La baoume di Fado (La grotte des fées)

325208818.JPG Comme Anna l’annonçait dans sa note d’accueil de ce matin, voici un petit article sur un des endroits magiques de la belle ville de Nîmes : La baoume di Fado ou Grotte aux Fées ou encore Grotte des Fées…

Vous savez, c’est la fameuse grotte que Kathy et moi avions cherché en vain il y a de cela quelques jours ? Eh bien voilà, nous l’avons trouvée !

Pour nous y rendre, nous sommes passées par la rue de la Grotte des Fées, puis nous avons continué sur le chemin de Castanet, puis sur les pentes du Serre du Buis qui descendent vers le Cadereau de Vacquerolles.

En revenant, nous avons aussi trouvé un chemin qui remonte au-dessus de la grotte, qui donne dans l’impasse du Serre du Buis.

Dorian m’avait déjà indiqué où se situait la grotte qu’il connaissait lui, pour y être venu avec un ami, à vélo.

Donc, nous sommes arrivées à l’endroit dit de la Grotte des Fées, Impasse de la Grotte.

Cachée à mi hauteur de la colline, on en devine l’entrée qui forme une tache noire à peine visible dans la végétation luxuriante en ce moment.

Cette entrée m’a laissée complètement abasourdie…

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Elle me faisait penser à un pubis géant. L’impression était forte de pénétrer au cœur de la Terre Mère.

Malgré les graffiti qui le dénaturent, cet endroit reste un bel endroit, très fort.

D’après les informations trouvées sur le site de Nimausensis (qui me sert à rédiger cet article d’après les textes de Georges Mathon) en 1881, la société d’Etude des Sciences Naturelles organisa une véritable exploration scientifique de cette grotte. M. Mazauric dégagea l’entrée après avoir fait sauter des quartiers de roches et des stalagmites qui recouvraient des ossements de l’époque quaternaire. A la suite de ces travaux il fut dressé un plan complet de la grotte, plan que l’ouvrage du docteur Doumergue reproduit.

1237778586.JPG La Baume des Fées se composait alors de trois parties dont il ne reste plus guère que le vestibule :

1° Une salle d’entrée, de près de 30 mètres de long sur autant de large, et que nous appelerons « le vestibule ».

2° Une succession de passage très étroits s’étendant sur une longueur de 30 à 40 mètres.

3° Une galerie longue de 100 mètres et large de 4 à 6 mètres. »

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Dans cet endroit situé non loin du cimetière protestant, un soir d’hiver 1720, le 14 janvier, un grand nombre de personnes suivaient la route de Sauve jusqu’aux Trois Piliers, d’autres longeaient le Cadereau de Vacquerolles, jusqu’au pied des collines qui semblent un sanctuaire disposé par la nature pour la célébration d’un culte proscrit.

2128113686.JPG C’était une nuit de pleine lune qui répandait sa lumière sur le paysage et ses promeneurs nocturnes.

Ils allaient accomplir un acte religieux interdit par le pouvoir qui en faisait un crime…

Quelques prédications données en ville vers Noël, avaient ranimé le zèle de la religion réformée. A l’occasion de cette assemblée secrète soigneusement préparée devait se célébrer la Cène en présence de deux ministres du Culte réformé, Court et Corteix, assistés de quatre Proposants connus des nîmois, Jean Rouvière, Bonbonnoux, Pierredon, et Deleuze, tout l’état-major du désert.

Les fidèles au nombre de cinq à six cents, se glissaient un à un dans la caverne de « la Baune des Fées », cette dernière semblait leur offrir un asile sûr, il n’en était rien…

« Par une curieuse coïncidence, le domaine de Vacquerolles, situé prés du lieu de l’assemblée, était, en 1720, la propriété de M. d’Adhémar de Montfalcon, gouverneur par intérim de Nîmes et persécuteur avéré des réformés. »

L’assemblée trahie par un chasseur est réduite à se disperser après les premières prières, pour échapper aux troupes de la citadelle de Nîmes (fort Vauban) dont on signale l’approche.

