Thor Heyerdahl

Suite à nos échanges d’hier, retour sur l’histoire d’un homme extraordinaire : le norvégien Thor Heyerdahl père de nombreuses expéditions incroyables. Des noms qui me font encore rêver : Kon Tiki, Râ, Râ II, Tigris… Heureuse de me replonger dans mes souvenirs, chanceuse d’avoir visité le musée du Kon Tiki de Oslo il y a quelques années.

Voyages dans l’Histoire (Source Ambassade de Norvège).

C’est dans les civilisations de nos ancêtres les plus lointains que le plus connu des explorateurs norvégiens contemporains, Thor Heyerdahl, a effectué ses pérégrinations. Découvrir des paysages historiques, et non géographiques : tel était le but de sa quête.

Heyerdahl naquit en 1914, dans la petite ville de Larvik, sur la côte méridionale de la Norvège. Après avoir étudié de manière approfondie des témoignages ethnographiques et archéologiques de Polynésie, du continent américain et du Sud-ouest de l’Asie, il avança la théorie selon laquelle le peuplement de la Polynésie serait venu non pas du Sud-ouest asiatique, comme on l’avait cru précédemment, mais d’Amérique.

Dans son premier écrit il assoit les théories qu’il a par la suite toujours soutenues, à savoir que l’élément sud-américain est un substrat de l’entité polynésienne, et que les populations actuelles sont arrivées sur le territoire polynésien depuis le nord en passant par Hawaii.

Après la guerre, Heyerdahl développa ses idées dans un manuscrit érudit intitulé « Polynesia and America a study of prehistoric relations ». Il se rendit aux Etats-Unis d’Amérique où son manuscrit reçut un piètre accueil de la part des universitaires à qui il le présenta. La plupart d’entre eux étaient convaincus qu’il se trompait sur un des points fondamentaux: la capacité des navigateurs sud-américains à survivre à la traversée, unique ou répétée, effectuée sur des embarcations considérées comme primitives. Les travaux de S. K. Lothrop étaient souvent cités dans « Aboriginal navigation off the West Coast of South America », celui-ci concluait, en 1932, que les radeaux de balsa remarqués par les premiers découvreurs espagnols auraient absorbé l’eau et coulé bien avant d’atteindre la moindre île du Pacifique. Considérant ceci comme un défi, Heyerdahl lança ce qui allait devenir l’expédition du Kon-Tiki. Ce cas d’école d’archéologie expérimentale allait reproduire, aussi fidèlement que possible, et mettre à l’épreuve un radeau de balsa à voile. L’expérimentation rendrait compte à la fois de la navigabilité de ces embarcations et des forces directionnelles des vents et courants censés les avoir propulsées jusqu’en Polynésie. (Source)

L’embarcation qu’il construisit à cet effet, un radeau en balsa, était une reproduction exacte de ceux fabriqués par les Indiens d’Amérique du Sud depuis la préhistoire. En 1947, Heyerdahl partit de Callao, au Pérou, avec un équipage de six personnes, mettant le cap sur les îles polynésiennes de Tuamotu. Ce fut la désormais célèbre équipée du Kon-Tiki.

Le voyage, long de trois mois, ne se résuma pas à une aventure audacieuse – ce fut aussi une réussite sur le plan des connaissances. Dans le livre qu’il écrivit après l’expédition, « Les Indiens d’Amérique dans le Pacifique », Heyerdahl étaie ses théories d’arguments détaillés et complets qui les font apparaître vraisemblables. Il y affirme que les premiers habitants de la Polynésie étaient venus du Pérou aux alentours de 500, puis qu’une nouvelle vague d’immigrants était arrivée de la côte Ouest du continent nord-américain, entre 1000 et 1300.

Pour renforcer encore la crédibilité de ses théories, Heyerdahl prit la tête d’une expédition archéologique norvégienne aux îles Galápagos, en 1953. Les preuves recherchées se révélèrent dans toute leur évidence, sous la forme d’objets d’origine amérindienne, remontant aux périodes Inca et pré-Inca. Il s’agissait de la toute première découverte de ce genre.

6848423.jpg Trois ans plus tard, en 1955-56, Heyerdahl partit avec 25 hommes sur l’île de Pâques pour un programme de fouilles extensives. Les vestiges découverts prouvèrent l’existence de trois civilisations successives, dont la deuxième avait produit les fameuses statues de pierre. Les fouilles permirent de mettre à jour des statues encore plus anciennes, très proches de sculptures découvertes en Bolivie. Les opinions de Heyerdahl concernant l’Histoire du peuplement de la Polynésie et de la circulation des anciennes civilisations dans cette zone continuent à intéresser, mais elles sont contestées, parfois avec vigueur, dans les cercles d’anthropologie.

C’est en 1969 que Thor Heyerdahl retrouva le chemin des océans, lorsqu’il organisa la première expédition du Râ, dans un but similaire à celui du Kon-Tiki. A bord d’un bateau de roseaux, baptisé Râ d’après le nom du dieu égyptien du soleil, l’équipe quitta Safi, au Maroc, pour une tentative de traversée de l’Atlantique. L’objectif était de prouver que les embarcations de papyrus des anciens Egyptiens avaient pu leur permettre de traverser l’Atlantique.

