C’est ce qui entraînera à la fois les décisions politiques et les investissements je l’espère massifs au profit de réalisations écologiques (depuis l’énergie jusqu’aux habitations, à l’agroalimentaire, etc.)

  6. ramses Post author

    Miss,

    Quand il y a un conflit dans un pays, on déploie des « casques bleus »… Pourquoi pas des « casques verts » pour faire entendre raison aux pollueurs ? (c’est vrai que c’est plus facile en Ouganda, qu’en Chine ou aux USA…)

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