Ces dernières se contentent de tendre des embuscades un peu partout, ils bloquent aussi l’entrée des portes de la ville.

Plus de cinquante personnes seront faites prisonnières, hommes, femmes, enfants, vieillards. Ils seront rassemblés au temple de Diane jusqu’au petit matin, dans la matinée ils seront regroupés dans la cour de la Forteresse. On séparera les hommes des femmes et on les enferma dans les prisons

14468619.JPGAprès que les capitaines se furent assurés de leur première capture, ils retournèrent aux aguets avec tout leur détachements, ils fouillèrent les maisons et les métairies des environs, ils interrogèrent les habitants des villages voisins, ils feront ainsi de nouveaux prisonniers qui ne firent aucune résistance.

Après quelques interrogatoires la plupart des prisonniers seront envoyés à Montpellier pour subir le jugement du duc de Roquelaure alors gouverneur de la province. Certains seront traînés de prisons en prisons, comme de vils malfaiteurs, d’autres se retrouveront emprisonnés à Aiguemorte à la Tour de Constance ou bien ils finiront leurs vies aux galères, très peu bénéficieront d’une grâce tardive.

Par la suite le Présidial de Nîmes se rendit à la montagne où est située la caverne pour faire un procès à cet antre rocher. Cet édifice formé par la nature fut condamné à une éternelle solitude.

Des maçons furent chargés de mettre hors d’état de servir d’asile aux disciples de la religion réformée. L’entrée fut comblée et murée avec de la terre mêlée de grosses pierres, qu’on fit rouler à force d’hommes. Les frais de comblement de la Baume ou Caverne des Fades seront facturés 751 livres, 5 sols à la communauté.

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Le protestantisme sur la Wikipédia

Plus sur l’histoire dramatique des protestants à Nîmes

Le site du Musée du Désert qui fait revivre le passé huguenot et l’Histoire des Camisards.

Un peu d’histoire, l’assemblée de la Grotte aux Fées

Une porte pour la Grotte des Fées

anti

10 Replies to “La baoume di Fado (La grotte des fées)”

  1. Anna Galore

    Une balade superbe, une découverte magnifique.

    Pour ceux qui habitent la région, la grotte n’est signalée par rien ou presque mais elle est assez facile à trouver en suivant les indications données par Anti. Elle est ouverte librement et ne doit pas recevoir beaucoup de visites, le tout petit sentier qui y mène est très largement envahi par des herbes hautes.

    J’ai lu l’histoire qui s’y attache avec émotion. On a du mal à imaginer aujourd’hui à quel point ne pas avoir les mêmes croyances que d’autres pouvait être considéré comme un délit majeur il y a à peine 3 siècles.

    Le site Nimausensis est d’une richesse extraordinaire. Bravo à Georges Mathon pour son travail de recherche et son érudition remarquables.

    Et bravo à Anti pour ses très belles photos !

  2. anti

    Merci Anna, t’es gentille, mais t’en fait un peu trop là.

    Bon, j’ai beaucoup aimé le site il est vrai. J’aime aussi découvrir l’histoire du protestantisme car, bien que bretonne, proche de Nantes donc, je ne m’y étais jamais particulièrement intéressée je dois dire.

    Ensuite, j’adore découvrir ces mots « La baoume di Fado » qu’on a l’impression d’avoir plein de bonbons dans la bouche en les prononçant. Et leur sens : « Sentier de la Baume des Fades » signifie Sentier de la Grotte des Fées. Du coup, je me dis que la Sand avec bien choisi son prénom pour « La petite Fadette », livre que j’adore, et dont j’avais complètement oublié l’origine du titre, voire jamais su…

    Déçue de ne pas avoir trouvé plus d’infos sur les temps plus anciens de cet endroit qui doit dater de l’époque gauloise vu le nom.