82_563_heyerdahl_boat.jpg Cependant, au bout de 5 000 kilomètres, le Râ menaça de se rompre en raison d’un défaut de construction. Il fallut abandonner. Un an plus tard fut mise sur pied l’expédition Râ II, couronnée, cette fois, de succès. Le bateau atteignit l’île Barbade après un voyage de deux mois et 6 100 kilomètres. Le Râ II avait prouvé que des bateaux lui ressemblant avaient pu, dès la préhistoire, traverser l’Atlantique, portés par le courant des Canaries.

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En 1977, Heyerdahl entreprit de nouveau un voyage à bord d’un bateau de roseaux, cette fois encore dans le but de mettre à l’épreuve ses théories concernant les itinéraires marins de l’Antiquité. Le but de l’expédition Tigris était de mettre en lumière des routes de navigation et des contacts entre civilisations aux alentours de l’an 3000 av. J.C., entre les Sumériens de Mésopotamie et un certain nombre d’autres foyers de civilisation situés au Proche-Orient, au Nord-est de l’Afrique et dans l’actuel Pakistan.

Après l’expédition Tigris, Heyerdahl s’impliqua dans les recherches portant sur l’histoire ancienne des îles Maldives, dans l’Océan Indien. Il découvrit en outre, sur l’île de Ténériffe, aux Canaries, une pyramide orientée vers l’axe des rayons solaires dont l’origine pourrait remonter à l’époque des Guanches, le peuple indigène des Canaries.

Extrait de Wiki :

En 1991, le célèbre explorateur, anthropologue et écrivain norvégien Thor Heyerdahl étudia les pyramides et découvrit qu’elles ne pouvaient pas être formées de pierres mises au hasard. Par exemple, les pierres situées aux angles des pyramides montrent des marques dues à l’homme, et le sol a été surélevé avant la construction des pyramides. Les pierres ne proviennent pas des champs environnants mais de roches volcaniques. Heyerdahl affirma aussi que les pyramides ont une orientation déterminée par les astres. Le jour du solstice d’été, un double coucher de soleil est visible de la plateforme de la plus grande pyramide. Toutes les pyramides ont des escaliers, permettant l’accès aux plates-formes situées au sommet, orientées environ de façon à voir le soleil se lever lors du solstice d’hiver en les empruntant.
Pyramides de Güímar

Heyerdahl postule que les Canaries servaient de base pour les navires naviguant entre la Méditerranée et l’Amérique. La route la plus rapide entre ces deux régions passait par les Canaries. Christophe Colomb l’empruntait notamment. Heyerdahl fit la démonstration que la navigation était possible à l’époque entre l’Afrique du Nord et les Caraïbes. Il navigua entre le Maroc et la Barbade avec un bateau en Papyrus Ra II, imitation partielle d’antiques navires égyptiens. Cela pourrait infirmer la théorie selon laquelle les vaisseaux construits avant Christophe Colomb ne pouvaient pas traverser l’Atlantique.

Malgré ces découvertes, Heyerdahl ne put déterminer ni l’âge des pyramides, ni l’identité de leur constructeur.

Heyerdahl dirigea enfin des fouilles importantes sur l’immense site de Tucume, au Pérou, où vingt-six autres pyramides étaient en cours d’excavation.

Thor Heyerdahl est décédé le 18 avril 2002, à l’âge de 87 ans.

Des livres de Thor Heyerdahl.

En DVD introuvable L’Expédition du Kon-Tiki (Kon-Tiki),film documentaire,réalisation Thor Heyerdahl, 1950. (Oscar du meilleur film documentaire), mais disponible sur le net :

Hommage à Râ II au Maroc

anti

3 Replies to “Thor Heyerdahl”

  1. Anna Galore

    Il nous faut ce DVD !!!

    Je suis également total fan de Thor Heyerdahl depuis ma découverte de l’épopée du Kon Tiki quand j’étais ado et c’est un grand grand plaisir que de relire l’histoire de sa vie extraordinaire ici.

  2. anti

    « Il nous faut ce DVD !!!  »

    Introuvable en DVD… en revanche, j’en ai trouvé une version sur le net, vidéo que je viens d’intégrer à la note 😉

    anti

  3. ramses

    Merci Anti, de cette documentation fort intéressante et des vidéos qui l’accompagne. Je visionnerai la dernière demain. Concernant la conception et la construction des pyramides, on en est encore aux hypothèses… La seule chose certaine est que Khéops, par exemple, est constituée d’environ 2,5 millions de blocs pesant chacun plusieurs tonnes, certains atteignant 40 tonnes… Compte tenu des moyens de levage rudimentaires à l’époque, on reste très perplexes sur cet exploit. Aucune des théories avancées depuis Hérodote ne donne à ce jour pleinement satisfaction. Les pyramides garderont sans doute encore longtemps leurs secrets…

    Un article de Wiki très intéressant :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9ories_sur_la_m%C3%A9thode_de_construction_des_pyramides_%C3%A9gyptiennes

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