    A découvrir aussi à une 60aine de kilomètre de Nîmes, Le sentier de la Baume des Fades à Méjannes le Clap.

    http://voyazine.voyages-sncf.com/destinations/france/languedoc_roussillon/sources_externes/balado/nature/sentier_de_la_baume_des_fades/

    anti

  3. ramses

    J’ai toujours été fasciné par les grottes. Il en existe de nombreuses dans les massifs de Provence, que l’on devine avoir été habitées par des bergers, il y a des centaines d’années. Leur point commun est souvent la présence d’eau de ruissellement, même en été et aussi les parois noircies par des feux répétés. Ce sont des endroits magiques, entourés de légendes entretenues par les « anciens » des villages auprès desquels elles sont situées. Marcel Pagnol les a immortalisées, notamment dans « Manon des sources » et « Le château de ma mère ».

  4. anti

    J’aime beaucoup la 4 aussi Miss. Pour les grottes, j’adore aussi Ramses. J’ai visité plein de mines et rien ne me plaît plus que d’être sous terre. C’est pô possible. Une fois même, on est venu me chercher 4 fois. Les poôôôvres qui attendaient ont eu la mauvaise idée de poser la question ainsi « Est-ce que tu es prêtes ? Tu veux remonter ». Ben non ! Au bout de la troisième fois devant le regard perdu de la personne qui venait me chercher pour la quatrième fois, j’ai compris qu’elle était juste polie dans sa formulation… Fffffffffffff ! Faut savoir aussi ! Z’ont qu’à dire les choses franchement aussi.

    Tu as raison, les grottes sont souvent assossiées à un point d’eau, une source, tout comme les Vierges Noires d’ailleurs.

    anti, Baume au cœur.

  5. ramses

    J’ai un souvenir de la visite de la grotte de Dargilan en Lozère en 1998. Il y a un parcours souterrain d’environ 1km, qui se termine par une volée d’escaliers assez sévère pour se retrouver à l’air libre. Ma compagne était fatiguée et nous avons gravi lentement les marches, tandis que tout le groupe avait disparu depuis longtemps. Tout à coup, toutes les lumières se sont éteintes et nous nous sommes retrouvés dans un noir profond pendant une dizaine de minutes, jusqu’à ce que l’on vienne nous chercher (ils doivent sûrement compter les visiteurs à l’entrée et à la sortie). Bien que le site soit de toute beauté (comme d’autres aux alentours), ma compagne n’a jamais voulu remettre les pieds dans une grotte !

  6. Anna Galore

    Argh ! Ca a dû faire tout drôle, quand même ! Beaucoup moins féérique, tout de suite…

    Nous avons la chance d’avoir plusieurs sites dans la région, entre les Cévènnes et le Méjean, il faudra qu’on y amène les enfants un jour ou l’autre.

  7. Kathy Dauthuille

    La voilà ! Les grottes exercent sur moi une fascination comme les résurgences. J’aime bien l’appellation ‘La baoume di Fado’ et de là vient le mot ‘La Petite Fadette’ comme dit Anti. J’aimais beaucoup cette atmosphère de bois pleins de mystère.

    Donc, on n’a plus que l’entrée ! ce devait être impressionnant avec la grande salle ! Ce lien avec la Pachamama si près de chez nous est surprenant. C’est vrai que Nîmes offre une variété de sites très étonnants à peu de distance les uns des autres.

    Les photos nous plongent vraiment dans ce lieu profond, cet antre et c’est bien qu’il puisse encore garder son côté sauvage.

    Et d’autre part quand on lit les articles se rapportant à cette période sombre de la persécution du protestantisme, la gorge se noue en voyant l’ouverture de cette grotte.

    Mais c’est une promenade à faire ! On a tant à découvrir sur notre ville !

  8. anti

    Merci de me l’avoir fait découvrir Kathy ! Par ailleurs, je ne me souviens plus du nom de cet autre endroit dont tu m’as parlé avec ses tours surprenantes ???

    Bonne nuit à tous,

    anti, dodo lé là.

  9. Kathy Dauthuille

    L’autre endroit surprenant avec ses ‘tours hélicoïdales’ et ses ‘fonts’ est à Courbessac, à la sortie de Nîmes , côté est, pas très loin du menhir.

    On peut y faire une jolie promenade ; ils découvrent tout le temps de nouvelles constructions perdues dans ce coin de garrigue.

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